22.12.08

A Feeling That You Have That Could Change Your Life


L'année dernière j'avais fait ici même un sondage pour créer un classement des meilleurs albums de l'année 2007, mais je m'étais retrouvée un peu dépassée par les évènements puisque j'avais eu à peu près 60 tops 5 à disséquer et à classer avec un système à points assez laborieux, donc du coup cette année puisque j'ai traversé le début du mois de décembre dans un nuage de flemme et de démotivation impressionnant, je n'ai pas récidivé. Si vous souhaitez vous rafraichir la mémoire, le top est là. C'est assez drôle à relire rétrospectivement et du coup je regrette presque de ne pas avoir réitérer l'expérience cette année. Peut être en décembre prochain si mon blog et moi-même survivons à ma première année post-bac ! Du coup cette année auto-top très subjectif donc. Claire/Velvet Jacket en a fait un très bien, je vous conseille d'aller le voir, surtout si le mien vous ennuie trop.

Puis si vous avez une passion très forte pour les tops de fin d'année, le NME a eu une idée intéressante (si si je vous jure), et a compilé sur un de ses multiples blogs plusieurs tops en provenance de divers journaux et autres sites influents américains et britanniques afin de tenter d'établir un top "définitif" de l'année 2008. Le résultat n'est pas franchement très convaincant mais pris un par un, les classements sont assez intéressants. Bon, le fait que TV On The Radio soit numéro 1 demeure pour moi un mystère puisque j'ai vu ces derniers en concert à l'été 2007 aux Eurocks et que j'avais trouvé ça vraiment très ennuyeux. D'ailleurs on avait fini par aller se coucher dans l'herbe parce que rester debout et complètement statiques devenait très douloureux pour nos pauvres jambes. Bref.

Donc voici mon classement plus ou moins définitif:

1/ MGMT - Oracular Spectacular
Si vous avez cette année suivi avec un minimum d'attention ce blog j'imagine que vous n'êtes vraiment pas étonnés de les retrouver là, mais la première place pour ces messieurs me semble être une simple évidence. Time To Pretend fut une claque visuelle et sonore, et l'album m'a accompagné pendant la majeure partie de l'année. Comme je ne parviens toujours pas à m'en lasser même après un concert en demi teinte le mois dernier, et ne serait-ce que pour Future Reflections, ils méritent vraiment le titre de champions 2008. Et tant pis si on est au degré zéro en matière d'originalité du choix.

2/ Late Of The Pier - Fantasy Black Channel
Leur cas a déjà été traité à maintes reprises en ces pages, ainsi je doute qu'il soit vraiment nécessaire de m'étaler à nouveau sur l'amour que je porte à l'intégralité de cet album et à tous ses petits sons de claviers complètement improbables qui ont le chic pour provoquer chez ma personne d'extrêmement inquiétantes danses d'inspiration tribale floue. Je m'attendais à beaucoup pour cet album et il était tout sauf décevant.


3/ Cage The Elephant - Cage The Elephant
Encore un groupe dont le premier single m'a beaucoup marqué. In One Ear, et tout le reste de leur premier album, c'est merveilleusement crade, primitif, adolescent, limité régressif par moment et juste génialement efficace tellement ça sent la sueur. J'adorerais pouvoir les voir en concert dans un minuscule club où la température frôlerait les 50°C. Je les soupçonne d'ailleurs d'être à l'origine d'un profond bouleversement dans mon existence : hier je me suis acheté une paire de Vans alors que depuis que je suis rentrée en 4° je ne porte quasiment que des Converses. Ça peut paraître crétin mais en fait je vous assure que ça a son importance.

4/ Cut Copy - In Ghost Colours
J'avais téléchargé cet album il y a peut être 6 mois de ça mais ne l'avait alors écouté qu'une seule fois, et d'une seule oreille. Il y a un peu moins de deux mois, ayant comme l'impression d'être passée à côté de quelque chose de grand, je l'ai réécouté, et bam. Depuis je suis simplement sous le charme et ai entamé une laborieuse thérapie de réécoute de tous ces albums téléchargés cette année et laissés de côté beaucoup trop rapidement. Ca m'a permis de corriger deux ou trois oublis déjà. Hearts On Fire est une merveille, facilement dans le top 5 de mes chansons de l'année et dernièrement elle a été plusieurs fois suffisante pour me redonner le sourire dans les moments de spleen. Bref un must have.

5/ Foals - Antidotes
Mettre à la suite deux titres comme Red Socks Pugie et Olympic Airways sur un album après avoir sorti des singles de la trempe d'Hummer et Mathletics, ça vaut bien une place dans le top 5, puis leur concert au Trabendo en avril dernier demeure un excellent souvenir. Etrangement je n'ai pas grand chose à rajouter par rapport à cet album... On en a déjà beaucoup parlé et on les a vu un peu partout cette année, à peu près tout le monde a déjà écouté Antidotes. J'attends la suite de leurs aventures musicales avec pas mal d'impatience et surtout beaucoup de curiosité.

6/ Fleet Foxes - Fleet Foxes
Eux, ça a été l'album de la fin de l'été, et des titres comme White Winter Hymnal et He Doesn't Know Why ont constitué la BO parfaite pour me pérégrinations au milieu des montagnes sauvages des indiens Micmacs cet été au milieu des immenses parcs naturels Canadiens. Oui c'était terriblement et magnifiquement cliché tant leur musique sent bon les torrents glacés et la forêt de pins, mais c'était vraiment le cadre parfait pour apprécier ce genre de groupe. Ils ont été cités un peu partout dans les classements de fin d'année et le méritent amplement, car un album répondants aussi peu aux normes de la musique récente qui reçoit tant de louanges des critiques, ça fait assez chaud au cœur et ça vous donne très envie d'élire domicile à vie dans les chemises de bûcheron La Forestière de votre père.

7/Tokyo Police Club - Elephant Shell
Ok, tout le monde sera d'accord sur le fait que ce premier album ne vaut pas l'EP culte qui l'a précédé, A Lesson In Crime, où chaque titre était juste parfait, mais on tiens quand même là une très belle collection de chansons de qualité, entre Juno, The Harrowing Adventures Of..., Your English Is Good et Listen To The Math, puis j'ai beaucoup d'affection pour ce groupe. Je vous conseille chaudement la série de vidéos sur Youtube où Dave Monks interprète seul en acoustique des titres du groupes. C'est vraiment beau, on en a presque la larme à l'oeil. Je vous conseille au passage de vous procurer l'édition collector de l'album, le deuxième CD de remix vaut l'écoute.

8/ Vampire Weekend - Vampire Weekend
Ces quatre là s'en sont pris plein la gueule pendant une bonne partie de l'année après avoir soulevé un tsunami médiatique assez impressionnant dans le monde de la musique indie en assumant fièrement leur look preppy, leurs petits mocassins portés sans chaussettes et leurs bongos, créant une fossé assez impressionnant entre les pro-VW et les anti-VW, comme si une simple indifférence n'était pas concevable à l'égard d'une formation qui a tant fait parler d'elle. Au final les choses se sont tassées et reste un premier album extrêmement frais qui fait du bien, ainsi qu'une poignée de single de haute facture, spécialement l'excellent Oxford Coma. Ca se réécoute régulièrement avec plaisir sans jamais s'user, puis Ezra est aussi craquant qu'un petit chaton. (Oui fallait bien qu'à un moment je fasse un commentaire sur le physique avantageux du chanteur d'un groupe, sinon cet article ne serait pas digne de moi.)


9/ Jay Reatard - Matador Singles '08 + Singles 06-07
Une place aussi élevée dans le classement peut paraitre au premier abord un peu étrange étant donné que j'ai découvert vraiment ce jeune homme il y a à peine un mois et demi, mais là je suis encore sous le charme. Ce ne sont pas des albums à proprement parler, mais dans le fond c'est tout comme. Ce gars se bat régulièrement avec son public en live (aller jeter un coup d'œil sur Youtube, ça vaut le détour), ses singles sont globalement très jouissifs, il joue sur une Flying V, bref c'est un mec tout simplement très rock'n'roll, et quand on y réfléchis bien c'est assez rare ces derniers temps, donc il mérite d'être mentionné, entant que fier résistant à l'aseptisation de la musique rock en général

.10/ Get Well Soon - Rest Now, Weary Head You Will ...
Un album Allemand, histoire d'internationaliser un peu l'ensemble... Surtout un très bel album, un des plus beaux de l'automne, qui ne fut pour être honnête pas vraiment très fournis en matière de merveilles musicale. C'est doux, juste assez mélancolique pour ne pas être complètement déprimant non plus, et c'est une belle réussite à écouter de toute urgence.


11/ Lightspeed Champion - Falling Off The Lavender Bridge + Bad covers EPs
Celui là, j'ai failli l'oublier de ce récapitulatif de fin d'année, car dans mon esprit c'était un album de 2007 mais après vérification, il a bel et bien été publié en janvier dernier et pas plus tôt comme j'en étais persuadée. Cet album était un virage étonnant pour un gars qui a fait partie de feu les Test Icicles, et en gros en passant au folk soit il se cassait complètement la gueule soit c'était une vraie réussite. Coup de bol, il a choisi la deuxième option, et cet album est une petite pépite. S'il figure dans le top 10, c'est aussi en bonne partié grâce à ses merveilleux EP de reprises dont je suis simplement très fan. Mention spéciale à ses relectures des Strokes, de Patrick Wolf, des Killers et d'Amy Winehouse.

