23.1.09

I've Got Blues Enough To Smash Your Bones


A priori je vais voir Mando Diao à Paris le 7 avril prochain, soit le lendemain de mes 17 ans.
Du coup je vois difficilement comment à l'instant présent je pourrais être plus heureuse.

KIR KIS

Sinon j'avais envie de faire un petit compte rendu des choses pas passionnantes qui constituent ma vie ces derniers temps, histoire de vous faire fuir un peu, et surtout parce que je viens d'être prise d'une pulsion 3615 racontage de life et qu'un blog ça peut aussi servir à ça à l'occasion. Puis la vie au lycée devient vraiment un truc de psychotique en T°L, plus ça va plus on est perturbés et misanthropes dans mes fréquentations, c'est assez grave donc faut que j'extériorise, on en est à un point où on se prend pour des castors pendant les cours d'anglais tellement nos nerfs sont entrain de nous lacher. Déjà chose atroce j'ai du rester à Tournon mercredi après midi parce que jeudi il n'y avait pas de transports scolaires pour cause de rally de Monte Carlo et donc de routes barrées. Après qu'on vienne pas me dire que la France n'est pas un pays de beaufs. Heureusement ça m'a donné l'occasion d'aller admirer Benicio Del Toro dans une salle de ciné où on devait être 8 dont les deux tiers de kékés qui faisaient "wow trop cool, ta race!" dès que quelqu'un se faisait buter ou qu'un bazooka était utilisé. C'était absolument charmant mais je me suis quand même interrogée sur les raisons de leur présence dans cette salle. Dans la catégorie ciné j'ai aussi vu Hunger, Two Lovers et Twilight, qui n'ont tellement rien à voir avec la choucroute les uns les autres que ça en était réjouissant. Et j'envisage désormais le kidnapping de Robert Pattinson, comme 50% des individus de sexe féminin de 12 à 20 ans de la planète, du coup je me sens terriblement banale et c'est cool, j'ai même pas perdu la face en sortant du ciné.

On a aussi eu dans la catégorie moins réjouissant et plus scolaire à notre premier véritable DS type bac de philo, pendant 4 looongues heures, ce fut hardcore et solennel puisque nous avions pour l'occasion investi la salle Mallarmé (pour la petite histoire ce gars a été prof dans mon lycée et détestais profondément Tournon, même qu'il y a écrit ses poèmes les plus déprimants. Et pourtant on s'en fait une gloire, j'ai jamais compris pourquoi), un salle qui a 300 ans, au moins 7 mètres de plafond et 150 tables individuelles, destinées à ne recevoir que les DS importants. J'avais compté un jour pendant le devoir commun de maths en seconde, puisque j'avais rien d'autre à faire. Tout ça pour dire que je ne sais pas si c'est un échec ou non, et je tente de vagues prières voir si l'esprit de Rousseau fera quelque chose pour ma moyenne de philo, qu'une dissert sur le bonheur a réduit à néant, ironie du sort. Heureusement pour moi et ma recherche personnelle du bonheur, j'appris jeudi soir suite à une connexion sur FB dans un pique d'ennui qu'un évènement paranormal allait se produire : Mando Diao en concert en France. Ca doit faire pas très loin de trois ans que j'attendais ça, donc bon, d'abord j'ai cru à une blague mais pas du tout : MD en concert pour de vrai à la Maroquinerie la première semaine de mes vacances. Je vous épargne la description de la quasi-crise d'hystérie qui a suivi, car ça serait dégradant pour moi, enfin toujours est il que soudainement ma semaine a pris une tournure beaucoup plus positive et que mon karma semble depuis étrangement au beau fixe. Mais Mando Diao quoi. Björn Dixgård et Gustaf Norén, représentations allégoriques de l'essence même de la Suède. Je crois que j'avais déjà raconté sur TQID 1.0 la façon assez absurde dont j'avais découvert le groupe au beau milieu de l'été 2006 (j'ai souvent l'impression de radoter), enfin toujours est il que ça promet d'être extrêmement magnifique et qu'après ça, tout ce qu'il me restera à attendre de la vie c'est un concert privé acoustique des Strokes dans ma chambre. (nb: je radote vraiment.) Et même s'il s'avérait que le prochain album de Mando soit moyen, je ne leur en voudrai même pas.

Je terminerai en signalant que sauf motivation exceptionnelle vendredi prochain (ce qui est peu probable puisque j'aurai alors un épisode de GG à visionner - je suis overbookée, vraiment) le prochain article ne vera pas le jour avant au moins deux semaines puisque mercredi Kaiser Chiefs + Dananananakroyd option bière à Lyon et samedi départ à Tolède et Madrid pour une semaine avec le lycée, histoire de prendre des pré-vacances alcoolisées en groupe, de faire une ou deux overdoses de churros (ce qui est très sérieusement précisé sur le programme de la semaine) et bien entendu de faire le tour des églises et musées locaux.
(et la critique de White Lies arrive cet aprem, promis.)

