24.9.12

someone should tell you that your habits are as bad as they seem

Dans la série "l'indie j'ai un peu fait le tour donc en ce moment je vais me faire mal aux oreilles dans des trucs un peu inédits en live pour moi", j'ai eu deux soirées intéressantes cette semaine. La première au Point Ephémère jeudi, avec The Forks + Jean Jean + Toe et la seconde à la Boule Noire avec Into It. Over It + Make Do and Mend + Title Fight + La Dispute hier soir. L'ensemble était bien bien awesome, pour preuve mon audition encore pas complètement revenue ce matin. La première soirée était assez fascinante car littéralement 99% instrumentale: sur les 3 heures de set, y'a eu 2 titres avec des chanteurs, et en temps normal j'aurais eu peur de me faire sévèrement chier mais en fait pas du tout, l'ensemble tenait extrêmement bien la route. The Forks ont joué dans la fosse, faute de place sur scène et du coup on voyait presque rien, donc entrée en matière bizarre. Jean Jean étaient eux par contre absolument fabuleux, c'était une sorte de mélange réussi de post-rock avec de math rock et d'autres trucs, bref ça faisait beaucoup de bruit et les guitariste et batteur avaient approximativement les meilleures expressions faciales du monde. Enfin y'avait Toe, des japonais avec un statut culte bien important qui font en ce moment même leur première tournée européenne après une décennie de carrière. La salle était donc pleine à craquer de fans très très en amour, ce qui était proprement merveilleux: évidemment, personne ne chantait, mais les sons gutturaux éructés par la fosse au début de chaque morceaux valaient à eux seuls le détour. De mon propre aveu, je suis une novice presque totale en matière de Toe mais leur set a très largement suffit à me convertir, les mecs étaient d'une sincérité désarmante et entièrement absorbés par leur set (ça se traduit par des grimaces inquiétantes et des roulements au sol tout en continuant de jouer de sa guitare au dessus de sa tête). Bref, amour. 


Puis hier la Boule Noire donc, pour une affiche que "l'Amérique nous envie" (les mots d'Evan Weiss, pas les miens). Etrangement j'avais jamais mis les pieds dans la Boule Noire depuis que je suis à Paris ("t'es pas assez punk" -Anthony à moi, constat triste et sans appel) donc encore une fois ~soirée découvertes!~ J'ai mis mon plus joli sweat Topshelf Records pour m'intégrer dans le décor et évidemment au bout de 3 mètres à l'intérieur y'avait un mec avec la version grise de mon pull donc tout allait bien, on était entre gens respectables. Into It. Over It. ouvrait les festivités et comme j'étais surtout là pour voir le one-man-band d'Evan Weiss j'étais en bonne place avec mon sourire niais. Evan a juste une guitare, une barbe, des lunettes et un vrai talent pour le stage-banter (si vous avez une traduction correcte je veux bien, j'ai l'impression d'avoir sur moi le jugement de ma mère qui me corrige à chaque anglicisme et grossièreté depuis que je fais des Lettres) et mon dieu, j'aurais aimé pouvoir l'écouter raconter sa vie pendant 2 heures ou le voir jouer 52 Weeks en entier en avalant pintes sur pintes. Mais hélas la vie n'est pas si bien faite, il a du laisser rapidement la place à Make Do And Mend, un groupe dont le chanteur crie aussi ENTRE les morceaux pour s'adresser au public et qui m'a surtout donné l'occasion de sortir fumer une clope et retirer de l'argent pour acheter tout le merch d'Evan pour l'encourager à revenir en France avec le groupe complet qu'il vient de constituer pour jouer les titres d'Into It. Over It. Après Title Fight c'était cool, ils criaient de manière plus mélodique et j'avais plus bu. La Dispute ont fermé la soirée avec un set relativement court qui a mis pas mal de joie dans les coeurs de leurs fans, bonne dynamique de scandage dans les rangs (notamment chez les jeunes fans de sexe féminin, ce qui faisait grogner pas mal de vingtenaires aigris probablement ni blonds ni américains sur l'event FB) et j'étais très fière d'avoir survécu à mon sweat malgré l'ambiance torride. On peut dire ce qu'on veut sur leurs paroles pour adolescents en crise, je les ai trouvé super honnêtes. En fait je suis peut être au coeur de leur cible démographique, même si je contemple a priori pas trop le suicide.