12/ Deerhunter - Microcastle
Egalement membre du club "découvert sur le tard" (j'avais vraiment pris du retard sur les sorties musicales de qualité depuis septembre, mais là tout d'un coup ça va beaucoup mieux. Mon futur s'en illuminerait presque), cet album est une petite pépite qui a reçu une note de malade chez Pitchfork, car dépasser la barre des 9 points chez eux ça relève quand même un peu de l'exploit réservé aux albums de la trempe de Turn On The Bright Lights ou Funeral. J'en suis encore à un stade de découverte par rapport à cet album, et il est fort probable que si je recommençais ce classement dans quelques semaines il ait gagné quelques places.

13/ These New Puritans - Beat Pyramid
Leur concert en plein air au beau milieu de l'après midi à Rock En Seine quand j'ai enfin eu l'occasion de les voir en live m'avait vraiment laissé sur ma faim, mais cet album m'a marqué cette année et méritait d'être mentionné dans ce classement. Coup de coeur spécial pour Infinity Ytinifni, Swords Of Thruth et Elvis, qui fut l'un des meilleurs titres de 2007.

14/ Of Montreal - Skeletal Lamping
Kevin Barnes c'est un peu un genre de musicien ultime que tout le monde est contraint d'idolâtrer dans un coin de son coeur, pour une raison ou une autre: ses mini shorts en lamé or en sont une, sa capacité à poser les paroles les plus déprimantes qui puissent exister sur des mélodies sous ecstasy en est une autre. Certes, Skeletal Lamping est loin d'atteindre les hauteurs stratosphériques de son glorieux prédécesseur, l'immense Hissing Fauna, Are You The Destroyer ? (ne craignons pas l'abus de superlatif, il est ici question d'Of Montreal, un des groupes les plus extrêmes de ces dernières années, surtout scèniquement.), mais quand même, il est d'une redoutable efficacité qui aurait rendu obscène son absence dans ce classement

15/ Sigur Rós - Með suð í eyrum við spilum endalaust
(Je reconnais au passage avoir eu recours au copier/coller pour ce titre, trop de caractères étranges pour moi) . Donc Sigur Ros quinzième parce c'est juste beau, et que j'aime le fait de ne strictement rien pouvoir saisir des paroles. C'est vraiment reposant. Juste un très bel album.

On termine avec quelques statistiques parce que c'est parfois parlant:
-7 groupes/ artistes américains.
-4 britanniques
-2 canadiens
-1 australien
-1 allemand
-1 islandais (ouh l'oubli)
Donc niveau nationalité complet renversement de situation par rapport à l'année dernière où le top 15 était trusté par des anglais. Pas de Suédois, aaah. J'ai presque honte.
On constate aussi qu'il y a quand même ici 9 debut albums. Ce matin je lisais justement l'article récapitulatif 2008 des inrocks (je commence à être obsédée par ces histoires de récapitulation à force) et en ressortait la même conclusion : beaucoup d'excellents 1° albums. C'est un peu bizarre quand même, et leur tentative d'explication du phénomène ne m'a pas franchement convaincu. faudrait quand même chercher à en conclure quelque chose. Mais je pense que l'année prochaine la tendance risque de se calmer, puisqu'on devrait avoir droit à pas mal de retours de poids lourds de la musique "indie", ce qui risque d'être très excitant sauf si les groupes concernés décident de se la jouer KOL et de nous faire des bouses. Enfin mes dons de voyante ne sont pas vraiment la chose la plus fiable qu'il soit. J'espère juste un règne des White Lies.


Sur ce, puisqu'il n'est pas du tout certain que je rédige un autre article d'ici 2009, je vous laisse avec les traditionnels et indémodables vœux des Strokes et de Wiz Kid mgmt et vous souhaites à tous d'excellentes fêtes. (Ouais c'est un peu mon principal souhait pour l'année à venir les gars sur la photo.)

13.12.08

John Was A Scientist, He Was Hooked On LSD.

J'ai pas écrit depuis deux semaines et j'en suis assez désolée, un blog ça devrait être plus vivant et réactif. Le fait est que ces derniers temps j'ai eu affaire à pas mal de problèmes moyennement drôles et même carrément pesants, et du coup j'ai développé une fâcheuse tendance à faire l'ermite le weekend et les mercredis quand je rentre chez moi, en coupant mon téléphone et en passant des heures entières sur les mêmes choses peu constructives : des vieilles photos, de vieux polars comme j'en lisais 3 par semaine en 4°, mes acryliques avec lesquelles je ne parviendrai probablement jamais à un résultat concluant, des vieux magazines que je trie consciencieusement. J'explore un à un tous les stades de la lose typique post-fin du 1° trimestre / pré-vacances de Noël, c'est charming. C'est un moment de l'année où on fait plein de bilans histoire de se dire qu'on a quand même réalisé deux ou trois trucs concluants en 2008, souvent on en tire des conclusions pas très réjouissantes, et au final on fini par espérer à chaque fois que l'année suivante sera plus trépidante. D'ailleurs j'ai bon espoir quand à 2009, puisqu'enfin je m'extirperai de la torpeur ardéchoise pour un endroit qui m'est encore inconnu mais qui dans tous les cas représentera une amélioration. Je vois difficilement comment il pourrait en être autrement en partant de là.


A part ça d'ici une dizaine de jours "I'm heading up north to a place that I know", comme diraient Peter, Björn et John (ma swedishophilie est en recrudescence dernièrement, ce matin j'en suis même venue à citer Start To Melt de ces messieurs dans un DS d'anglais sur Malcolm X. Je demeure à la recherche du rapport entre les deux. Et y'a Mando Diao qui revient un peu au centre de mes préoccupations pour cause d'arrivée imminente d'un nouvel album, ce qui arrive à intervalles très réguliers). Je vais donc à Lille puis à Dunkerque, et ce séjour pouvait difficilement mieux tomber. Ça fait un an et demi que je n'y suis pas allée et j'en suis au stade "manque physique et psychologique des briques rouges humides de Denain", donc là, pouvoir renouer avec les vieilles traditions vacancières familiales et changer d'air ne pourra que me faire du bien, je n'aurai temporairement plus cette impression de tourner en rond. Puis j'ai très envie de passer un après midi entier chez le Furet du Nord, d'arpenter la digue forcément déserte de Leffrinckoucke sous la pluie, de flâner dans Valenciennes avant de finir la journée au Gaumont donc la taille m'impressionnait tant quand j'étais petite, bref j'ai très envie de retrouver tous ces vieux clichés que j'affectionne tant, ces endroits qui font au final plus partie de moi que n'importe quel coin de l'Ardèche. J'ai envie d'appeler ça le bon vieux temps, mais à 16 ans ça serait un peu pathétique. Oui je revendique mon droit à l'article pseudo-emo.


Et avec tout ça la musique s'est un peu mise de côté d'elle même et je suis limite larguée, mais ça n'est que temporaire, et donc je recommencerai les playlists début janvier, promis. Je finirai en disant que le nouveau single de Mando Diao pue, j'ai donc très peur pour la suite. Enfin en même temps ils font des albums chargés, donc je dois surement m'inquiéter pour rien.

29.11.08

Help Me ! Drummer ! Ticket ! Yeah !

Cette review ça fait pas loin de 6 mois que je me prends à régulièrement la rédiger mentalement, et maintenant que le concert tant attendu est passé je vais pouvoir a priori me libérer d'un poids.

Essayons de ne pas trop nous étendre sur la partie pré-concert puisque de toute façon le reste sera déjà bien assez long comme ça. On est arrivé à s'enfuir d'anglais avec 20 minutes d'avance en exposant la situation à l'assistante qui a eu pitié de nous, et on est arrivé à Lyon sans encombres ni bouchons, ce qui constitue déjà un exploit en soi en fin d'après midi. La chance fait que pour une fois le sens de l'orientation de mon paternel n'a pas du tout été foireux et on a trouvé le Ninkasi extrêmement rapidement, donc c'était un peu miraculeux. Dans la petite file déjà présente devant le salle, rencontre en chair et en os avec Boris/CutCutPaste et Joanna/BoringLifestyles. Boris m'a fait passer le NME avec les Strokes en couverture, donc j'étais assez ravie, (surtout que ça me donnera l'occasion de commenter cet article par la suite.) Donc Boris = quelqu'un de bien. Mais revenons au sujet du jour : on entre, on planque les affaires sous la scène et je me positionne devant à droite, les coudes sur la scène, place de prédilection qui s'avère pendant la 1° partie être en fait un cadeau empoisonné.