17.1.09

Lick Your Cigarette And Then Kiss Me

Vous n'êtes probablement pas sans ignorer que Franz Ferdinand vient tout juste de sortir un nouvel album après 3 longues années d'attente, et la critique qui va suivre ne sera donc surement la première que vous lirez à ce sujet, mais néanmoins il me semblait nécessaire d'évoquer ce tant anticipé nouvel opus des 4 Glaswegians. Franz Ferdinand, pour resituer, c'est simplement un des premiers groupes à obédience indie rock que j'ai écouté avec attention et passion du haut de mes 13 ans, et même que mes meilleurs scores sur le Singstar Rock (oui, à l'époque Guitar Hero ça n'existait pas alors on se prennait pour une rockstar avec les moyens du bord), je les faisais toujours sur Do You Want To (et Somebody Told Me, mais c'est une autre histoire), dont j'adorais tellement le clip que le jour où je me suis rendue à Glasgow j'ai fait un pèlerinage à l'Art School que ces messieurs avaient fréquenté dans le but de tenter de m'imprègner de l'ambiance arty qui devait dans mon esprit y régner. Aussi, Dark Of The Matinée est un membre permanent de mon top 10 ultime. Bref pour faire dans la litote, Alex, Nick, Paul et Bob, je les aime plutôt bien, et ce Tonight : Franz Ferdinand, j'avais placé pas mal d'espoir dessus.


Donc déjà que ce soit clair, ici pas de Dark Of The Matinée, mais en même temps ça aurait été un peu inespéré, et ça ne ressemble pas à outrance aux deux prédecesseurs, ce qui est logique compte tenu des années qui les séparent. On est pas tous AC/DC. L'album s'ouvre par Ulysses, premier single officiel tiré de l'album au clip assez barré que vous devez voir. Du Franz Ferdinand pur jus, même si la formule a quelque peu dérivé du guitare/basse/batterie ultra efficace et cadré des débuts, plutôt dans le sens mélodie qui vous accroche instantanément et qui vous donne des pulsions d'imitation de déhanchements Kapranesques inquiétantes pour vos proches. Donc un titre qui marche tout de suite.

On continue avec Turn It On, bonne chanson mais pas non plus du domaine de l'inoubliable. Puis No Your Girls, que vous aurez potentiellement entendu cette semaine dans le dernier épisode de Gossip Girl en date (ou comment glisser Chuck dans une critique de FF. *fierté*). Pour ne pas y aller par quatre chemins, celle là est vraiment fabuleuse avec une basse énorme, hymne immédiat qui a toutes ses chances de devenir le prochain single et de faire des ravages en live avec refrain immédiatement mémorable, dans la lignée du FF des débuts donc. Send Him Away, pas génialissime, y'a quelque chose d'étrange qui me gène dans cette chanson, comme si elle ne démarrait jamais vraiment.


Twilight Omens, ou l'usage intéressant des synthés sans tomber dans la caricature guimauve 80's insupportable qui fait bailler. Elle symbolise bien l'évolution du groupe sans pour autant laisser présager un grand moment d'ennui en concert. Ensuite Bite Hard, bonne chanson mais qui ne laisse pas vraiment de souvenir impérissable, et What She Came For est par contre d'excellente facture, surtout la fin qui est simplement jouissive (pas trouvé de meilleur adjectif mais il est 10h du matin, je suis moyennement réveillée mais doit rédiger absolument cet article avant de partir mourir d'ennui pour le reste du weekend, donc je m'auto-excuse, puis après tout on parle ici de Franz Ferdinand et quand j'y réfléchis bien l'usage de l'adjectif "jouissif" à leur égard est tout à fait tolérable et même régulièrement usité par de nombreuses personnes donc voilà, enfin j'arrête de me justifier car cette parenthèse commence à être longue. Bref, jouissif.)


Quant à Live Alone, je n'ai pas grand chose non plus à dire à son sujet, mais c'est un titre de bonne facture. On enchaine sur Can't Stop Feeling : pas descriptible mais un des grands moments de Tonight, essentielle. Le petit truc bizarre là, qui doit être émis par une pédale d'effet très étrange, c'est une fabuleuse trouvaille. Vient Lucid Dreams, que ces messieurs avaient sorti en préécoute sur leur site officiel il y a quelques mois, histoire de faire grimper l'impatience dans les rangs de leurs fans. Et là, surprise : ce n'est plus du tout la même chanson : alors que la première s'inscrivait dans la veine "Franz Ferdinand Classique", on se retrouve ici plongé dans un morceau épique qui affiche 8 minutes au compteur et qui se roule alègrement dans l'electro. Forcément sur le coup ça choque un peu, surtout quand on aimait beaucoup la version précédente, mais à force d'écoute je suis étrangement conquise.


Puis Dream Again, titre on ne peut plus opposée à son prédecesseur, dans la lignée d'Eleanor Puts Your Boots Back On mais avec une vilaine gueule de bois. Encore du très bon. Et enfin, Katherine Kiss Me, qui est en quelque sorte le pendant acoustique de No You Girls version déprimé en phase terminale. Et c'est très beau, très très beau, un peu la parfaite conclusion pour un album comme celui-ci.

Pour tenter de résumer, le changement de direction est beaucoup moins violent que ce à quoi je m'attendais, et si le groupe perd un peu de son immédiateté ultra efficace d'avant qui l'avait rendu incourtournable avec Take Me Out, il semble par ailleurs gagner ici en profondeur. Ca n'est pas un album parfait dans le sens où leur premier en était un (cad strictement rien à jeter), mais après les récentes grosses déceptions de ces derniers mois avec des nouveaux albums moyens de groupes capable de choses fantastiques (aucun groupe de Nashville n'est ici visé de manière peu implicite), les Franz sont eux parvenus à livrer de la qualité, et je continuerai donc à joyeusement les maudire de faire semblant d'ignorer l'existence du Sud-est, et ce pendant un certain temps. Puis de toute façon s'ils avaient persisté à coller à la veine FF/You Could Have It So Much Better, ils s'en seraient fort probablement pris plein la gueule. (Sinon dans la catégorie "finalement 2009 commence bien", il est probable que cet article soit élargi d'une critique de To Lose My Life si je suis en mesure de rentrer chez moi mercredi prochain.)