Sinon j'ai toujours pas fait ma rentrée parce que c'est ça l'esprit Sorbonne, par contre grâce à mon statut de "cas particulier" (enfin officialisé après toutes ces années à me battre pour être une special snowflake) j'ai pu récupérer tous les cours de branlos qui m'intéressaient genre "anglais du cinéma" ou "atelier d'écriture romanesque" donc c'est cool et j'ai assez hâte de revenir à l'école la semaine prochaine même si y'aura environ zéro potes à moi dans mes TD. Je vivrai chez Gibert, c'est juste en face. Mon compte en banque est excité.

(les photos d'Evan sont de Jon Weiner)

4.9.12

put a coin in, do the laundry

Ce matin vers 7h15 (j'ai toutes les peines du monde à dormir le matin même quand c'est autorisé) je triais mes onglets de favoris sur Google Chrome et ce bon vieux blog s'est rappelé à mon souvenir. Et c'est étrange parce que même s'il est à l'abandon depuis bien des mois y'a encore des jours où il reçoit 40 visites, et je me demandais si sur ces 40 visites y'avait pas à l'occasion une ou deux personnes se demandant vraiment ce qu'il avait pu advenir de ma personne. Du coup je me suis dit que j'allai gratter un petit truc, au cas où, pour vous dire un peu où j'en suis dans ma vie. Si personne le lit c'est pas grave non plus.

Je suis donc désormais en L3 de lettres modernes appliquées à la Sorbonne, enfin techniquement ça démarre dans un mois mais j'entame donc quand même ma quatrième année d'études 'supérieures' à Paris, ce qui veut dire que j'ai maintenant passé plus de temps ici qu'à Tournon (07) et c'est vaguement perturbant comme idée. Mon idée fixe est à présent de quitter cette ville assez rapidement, je me suis bien amusée mais j'ai quand même envie de disparaître dans un trou deux fois sur trois quand je mets le nez dehors. Je sais pas si c'est ma faute ou celle des autres mais le stade de saturation a été atteint, once again. En vrai je pense qu'il m'aurait fallu partir cette année, mais la réorientation à mi-parcours a compliqué mes plans et je me retrouve donc avec une année bonus de cours de linguistique, rhétorique , stylistique et autres joyeusetés me permettant cependant de participer à la sauvegarde de notre douce langue françoese. Honnêtement c'est pas pire que de la macroéconomie mais ayant désormais pour objectif de vie la poursuite et la documentation de sectes chrétiennes bizarres à travers les amériques, je me sens un petit peu à l'étroit. Mais ça devrait aller quand même. J'ai la fac + un job, mes mains sont pleines et je peux mettre de côté pour réaliser mes objectifs à moyen terme. Tout devrait bien se passer.



Sinon cet été mon organisation de vie merdique m'a empêché de faire un seul véritable gros festival, la dernière fois que ce genre de merde m'était arrivé c'était en 2006, je sortais du collège et je savais même pas ce que c'était un festival (enfin si, mais j'en avais jamais vécu un de l'intérieur quoi). J'espère que ça m'arrivera plus jamais, c'est mon gros first world problem personnel. Toujours music-wise, vendredi y'avait Chalk Talk et Everyone Everywhere à l'International, c'était ma rentrée des concerts et c'était vraiment cool parce que cette année j'ai toutes les peines du monde à m'enthousiasmer pour des trucs qui ne sentent pas au moins un peu le DIY du midwest/north-east américain avec petite étiquette "real emo". Avec Agathe on a discuté avec le bassiste de Chalk Talk, trio d'Amherst, MA. Le mec a 22 ans et a lâché ses deux jobs pour venir faire cette tournée d'Europe des bars et mini-salles à moitié pleines pendant un mois avec son groupe. Leur van est pas climatisé et apparemment ils rentreront chez eux endettés mais j'étais quand même un peu jalouse de son sort. Il avait l'air assez content lui.


photo: 2/3 de Chalk Talk. Vous pouvez faire un tour sur leur bandcamp ici.