Enfin seulement pendant la première partie, qui arrive bientôt : A Place To Bury Strangers, groupe de shoegaze américain. La question est : comment un groupe portant un si joli nom peut-il faire une musique si ... terrible ? C'était juste inaudible et j'ai vraiment l'impression de leur faire un cadeau en employant le terme "musique", puisque ce dont ils ont fait la démonstration ce soir là évoquait plus le son produit par une scie sauteuse à métaux plongée dans un bac de graviers que quelque chose qui pourrait s'échapper d'un instrument de musique. Donc j'ai passé une demi-heure avec la main plaquée contre l'oreille droite histoire de ne pas totalement flinguer mon tympan qui était beaucoup trop orienté vers le fourbe ampli dont s'échappait les sons les plus douloureux que j'ai jamais eu l'occasion de constater en concert (pire que les vagissements des Joey Starr aux Eurocks). Malgré tout j'étais un peu gênée pour eux à la fin quand ils ont récolté 3 applaudissement et demi. Ils ont du jouer 6 titres maximum. S'en suit un léger répit et l'installation de cactus translucides zébrés, et là tu te mets à réaliser que ce n'est plus qu'une question de minutes avant que Andrew, Ben & co se matérialisent devant toi, donc grosse montée d'adrénaline.


Arrive donc le tant anticipé groupe, et là ma place de la douleur se transforme en don du ciel, pile entre Ben et ses claviers et Andrew et sa Les Paul rouge (On notera que Ben a un porte pinte de bière incrusté dans son clavier, preuve de professionnalisme) , ce qui est un vrai régal oculaire puisque la salle est toute petite. J'avais donc une vue imprenable sur les splendides vaisseaux sanguins qui ornent les bras et mains d'Andrew, et mon expression faciale devait d'ailleurs à ce moment là s'en ressentir, car ils sont encore mieux en vrai. Sir Vanwyngarden prononce une phrase d'une profondeur infinie avec un sourire béat: "We're gonna make a concert !" et le James, guitariste au bonnet en poils de yack, rajoute un très inspiré "That's what you think ...". Puis premières mesures de Future Reflections. Ce titre est quasiment mon favori d'Oracular Spectacular donc assez logiquement la béatitude s'empare de moi malgré le son assez médiocre de l'endroit. Mais quelque chose clochait, y'avait comme un manque de ferveur ou de réelle motivation, et la salle avait de la peine à vraiment décoller, surtout que le groupe a commencé par ses titres les moins faciles d'accès, genre 4th Dimensional Transition. Entre les titres, ils ne parlent presque pas (non pas que ce soit nécessaire) et du coup tout s'enchaine très vite. Premier vrai décollage sur Time to Pretend où certains décident de plus ou moins pogoter, ce qui est quand même assez absurde: à un concert de MGMT si tu tiens absolument à bouger, tu danses, mais tu ne pogotes pas crétin. Enchainement fait sur Metanoia, et peut être le meilleur moment du concert : 14 minutes en suspension avec quand même quelques personnes pas très renseignées qui applaudissent n'importe quand pensant que la chanson est finie alors qu'on en est à peine au tiers. Sur Electric Feel, le public chante mais faux car les notes aigües c'est pas vraiment à la portée de tout le monde (surtout pas à la mienne en tout cas), et ce qui peut être sympa voire énorme dans les gros concerts était dans le cas présent assez désagréable, déjà que le son n'était pas franchement fabuleux. En fait je crois que le problème principal était un manque de basse, mais je ne vais pas non plus pinailler.


On signalera sinon que Will le batteur a passé la moitié du concert complètement hilare, tout comme James dès qu'il se retournait vers Will. J'ai pas su pourquoi, c'était limite perturbant. Ben a quand à lui passé tout le concert avec cette paire de lunettes de soleil intéressantes mais un peu inutiles dans le cas présent qu'il portait d'ailleurs le lendemain au grand journal. Andrew nous a fait une légère crise d'autisme pendant Metanoia en s'emparant d'un instrument qui ne ressemblait à rien et qu'il a vainement tenté de faire sonner en le frappant contre son micro. Ah, et il me semblait important de mentionner qu'il a presque toujours les yeux fermés et qu'il a tendance à se mettre sur la pointe des pieds pour atteindre les notes les plus élevées, ce qui est assez cro-mignon comme attitude (oui je suis navrante). Voilà. Ils ont fait Kids en rappel/karaoké, c'était génial, mais le concert fut trop court, une heure seulement, j'aurais pas craché sur quelques vieilles chansons à la Indie Rokkers, surtout que ce n'est pas ce qui manque à leur répertoire, mais je ne vais pas non plus faire de mauvaise foi, c'était quand même très bien. Après avoir attendu trois ans que mon père puisse récupérer ses affaires au vestiaire, j'ai fait l'acquisition d'un T shirt trop petit (boulet), et ô surprise, quand nous sortons de la salle, attroupement sur le trottoir. Je regarde de plus près et je constate la présence d'Andrew alors ni une ni deux, je vais lui faire signer ma set-list et prends photo souvenir spécial "atteinte du nirvana momentané" avec air niaiseux de ma part à la clé. Ensuite en voiture mon père a passé une heure à disserter sur la génialité du jeu de guitare de James , preuve que MGMT c'est très intergénérationnel, et il était tellement emporté dans son exposé qu'il s'est fait flasher à minuit à la sortie de Lyon. Comme quoi on est boulet de père en fille. Autant dire que le retour en cours n'a pas était très aisé le lendemain matin.

(pour une fois je n'ai pas pris de photos. Celles illustrant l'article ont été prises par Sophie Jarry à leur concert Lillois il y a peu.)

23.11.08

It's Such A Shame !

Bon, je contemple depuis un quart d'heure les montagnes lamastroises en priant très fort tout ce que cette planète peut contenir de déités afin que la neige se remette enfin à tomber, empêchant au passage les transports scolaires d'accomplir demain leur sombre besogne, c'est à dire me trainer à cette terrible journée qu'est le lundi et son atroce trilogie sport/espagnol/littérature. Mais apparemment mes efforts sont un peu vains et la seule potentielle activité constructive qu'il me reste est la rédaction d'un article. Le fait est que maintenant j'ai des lecteurs (enfin, disons 1 et demi) au sein même de l'internat de Gabriel Faure, et c'est assez oppressant parce que le soir ils viennent te voir et te dise des trucs genre "ah ben j'ai trouvé ton dernier article pas très pertinent", donc même si tu sais que la personne en question a raison, ton orgueil personnel se sent obligé de reprendre le clavier et de tenter de rectifier le tir. Même sans idée précise de choses à raconter, (autres que "OMG MGMT J-2" mais non, je vais tenter de faire abstraction), et là est tout le problème. Du coup je vais enchainer diverses anecdotes /pensées des derniers jours sans lien précis, parce que c'est beaucoup plus pratique et facile d'accès pour un cerveau ramolli un dimanche soir :

-Hier j'ai eu le plaisir de me rendre à la biennale du design de St Étienne avec Alicia, car cette demoiselle a, chose pratique, un père prof aux beaux arts qui a des pass pour ce genre de trucs et c'était assez réjouissant de se retrouver dans cet d'endroit remplis d'accessoires étranges et peuplé de gens qui ressemblaient à tout sauf au genre de personnes qui peuplent les abords de mon lycée. Il faut constater que dans la vraie vie les hommes ne portent jamais de chapeau sans occasion vraiment particulière, mais là bas, si. On a aussi eu droit au repas au prix très design, c'était un peu moins drôle par contre, mais par contre les conversations de nos voisins de table étaient assez priceless dans le genre "j'aime exposer ma grande expérience dans le milieu de l'art moderne international". Puis il neigeait, donc alléluia, on avait 5 ans et demi d'âge mental et on faisait joyeusement tâche, ça vous change les idées ce genre de journée.


-L'album de Megapuss, le side project de Devendra Banhart et de Fab Moretti (en plus de Little Joy, ça devient presque dur à suivre) pour lequel Devendra a fait de nombreuses photos promo dans le plus simple appareil, (si vous êtes tombé dessus, vous vous en souvenez certainement, comme mon père qui est passé derrière moi alors que j'étais sur une page où se trouvaient les photos en question. J'ai une de ces chances quand même.) s'avère être une bonne surprise. Je vous conseille d'aller faire un tour sur le myspace du groupe et d'écouter Crop Circle Jerk '94 ainsi qu'Adam et Steve. J'ai toujours pas réglé le problème du non fonctionnement de zshare, donc pour faire des playlists c'est moyen.

-Jeudi matin il y a eu Heart In A Cage qui est passée à la radio locale précisément au moment où je m'installais dans le bus avec plus ou moins la mort dans l'âme. J'ai cru à un bon présage par rapport au bac de sport ayant lieu le même jour, mais en fait non, faut pas non plus croire au père Noël et en badminton je ne fais pas grand chose à par des cascades inutiles, dangereuses et comiques. Enfin ça fait quand même beaucoup de bien ce genre de chose à 6h50 par -3°.

-Dans la série "les grandes découvertes de l'existence par Juliet", je me suis aperçue qu'Alex Kapranos avait 36 ans. Oui, après 3 ans et des poussières d'écoute acharnée de son groupe, j'étais restée dans l'ignorance de cette information, et ça m'a un peu choqué de me dire qu'il avait l'âge de Liam Gallagher. On voit rapidement qui s'en sort le mieux quand même. Oh, et Ulysses est biiiiiien.

-Sinon j'ai mis la main sur de nouvelles démos de White Lies, du coup mon quotient de contentement est actuellement très éle. Je concède que c'était l'information qui ne sert à rien.


-La proximité de l'arrivée en mon foyer de Olaf, ipod 120GO de son état, m'a contraint à installer Itunes, alors que jusque là je vivais très bien depuis plusieurs années avec mon lecteur window media bête et méchant et winamp, et je crois que ça va me rendre folle, car un tiers de ma bibliothèque musicale est composé de chansons au format .wma, et qu'apparemment il va falloir des jours entiers pour tout convertir, puisque cette fichue bibliothèque musicale est d'un volume "un peu" trop conséquent (d'où l'intérêt de l'acquisition de cet objet à la mémoire titanesque). Je tente de conserver mon calme. Je devrais prendre des cours de nerderie pour apprendre à gérer ce genre de truc.

-L'album de Jay Reatard Singles 06/07 (ce qui en fait d'ailleurs plus une collection de singles qu'un véritable album à tout bien y réfléchir... je manque assez sérieusement de logique) tourne en boucle ici. C'est assez étrange comme ensemble, ça n'atteint jamais les 3 minutes de durée, enfin globalement c'est très garage/punk, mais en tout cas c'est foutrement génial. Par contre je ne comprends pas, même face à wikipédia, la discographie du jeune homme. A la rigueur si une âme charitable pouvait me conseiller et m'orienter sur ce qu'il a fait de très bon, je lui en serai véritablement reconnaissante. Parce que j'ai quand même écouté Hammer I Miss You une dizaine de fois cet après midi, on en arrive donc à la limite du stade "problématique". Pour lui c'est par là.

-J'arrête cet article ici, en vous informant juste au passage qu'il ne s'est pas remis à neiger, et que par conséquent mon dernier espoir est d'aller courir dehors en chantant faux comme je sais si bien le faire, en espérant que des conditions climatiques désastreuses viendront couronner mes efforts en me permettant de dormir demain matin. Activité à laquelle je vais donc aller m'adonner sur le champ. (Oui cet article n'est pas plus pertinent que le précédent, donc Raphaël si tu lis ces lignes, tu en porte la responsabilité.)

Edit du 24/11 à 6h05 du matin : y'a 10 cm de neige dehors. HÉHÉ.

11.11.08

Wipe The Pollen From The Faces


Mon dilettantisme peut faire peur à voir mais bon, on ne peut pas vraiment dire que les dernières semaines furent jalonnées d'évènements passionnants potentiellement dignes d'être relatés en ces lignes. Les vacances furent bien trop courtes et hélas placées sous le signe du "ressourcement familial en Provence sous la pluie", ce qui, on en conviendra, est d'un ennui quasi mortel sachant que mon portable était l'ultime lien qui me rattachait à la vie/société civilisée et que l'engin ne captait pas la moitié du temps (en fait c'est plutôt mon matérialisme qui est mortel, mais passons). La fin des vacances vira en mauvais épisode d'amour gloire et beauté, ce qui occasionna un retour en cours qualifiable de "maladroit".
Après ça il y eut la fameuse élection de ce cher Barack, dont je suivis en direct l'émouvant discours à 5h30 du matin un bol de Coco Pops sur les genoux. Sur le coup on a presque pu croire que les lycéens de Gabriel Faure avaient un semblant de conscience politique, c'était beau, mais ça n'a duré que l'espace de quelques heures.


Sinon hier je suis allée passer une batterie de tests de la personnalité et autres intérêts existentiels au CIO local. L'ambiance très "bonjour pourriez vous me trouver un avenir et si possible une vie?" qui y régnait était très sympathique. Ça m'a franchement rassuré sur moi même : "Alors tu vois tu obtiens zéro point d'altruisme à ce test mais dans l'absolu c'est pas grave tu sais"
Je suis ausi une fois de plus passée pour quelqu'un de normal/équilibré etc... quand j'ai suggéré à une amie que si elle ne parvenait pas à devenir psychiatre elle pourrait toujours être proctologue. La conseillère d'orientation/psychologue a presque eu l'air inquiète que j'emploie ce terme apparemment "peu banal pour quelqu'un de mon âge". Puis elle m'a demandé comment je connaissais l'existence de cette profession, et je dois avouer que je ne savais pas trop quoi lui répondre. Fin de cet épisode avant de virer dans le total scatologique. Toujours est il que je suis repartie de l'endroit avec la ferme conviction que mon existence n'était pas nécessairement vouée à l'échec, ce qui dans mon cas n'est déjà pas mal.


Musically speaking, c'est presque pire que la famine irlandaise niveau nouveautés intéressantes. Les suggestions sont d'ailleurs bienvenues. Du coup actuellement je retraverse activement mes classiques Blurien, puisque Damon Albarn (qui est au milieu de l'enregistrement du nouveau Gorillaz) est très officiellement revenu sur ses propos passés, qui en gros équivalaient à dire que "Blur is dead", en déclarant que le groupe avait peut être bien un avenir AVEC Graham. J'ai appris ça via l'écran de 4cm sur 5 du téléphone 3G+ illimité blabla d'un camarade d'étude (comme quoi la sociabilisation a parfois du bon) au beau milieu de la queue du self un soir jusque là merdique, et là c'était un peu l'extase. Après une série de "OH OH OH EH" j'ai sauté sur Alicia pour lui faire part de cette merveilleuse nouvelle (ouais je pèse toujours mes mots) qu'est la réconciliation entre Damon et Graham, et heureusement pour moi, elle est toujours à même de me comprendre et m'évite pas mal de solitude dans ce genre de moments. La compréhension n'était pas le fait de tout le monde à en juger les fronts plissés et airs soucieux de quelques internes nous entourant dont l'expression faciale témoignait d'un difficile effort visant à savoir si Damon était oui ou non ce gars de seconde qui porte toujours des décolletés à faire pâlir Johnny Borrell.
A part ça, je suis tombée dans Deerhunter que je connaissais jusque là que de nom, et c'est en gros la seule découverte signifiante des deux dernières semaines. Je ne peux que vous conseiller leur excellent EP Fluorescent Grey, au titre assez brillant.
Ce sera tout. Les photos, c'est pour prendre sur moi.

22.10.08

We're More Than Horses


Ce matin inscription pour le bac, ça peut sembler con comme ça mais en y réfléchissant bien c'était presque émouvant dans le genre "aujourd'hui nous faisons un nouveau pas vers le futur". On avait face à nous ces espèces d'ordinateurs préhistoriques avec un logiciel pour s'inscrire qui ressemblait furieusement à ce site web que j'avais conçu en 5° pendant les heures d'IDD, et on choisissait nos options. J'ai failli sélectionner le Suédois en LV2, parce que mon niveau d'espagnol est en constante régression depuis la 3°, mais finalement la CPE m'a lancé un regard digne d'un serpent à sonnette du Nouveau Mexique et j'ai décidé de faire preuve de sérieux pendant au moins 10 minutes. En parlant d'espagnol, j'ai appris récemment de la bouche du prof que je me traine depuis 3 ans, et dont je vais bientôt commencer la rédaction de la biographie (on ne connait pas l'imparfait, mais par contre on sait tout de ses vacances entre potes dans un refuge des Pyrénées sans eau courante quand il avait 20 ans) que ma prof d'espagnol de 3° avait demandé expressement à ne plus jamais avoir affaire à moi. Ca peut paraître bizarre mais ça m'a fait extrêmement plaisir d'apprendre que les actions de ma personne il y a 3 ans de ça avaient d'une certaine façon empêché la section littéraire de Gabriel Faure d'accéder un jour à un niveau ne serait-ce que correct dans cette fichue langue que de toute manière je ne parviendrai jamais à prononcer. Plus sérieusement je me connaissais pas un tel pouvoir traumatisant sur mes enseignants, au moins j'ai des prédispositions à la dictature (note à mes camarades de classe : le premier qui passe par là pour dire que c'est dans mes gènes aura des problèmes), c'est le point positif de l'histoire. Fin du paragraphe "je suis en fait un tyran qui s'ignore".


Nous en venons donc au point de l'article où je suis en quelque sorte obligée de parler du fait que Nikolaï a donné des vraies nouvelles officielles du groupe, (nouvelles confirmées par la suite par Fabrizio), mais bon ça fait un peu une semaine que tout le monde est au courant que le retour en studio est pour février donc je vais pas faire dans le réchauffé, je me contenterai d'un sobre hallelujah pour marquer le coup, parce que ça a quand même été le gros truc de ma fin de semaine. Là vous pouvez en conclure que mes semaines au lycée sont d'un vide impressionant, et vous aurez raison, d'ailleurs ça me déprime au plus au point. Mais bon, vacances J-2. L'occasion de faire plein de disserts de philo et de littérature, et de lire Pascal. Cet homme et son bouquin aux éditions multiples et incompréhensibles pour le commun des mortels va me tuer, je le sens, il va devenir mon Céline-bis, l'homme qui torturera mes nuits et m'empêche de vivre l'esprit tranquille pendant mettons les trois prochains mois. Ceci dit j'avais fini par presque m'attacher à Céline, donc tout n'est peut être pas perdu.


Musicalement rien à signaler de particulier, je partage mes journées entre Of Montreal, Fleet Foxes et les Unicorns, mais comme tout le monde connait, ça m'épargne de mettre des liens. Mon père m'accompagnera au concert de MGMT comme Alicia n'est pas en moyen de négocier sa soirée du 25 novembre contre des notes convenables en maths, donc va falloir que je change mon plan pour la capture d'Andrew, présence du paternel oblige, mais ça sera folko. Mon conseil de classe ayant lieu deux jours plus tard (ce qui au moins m'évite de faire un choix certes facile entre l'un et l'autre,mais bon j'adore les conseils, c'est presque aussi distrayant qu'un épisode de Gossip Girl -ah, Chuck- et au moins aussi chargé en potins confidentiels.), j'aurai donc à faire semblant d'être toujours vivante les jours suivants, malgré le choc psychologique qui s'annonce. Sinon les Kaiser Chiefs ont annoncé deux dates françaises en janvier, dont surprise, une à Lyon ! Qui plus est un mercredi soir, donc bien que le nouvel album soit apparemment plus ou moins pas terrible, ce genre d'occasion ne se refuse pas, donc a priori j'irai les revoir au Transbordeur. Je compte sur eux pour nous ramener une bonne première partie, comme Good Shoes les avaient accompagné sur leurs précédentes dates françaises...

-Sur les photos, vous aurez reconnu Devendra et Fabrizio. Quand même, ce genre de gars, ça vous donne envie de militer pour le port du poil facial. (ça sera la conclusion intéressante du jour)

11.10.08

My Generation Don't Trust No One, It's Hard To Blame.

Oui, léger retard cette semaine mais j'ai presque des excuses recevables à fournir puisque mercredi je ne suis pas rentrée chez moi pour cause de concert de Syd Matters à Valence et qu'hier soir mes parents m'ont plus ou moins trainés à une espèce de conférence/débat philosophique sur l'intérêt général pour vieux hippies aux préoccupations écologiques tout à fait louables à la base, mais au taux de chiantissité record. Il y fut notamment question de la dystopie du darwinisme social économique et du néo-libéralisme libertarien. C'était hardcore, et là vous êtes en droit de penser que j'ai vraiment une vie passionnante. Tout ça pour dire que je ne sais plus où je voulais en venir.


Ah si. Je voulais parler de l'excellent concert de Syd Matters au Mistral Palace, la toute petite et excellent salle valentinoise. C'était assez étrange comme soirée, mais vraiment plaisant : en fait, Clémentine et moi même étions tout simplement les personnes présentes les plus jeunes, les seules en dessous de 20 ans, si l'ont ne compte pas la gamine de 5 ans qui accompagnait sa mère. Sur le coup c'est un peu étrange d'être entouré de trentenaires (surtout quand vous manquez de faire un arrêt cardiaque en croyant repérer votre prof d'histoire de 6°et 3° "qui-matait-dans-le décolleté-des-filles") mais en fait on s'y fait très vite, puis en fait les trentenaires adeptes de syd Matters sont des gens extrêmement civilisés, ce qui faisait d'ailleurs une sacré différence avec le concert de Music Is Not Fun dans la même salle trois semaines auparavant, où la moyenne d'âge était réellement de 14 ans, et où tout le monde poussait pour un oui ou un non alors que dans cette salle, quand on te pousse, pour un peu que tu sois devant, tu es obligé de te prendre le gros ampli du retour à la stabilité aléatoire dans le genou. Très agréable donc.


Mais là rien de ça : le public est vraiment là pour la musique, et du coup l'ambiance était très calme et très intimiste, intimisme accentué par l'éclairage quasi inexistant (d'où les photos ultra moyennes) dans la salle. Je connaissais le groupe de nom depuis quelques temps déjà, mais je ne m'étais jamais vraiment penché sur leur musique jusqu'à peu, mais heureusement Mélanie a eu l'extrême amabilité de m'envoyer une bonne vingtaine de titres à potasser avant le concert. Je m'attendais à un truc assez planant, et pas de déception à l'arrivée : le groupe a joué pas loin de deux heures qu'on a pas vu passer malgré la fatigue propre aux mercredi soirs. Ils nous ont parlé des influences profondes de leurs chansons (les martiens et science et vie junior), et on fait preuve d'un professionnalisme impressionnant : après avoir trifouillé pendant plusieurs minutes ses multiples pédales d'effets car sa guitare n'émettait plus un son, le chanteur découvre avec un grand sourire qu'en allumant son ampli ça fonctionnerait mieux. Bref c'était détendu et très très sympa, parfait pour rompre la triste routine lycéenne dans laquelle on est désormais enfoncés jusqu'au coup, avec la prolifération des DM nombreux et variés.

Là tout de suite je n'ai rien de particulier à rajouter, mis à part que j'ai calculé que le concert de MGMT au Ninkasi était dans un mois, une semaine et deux jours. Donc on va dire que d'ici une semaine et deux jours je vais devenir très insupportable et le rabâcher quotidiennement. Jusque là je me suis tenue, mais ça ne sera bientôt plus tolérable.
Je complète cet article mercredi en supposant que d'ici là l'inspiration sera venue. Puis si quelqu'un a une suggestion de site pour remplacer zshare pour la playlist, qu'il m'en fasse part., car Zshare semble être mort par ici, ce qui est assez ennuyeux, le principe écoute puis téléchargement étant quand même très pratique.


The Bishops - City Lights
The Shortwave Set - No Social
Glasvegas - It's My Own Cheating Heart That Makes Me Cry
Holy Fuck - Ballons (Foals cover)
Syd Matters - Louise

1.10.08

Oh Hell No !

LA bonne excuse du jour : je ne peux décemment pas écrire un article alors que j'ai appris il y a 10 minutes de ça que les Dirty Pretty Things avaient splittés, et pas pour reformer les Libertines. Donc là j'en suis au stade coups de fils désespérés à la moitié de mon répertoire, donc veuillez m'excuser de ne pas pour l'instant tenir ma promesse d'article hebdomadaire. J'écrirai peut être un truc dans la soirée si je me suis un peu remise (non non je n'exagère pas le moins du monde). Déjà que la journée avait commencé par le traumatisme que sont les cheveux COURTS d'Albert (merci les Inrocks), je sens que je vais bientôt toucher le fond.

Ayant désormais pas loin d'une heure et demie de recul sur la découverte de cette triste information, et étant actuellement en train de glander sur FB (activité inattendue quand on a un dm d'espagnol et un commentaire de philo à faire), j'ai constaté un truc drôle (ou pas), un phénomène de masse intéressant :

"Camille va manger la banane de Carl puisqu'il n'a même plus de groupe. L'idiot."
"Claire OH MON DIEU DPT A SPLITE."
"Chloé is quite happy to have seen the DTP one month before they split..."
"Perroline is depressed cuz the DPT splitted up."
"Sarah écoute Adam Green, est a deux doigts de verser toutes les larmes de son corps DPT"
"Nadège ne veut plus jamais entendre parler des DPT"

C'est beau ce désespoir général en fait. J'en suis venue à m'interroger ce qui pourrait se produire en cas de séparation du saint des saint (vous savez de qui je veux parler, mais j'ai presque peur de porter malheur en prononçant leur nom - névroses, stade terminal), mais le simple fait d'y penser m'était un peu insoutenable.

A la base ça n'a pas grand chose à voir, mais cette histoire de split à la con me donnerait presque une idée : en effet, nous sommes rentrés en cours depuis un mois désormais, et ça fait donc un mois que je traine mes guêtres en cours d'arts plastiques sans avoir la moindre idée du sujet que je vais présenter au bac, alors qu'on a quand même 10 planches à faire. En gros jusque là j'ai passé 12 heures à contempler le plafond, la prof ayant émit une réserve certaine quand à mon idée de sujet à base d'animaux morts sous forte influence Damien Hirst (vous savez ce gars qui découpe des vaches pour les coller dans du formol). Je vais parler de séparation, ça sera niais et tout, mais nevermind. Ceci dit si vous avez une meilleure idée je ne cracherai pas dessus. Je me dis juste que je ne pourrai pas éternellement m'en tirer en parlant musique à tout bout de champ - l'année dernière mon TPE traitait des Klaxons et de LOTP, j'ai conclu mon année d'arts p. en seconde en peignant les Libertines, etc... - les profs vont finir par s'en apercevoir. Et on va me trouver sérieusement ... limitée.


Photo au hasard.

24.9.08

There Is A Time When We All Fail, Some People Take It Pretty Well


Au diable Shakespeare et ses foutus duels (les cours de Littérature ça vous pousse un peu à vous prendre pour Roméo et à ingérer du poison), il est temps que j'écrive deux-trois trucs ici, parce que là j'atteins des niveaux de laisser-aller importants, faudrait que je réforme ce blog afin de me décider à écrire un peu plus régulièrement cette année, mettons une fois par semaine, parce que bon, 30 article en bientôt un an de blogspot, c'est pas franchement ça. Et oui, encore une fois c'est une résolution à deux balles sachant qu'apparemment cette année, dossier d'inscription oblige, je suis supposée bosser, chose que je n'ai pas vraiment faite depuis ... longtemps disons, afin que mes profs retiennent autre chose de moi que ma semi-narcolepsie chronique quand viendra l'heure de remplir les appréciations.

Puis l'heure est grave: Björn mon Archos, ce traitre, a décidé après deux années de bons et loyaux services de ne plus accepter en son sein de nouveaux albums. Mes finances en ce début d'année scolaire étant ce qu'elles sont (mauvaises, car évidemment travailler cet été n'a pas fait partie de mon programme), je ne vois guère d'autre solution que d'attendre Noël pour procéder au remplacement de l'engin. D'autres facteurs faisant, il est très probable que je sois plus ou moins à la masse musicalement parlant cette année, et donc j'accumule du retard sur les nouveautés, ce qui est assez contreproductif alors que ce blog est quand même supposé parler musique. Au pire si j'ai vraiment rien à raconter au cours de l'année sur ce plan là, je pourrai toujours faire part de mes grands moment de solitude musicaux, en racontant comment parfois je me mets à écouter les Guns 'N Roses pendant une semaine de manière assez intensive. Mais en même temps je doute que ce genre d'anecdotes un peu pathétiques intéresse qui que ce soit, donc bon.Donc du coup, pas grand chose à dire niveau musique, mis à part que Rest Now Weary Head de Get Well Soon est le must have n°2 de l'automne et que cet album un peu parfait, donc à écouter impérativement, surtout quand il fait très froid (me demandais pas pourquoi). Autrement en vrac : on nous fait voir des trucs terrible en philo comme Johnny Got His Gun, ça m'a foutu au 36° dessous, et moi en réaction je suis allée voir Mamma Mia et Max La Menace. Notre prof d'histoire nous a dit qu'on était "des adultes", et du haut de mes 16 ans ce genre de phrase me fait juste flipper car être adulte jusque là, c'est vraiment pas un truc qui m'intéresse, merci bien, d'ailleurs je me vois tout à fait faire un Bac+10 en n'importe quoi juste pour reculer au maximum le jour où j'aurai de véritables responsabilités dans l'existence. Tout ça me flippe, et après je fais des vilaines crises de nostalgie en me passant Friends Of Mine le matin (oui j'étais limite aux bords des larmes en écoutant Bungee, si on n'en arrive pas à un stade critique là). Et puis Max La Menace, c'était cool. Je crois que je garderai toute ma vie mes 7 ans d'âge mental. A ranger dans la catégorie "inattendu", le Black & White Album d'un groupe que j'évoque "de temps à autre" dans ces lignes possède également un pouvoir nostalgique impressionnant : en comatant sur mon lit dans le cadre de mon premier rhûme de la saison, je l'ai écouté en entier dans le calme pour la première fois depuis bien longtemps, et c'était comme revenir dans la 1°L à l'automne dernier, avant que tout devienne toxique et compliqué. C'était beau. Nouvelles du front pour conclure : ma colloc encore plus autiste que moi en fait c'est un peu la colloc idéal et à l'heure actuelle je l'échangerai pour rien au monde. Même si elle a du prononcer 4 phrases et demi depuis le 5 septembre.

Get Well Soon - Prelude
Vampire Weekend - Ottoman
The Arcade Fire - This Must Be The Place (Talking Heads Cover)

7.9.08

Relax Yes I'm Trying

Après le désormais fameux article de vacances, nouveau concept hautement révolutionnaire (ahem) , l'article dit "de rentrée", où l'on s'octroie le droit de parler vie quotidienne lycéenne plus que de raison, et le tout sur fond de nouvel album "qui ne ressemble à rien" de Peter, Bjorn & John. Rubrique musicale donc reléguée en fin d'article pour les intéressés.

C'est en gros le seul jour de l'année où j'ai l'immense privilège de me rendre au lycée en voiture et non pas en bus, et donc pour l'occasion je peux mettre à volume élevé un disque spécialement choisi pour ne pas me saper définitivement le moral avant de retourner affronter la réalité. Sauf que dans un élan d'auto-sadisme involontaire, j'ai mis le premier Franz Ferdinand, album adoré que j'ai beaucoup trop écouté récemment, et donc l'efficacité ne diminue en rien avec les années. Son seul problème un jour pluvieux de rentrée, c'est le refrain de Jacqueline, son titre d'ouverture. Je cite :
"It's always better on holidays, so much better on holidays, that's why we only work when, we need the money !"
Alex Kapranos avait décidé de me narguer, ce traitre.
Arrivée à l'internat toujours autant en travaux, et ô bonheur, Alicia (BFF of mine) et moi nous dégotons une chambre vide où personne n'osa venir occuper le 3° lit. Trop beau pour être vrai, mais quand même, nous jubilons quand à la perspective de ne pas avoir à subir cette année les affres de la collocation. S'en suit les retrouvailles avec les camarades de classes, belles démonstrations d'hypocrisie sur le thème "Oh tu m'as manqué cet été!" alors que franchement non, ça n'est pas réciproque.

Le rituel du remplissage des feuilles de renseignement en cours de philo ("si vous êtes père de famille, vous le précisez s'il-vous-plait") vire à la grande séance de révélations fracassantes grâces à des questions telles que "quelle est votre série favorite, argumentez votre réponse" qui donna lieu à un mémorable "Je l'ai jamais dit à personne mais j'adore Newport Beach, j'ai honte, j'aurais mieux fait de me taire!" venant de la personne la plus inattendue possible, qui fut soulagée d'apprendre qu'elle n'était pas la seule. Ayant mis Gossip Girl et Nip/Tuck dans ma réponse, je suis désormais fichée pour l'année. On se sera aussi senti très intellectuel en répondant Batman à la question "dernier film vu", mais j'étais contrainte d'aller le voir, puisque Bruce Wayne c'était un peu l'homme de ma vie quand j'avais 7 ans.

Le soir venu, catastrophe : une colloc surprise dont manifestement personne n'a voulu débarque dans notre chambre couette en main et sans piper mot. Puisque nous sommes un peu les "psychopathes de service à canaliser de l'étage" (voir épisodes précédemment évoqués dans ces pages : "je suis une hard rockeuse suicidaire" et "Alicia se fait virer deux mois de l'internat"), nous n'avons pas vraiment notre mot à dire. Cette fille, ça doit être le châtiment envoyé par le Alex Kapranos qui me narguait la veille: mutique, flippante et odorante. Elle a passé une heure et demi assise sur son lit à contempler le mur devant elle, presque sans bouger. Alicia et moi étions un peu morte de trouille, et avons donc mené notre enquête sur la demoiselle, qui selon certains ne parle qu'aux fées et à ses parents. No joke. On est mal barrées. Cette semaine, on va tenter d'engager le dialogue, on verra bien à quoi ça mène. Assez de lycée.

Pour parler musique : la fin des vacances a causé une crise White Lies, qui sont désormais de manière officiel mon grand espoir pour l'année 2009. Je les avais déjà rapidement évoqué en avril dernier (si ma mémoire est bonne j'avais mis Unfinished Business dans une playlist), et là, ils viennent de sortir un nouveau single, soit Death. Et c'est magnifique. Ils devraient plaire aux amateurs d'Editors, c'est lyrique, épique, c'est beau tellement c'est désespéré. L'ambiance est assez similaire : très sombre. C'est eux sur les photos de l'article, et comme vous pourrez le constater, de tels clichés ne respirent pas franchement le bonheur, mais putain, c'est juste magnifique ce qu'ils font, ça réveille tout mon côté sentimental, et non, je ne m'emballe pas le moins du monde. Au passage je déclare ma haine à toute personne qui aurait pour perspective de se rendre au Zénith de Paris en octobre prochain pour le festival des Inrocks : les headliners de la soirée en question sont CSS et les Kooks, mais là n'est pas l'intérêt de la chose (j'ai même envie de dire qu'on s'en fout d'eux, mais je ne veux pas non plus m'attirer trop d'hostilité) : la soirée est ouverte par White Lies et les Mystery Jets. Y'a pas de justice dans ce bas monde.

A donc leaké il y a très peu de manière tout à fait surprenante et inattendue le nouveau Peter, Bjorn & John, qui est d'hors et déjà après trois écoutes un must-have de l'automne. Les trois suédois du jour ont décidé de ne pas se fouler pour écrire des paroles, et l'album est donc presque entièrement instrumental. C'est surprenant et un peu déstabilisant au début, mais si on connait leurs trois albums précédents, c'est en fait une évolution assez logique. En tout cas encore une fois c'est très beau. L'album s'appelle Seaside Rock. Faudrait aussi que je vous parle du nouveau Bloc Party, mais pour l'instant je n'ai pas vraiment d'opinion finie sur la chose, donc ça attendra.

Achevons cet article sur une note poétique : qui est le connard qui a castré les Kings Of Leon ?
Sans rire, le nouvel album est tellement une demi-bouse que j'ai même pas envie d'en parler.

The Rapture - No Sex For Ben
White Lies - Death (Crystal Castles remix)
Peter, Bjorn And John - Needles & Pills

30.8.08

And To History, We Will Say, We Were Right (Version Finale)

Day One

Début de semaine à Reims avec Sarah, puis jeudi matin à 7h00, départ pour Paris avec Eleonore, où l'on se sépara momentanément pour retrouver nos logements respectifs. Coup de bol, je suis juste à côté du parc de St Cloud, mais pas de chance, du côté de l'entrée VIP, donc on devra faire le tour, ce qui donnera lieu à quelques anecdotes folkloriques aux alentours d'une heure du matin. Après avoir avalé une assiette de spaghetti bolognaise (mauvaise idée avant un concert), retrouvailles avec Sarah et Eleonore, ainsi que rencontre avec Tristan, jeune homme ayant la particularité d'être le portrait craché de Faris Rotter, mais avec 20cm de moins. N'étant pas spécialement attirés par Apocalyptica, le groupe de metal classique se produisant à ce moment là, nous allons squatter le stand Guitar Hero, avant d'aller voir la seconde moitié du set des Infadels, groupe anglais d'electro-rock supposément à la croisée de Primal Scream et Fatboy Slim. Mouais. On remarquera l'homme épileptique aux claviers qui était assez drôle, mais autrement, ça n'était pas spécialement fabuleux. On reste ensuite devant la même scène afin d'avoir une bonne place pour le concert des These New Puritans qui doit suivre.

Thomas TNP - 16h31

Concert qui fut musicalement très bon, mais également beaucoup trop court : à peine une demi-heure ! De plus, le public était léthargique, comme si les gens étaient pétrifiés et atteint d'une paralysie fulgurante des vertèbres qui pourrait leur causer d'énormes douleurs au moindre petit mouvement de tête ... C'était frustrant. Ok la musique des Puritains n'est surement pas très adaptée à un concert en pleine air à la lumière du jour et il est probable que la moitié des premiers rangs ait été là pour attendre The Do, mais quand même ! On se déporte sur le côté gauche du public, où il semble y avoir quand même quelques personnes motivées (dont Charlotte), et on constitue une mini-fanbase improvisée afin de ne pas être les seuls à gueuler que "Infinity's not as fast as me!" le plus vite possible. C'est mieux, mais le concert se fini trop vite, donc on reste un peu sur notre faim, ce qui nous conforte dans notre idée d'aller les stalker un peu au stand levi's où ils doivent passer en interview peu après.

Jack TNP - 16h47

Au final, on y poireautera trois quart d'heures avant que les jumeaux Jack et George décident de se pointer. Entre temps petite montée momentanée d'adrénaline: alors que je guette l'arrivée des deux garçons, j'aperçois à deux mètres de moi, sois juste derrière la limite backstage, Didz Hammond. J'attrape donc par reflex le premier bras à ma portée pour déclarer un truc de type "ohputainyadidzjustelàderrièreohmondieu" parce que aaah, je viens de me rappeler que dans une heure concert des Dirty Pretty Things, mais je me heurte à un "Mais qui est Didz ?" qui aura vite fait de calmer mes ardeurs. Au final, même en étant juste à côté, on entendra presque rien de l'interview des Puritains, mais rien que pour la vue du petit air innocent de Jack Barnett alors que derrière lui une image d'un jeune homme se déshabillant lentement tourne en boucle, ça valait le coup.

Lucas MINF - 18h06

Quand on sort de l'interview, on passe voir par principe les Music is Not Fun qui se produisent au stand SFR juste à côté. Le set est très court (7 titres), mais plutôt sympa. J'ai l'impression que les quatre garçons ont durci leur son, ce qui rend plutôt bien. A priori je dois retourner les voir dans deux semaines à Valence. On repart immédiatement vers la scène de la Cascade, où l'on s'assoit pour attendre la venue des DPT. Rapidement, mouvement de foule et tout le monde est debout. Le public semble avoir exclusivement entre 14 et 20 ans, ça en est limite sectaire, mais bon. Le roadie blond des DPT (Timmy) qui a l'air très suédois de sa personne s'amuse à nous photographier entre deux accords, et à 19h15, divine apparition. Décès de mes tympans par la faute des fan-boys du Carlos, qui ne sont pas une légende : il y a au moins trois fois plus de mecs à un concert des DPT qu'à un concert des Babyshambles, donc en gros on souffre trois fois plus mais c'est au moins 15 fois mieux. Parfois j'aime les chiffres. En gros c'est jouissif de A à Z, même si Waterloo To Anywhere fonctionne mieux que Romance At Short Notice. Carl carbure à la Red Bull tout en zieutant d'un air envieux sur la bouteille de rouge de Didz et la bière d'Anthony, avec qui il se sera adonné à un combat de béliers (?!). Buzzards & Crows, Deadwood, Gin & Milk, tout s'enchaine très vite, et qu'est-ce que c'est bon, dans un contexte pareil les coups de coudes et autres font presque du bien et les bleus sont limites les bienvenus. (j'ai tout à fait conscience du côté bizarre de cette phrase, mais en même temps, comme je l'ai ensuite répété de nombreuses fois, "J'ai vu Carl", alors je ne peux pas rapporter ça d'une façon normale et détachée).

Carl DPT - 19h43

Le concert se solde par une disparition du Tshirt de Carl qui mettra tout le monde d'accord. Car dans ce contexte, tout le monde est pervers. Personne n'a vraiment conservé forme humaine suite au concert et on était dans des états d'humidité assez impressionnants après avoir passé une heure à échanger notre ADN avec des inconnus. Mais pas question de se relâcher, il faut désormais courir vers la grande scène car pas question de rater les Kaiser Chiefs, dont le set doit avoir commencé depuis 10 minutes. On arrive aux abords de l'endroit alors que résonnent les premiers accords de Ruby, et c'est déjà la folie pure, surtout que pour ma part je ne suis pas le moins du monde redescendue de mon état euphorique causé par les DPT. On parvient à se faufiler jusqu'au cinquième rang malgré la densité élevée de populace au mètre carré. Comme prévu les KC en live, c'est excellent puisque leur répertoire est en quelque sorte conçu pour les foules, et que, différence notoire avec les concerts précédents de la journée, le public, beaucoup plus hétérogène que pendant les DPT, semble s'être enfin un peu relâché tout en perdant en parisianisme primaire frustré pseudo-hype. J'étais prévenue, l'ambiance de Rock En Seine n'a pas grand chose à voir avec celle des Eurocks. Toujours est il que la bonne pop basique ultra-efficace avec gros refrains facile du combo de Leeds, ça fonctionne extrêmement bien avec moi.

Ricky KC - 20h35

Ricky a rapidement le public dans la poche, et nous entraine dans une immense interprétation a cappella de cet éternel classique qu'est Happy Birthday To You pour leur guitariste qui fêtait ce jour là ses trente ans si ma mémoire est bonne (oui c'est la saison des trente ans apparemment). L'homme tient aussi peu en place qu'un Pelle, disparait et réapparait sur les côtés du public et escalade les côté de la scène pendant Oh My God, le tout malgré une attelle à la cheville. Normal pour lui. Après pas loin d'une heure de tubes, replis. Ma mémoire n'a pas gardé trace de ce qu'on a fait à ce moment là, mais par la suite on a vu les trois premiers titres de R.E.M. avant d'aller regarder Wax Taylor, assise sur un poteau à 20 mètres de la scène, ce qui ne pas m'a empêché de m'endormir pendant le concert. J'ai pas vraiment compris comment j'ai fait d'ailleurs. A la fin du concert, on est reparti vers Sèvres par les hauteurs du bois de St Cloud, malgré l'accès interdit et notre état de fatigue-extase avancé, et on a atterri au beau milieu des tour bus de l'espace VIP sans se faire refouler ni vraiment comprendre pourquoi, avant de passer devant 6 fourgons remplis de CRS qui nous manifestement trouvé drôles. Ouais.


Day Two

Le réveil est assez dur, mais quand la perspective de voir Jack White et consorts dans la journée est devant vous, on parvient généralement à faire des efforts. Nouveau passage au stand Guitar Hero histoire de se convaincre pour de bon que jamais on ne pourra jouer de la guitare dans Aerosmith (c'est tragique, j'ai toujours rêvé de côtoyer Steven Tyler, ne serait-ce que pour voir si en vrai sa bouche est aussi impressionnante que sur photo - j'ai des rêves étranges à l'occasion). On pique une demi-douzaine de ballons gonflés à l'hélium au stand "chaises-longues" (je ne me rappelle même plus du thème du stand en fait) et on va prendre place devant la grande scène sous un soleil de plomb pour voir Louis XIV. Je trouve assez fantastique le fait qu'un groupe porte un tel nom, parce que quand j'avais 8 ans, j'étais fasciné par cet homme, mais là je sors du sujet. Leur set est très sympa, ils s'en tirent bien pour un groupe de début d'après midi, en plus ils sont tous en costume et ça aussi ça a tendance à me plaire beaucoup, même si les pauvres petits devaient souffrir le martyr tout de noir vêtus.

Mark Louis XIV - 15h37

On va ensuite se rassasier avec quelques diététiques frites-mayo avant d'aller observer la fin du concert de Jamie Lidell couchés dans l'herbe tels des reptiles tentant vainement d'absorber la chaleur du soleil puis on va voir l'expo photo de Youri Lenquette, où je me fais photographier avec la photo de Gaz Coombes (saine occupation). Par curiosité et pur masochisme, on ensuite voir ce que donne en live Scars On Broadway, groupe mené par le batteur et le guitariste de System Of A Down, et qui se produisait alors sur la Grande Scène. Là soudainement je fut reconnaissante envers moi même d'avoir récupérer des bouchons à oreilles, parce que c'était franchement douloureux comme expérience, et d'ailleurs le public n'avait pas du tout l'air captivé si on fait abstraction des trois premiers rangs. On pouvait même assister à une quasi fuite d'une partie des gens présents, c'était intéressant à observer. Faut dire qu'ils faisaient peur. Après ça, on était supposé nous rendre à la séance de dédicace des Black Kids, pour laquelle nous avions au préalable recupéré des pass. L'idée de base était en fait de voir de près Reggie, le chanteur qui a le visage rectangulaire, car comme dit précédemment, les Black Kids c'est pas mon truc.

Ali, Owen & Dawn BK + Yaya - 18h51

Finalement on décide de prendre en photo Yaya, notre mascotte écureuil en provenance du Sud du New Brunswick (et qui possède même sa page facebook) avec les Black Kids, parce qu'on a rien de mieux à faire, et qu'on ne vois pas franchement l'intérêt d'une simple dédicace des membres du groupe. Plus on s'approche de la table derrière laquelle ils sont assis, plus je me dis que c'est vraiment une idée débile : ils ont tous les 5 l'air profondément déprimés par leur activité, et j'évalue les probabilités de me faire jeter avec mon écureuil comme très importantes. Mais bon. Je présente donc notre "little hairy friend" à Ali en lui précisant que l'animal est leur "biggest fan ever". Quitte à avoir l'air débile, autant ne pas faire les chose à moitié. Et surprise, elle adore notre Yaya, et commence à prendre la pose en interrompant le bassiste en pleine dédicace, parce que oui, Yaya passe avant quoi. On passe ensuite à la seconde moitié de la table et là c'est au tour du batteur Kevin de tomber sous le charme Yayate : l'homme s'extasie devant la mignonitude de la peluche et pousse des petits "Oooooh it's sooo cuuuute!" avant de le couvrir de bisous. J'avoue que là j'étais un peu perturbée par la tournure des évènements, et Reggie se met à gratter la tête de l'animal. C'était comique, et le responsable du stand fnac nous a quand même regardé étrangement, probablement lui aussi étonné par la réaction complètement gaga du groupe. Toujours est il qu'en suite ils ne faisaient plus la tronche, donc B-A du jour.

Kevin & Reggie BK + Yaya - 18h52

On doit enchainer avec le concert de Kate Nash. Bon, Kate elle est bien gentille avec son piano en velours rouge, dentelle et gros nœud-nœud, mais 90% du temps j'ai du mal avec les voix de filles, et là en plus il y a l'énorme accent qui n'arrange rien. Je vous passerai mes arguments sur l'intérêt de la virilité vocale d'un musicien car je doute que ça intéresse qui que ce soit, mais en bref, la Kate, c'est pas non plus ma tasse de thé. Heureusement pour elle, elle parait extrêmement sympathique, a l'air d'avoir une bonne humeur à toute épreuve et possède des musiciens de qualité, dont un guitariste extrêmement anglais de sa personne qui avait de faux airs de Prince William en beaucoup mieux.

Musicien à tout faire de KN - 19h53

Kate se présente avec un accent très travaillé et déclare avoir deux chats, et nous on est absolument ravis pour elle bien qu'on ne voit pas franchement où se situe le rapport avec la choucroute dans l'histoire. A la fin de sa première chanson, elle sort un inhalateur, ce qui semble jeter un mini froid dans le public, parce que bon, ça serait cloche qu'elle nous fasse une crise d'asthme au milieu de Foundations et qu'elle clapse sur scène. Mais la demoiselle repars de plus belle après une gorgée de thé. Je me retrouve sans vraiment savoir comment au deuxième rang, aux côtés d'un fan hardcore qui n'arrête pas de sauter sur place en dansant en secouant d'une façon presque plus inquiétante qu'Alan Donohoe des Rakes, ce qui n'est pas peu dire. Je me fais assommer une ou deux fois et surveille l'heure, car les Raconteurs doivent jouer dans peu de temps, et que je m'en voudrais vraiment de rater ne serait que le début de leur concert.

Ukuléliste très bien de sa personne de KN - 19h26

Kate Nash - 19h 56

A moins 5, je m'extirpe non sans difficultés du public pour aller retrouver Camille devant le stand à vêtements de la Grande Scène. Et là gros mouvement de foule justement, tout le monde va vers la grande scène, et je me retrouve donc prise dans un espèce d'embouteillage humain assez intéressant. Je joue des coudes et fini par apercevoir Camille, qui a eu la chance de déjà voir le groupe à Benicassim un peu plus tôt cet été. Le public est déjà très compact, et l'obtention d'une bonne place me semble extrêmement mal barrée, sauf que Camille semble experte dans l'infiltration de public, et assez rapidement on accède au troisième rang, avec vu optimale sur le groupe tant attendu. Les Raconteurs ont donné ce qui était à mes yeux le meilleur concert des deux jours, c'était juste énorme. Il faut dire que ces gars ont un son d'enfer et des chansons énormes qui ne sont que meilleures dans un contexte live.

Brendan TR - 20h25

Et dans le cas des Raconteurs, ça n'est pas peu dire, puisque à la base, leur matériel est déjà excellent, bien que leur premier opus soit lui aussi supérieur à son successeur. Les voix de Jack White et de Brendan Benson vont merveilleusement bien ensemble et se complètent parfaitement. Oui là je pourrais très bien continuer à coller trois superlatifs par phrase, mais je pense que le message est déjà assez clair : j'ai adoré. Enchainement impressionnant de tubes en puissance, Level, Hands, Top Yourself ... Jack Lawrence, le bassiste au look si particulier qui a la peau encore plus blanche que Jack White lui même, ce qui constitue un véritable exploit en soit, est vraiment impressionnant d'énergie, je crois que je n'ai jamais vu un bassiste qui en impose autant. Jack dédicace une chanson à Amy Winehouse, mais sur le coup je n'entends pas pourquoi puisqu'une demoiselle à ma droite choisi ce moment pour pousser un strident hurlement. Après une heure 10 de show, les Raconteurs sortent de scène, et bien évidemment tout le monde se met à hurler puisque c'est trop bon et qu'on en veut plus.

Jack W. & Mark TR - 20h27

Cinq longues minutes de cris plus tard, retour du groupe sur scène, et rappel démentiel avec trois titres, dont Salute Your Solution et Broken Boys Soldiers. Magnifique. Fin du concert, les roadies débarrassent la scène et une voix s'élève des écrans. J'ai compris ce qui allait être annoncé tout de suite, mais bon, ça n'étais pas franchement inattendu : annulation de dernière minute d'Amy Winehouse. La fureur gronde, et des dizaines de "salope!", "connasse" et autres gentillesses s'élèvent du public. Impressionnant. A ce moment là, je suis au premier rang, et une fille à côté de moi se met même à pleurer. Sa camarade me dit qu'elles étaient déjà venues pour la voir l'année précédente, donc ça les fait royalement chier. En même temps il était débile de la part de Rock en Seine de la mettre comme tête d'affiche, vu son inconstance. Ceci dit, je ne suis presque pas déçue, (ça va peut être faire bondir les fans d'Amy, mais bon) parce qu'échanger un concert d'Amy Winehouse, (qui si elle avait été là aurait probablement été dans un état déplorable) contre un rappel des Raconteurs, je considère que c'est gagner au change. Faut que je les revois, absolument. Je rejoins Sarah, Eleonore, Tristan et Emeline en lançant que quand même Amy est une sacrée emmerdeuse quand une caméra se tourne vers moi pour me demander ce que je pense de l'annulation. Ne voulant pas donner lieu à un nouveau "Pete Doherty, si tu m'vois j't'encule", je modère mes propos mettant en avant ma déception de rater le potentiel special guest qu'aurait pu être Mark Ronson. Si vous grattez bien sur le site du JDD, vous pourrez donc voir Sarah et moi, mais je ne vous le conseille pas, car ma frange post-Raconteurs 50°C, c'est juste flippant. On fini la soirée avec Justice, qui sont toujours aussi bon en live. Pas grand chose d'autre à ajouter, cet article est déjà beaucoup trop long. Félicitation si vous avez tout lu, vraiment.

Jack W., Brendan, Jack L., Patrick & Mark TR - 21h32