26.7.09

It's With Your Sins That You Have Killed Me

Je suis rentrée d'Angoulême il y a à peine quatre heures mais il me faut absolument rédiger ce compte rendu maintenant puisque cette semaine je suis supposée prospecter afin de me trouver un toit pour l'année prochaine avant de rejoindre Londres vendredi. A mon retour on en sera donc à trois reviews d'affilée sur ce blog, voyez un peu l'originalité dont je fait preuve parfois.

La Garden Nef Party alors. Ma fidèle acolyte Alicia et moi même nous étions pour l'occasion équipées d'un Jens et d'un Valentin, deux jeunes hommes extrêmement sympathiques et pratiques puisqu'ils peuvent sans broncher aller vous chercher une bière à tout moment de la journée ou encore garder votre place au premier rang pendant que vous allez visiter les splendides toilettes écolo à sciure (bière, effet secondaire), en plus avantage non négligeable ils se repèrent de loin. Après installation au camping/terrain de foot, on se dirige non sans peine vers les concerts ("c'est quoi dans vos bouteilles ?" - "heu, du jus de pomme ?") où on repère les lieux. On y retrouve aussi Perroline et sa sœur Lauriane qui décident d'aller voir le concert d'ouverture, soit Izïa, pendant que nous nous installons pour attendre Stuck In The Sound, qui arrivent sur scène vers 17h45. Ils livrent un set honnête pendant lequel on se prend une courte mais intense averse sur le nez, de quoi ruiner mes cheveux pour deux jours. A croire que je suis condamnée à voir ces messieurs sous la pluie, puisqu'aux Eurocks 2007 Alicia et moi les avions observé réfugiées sous d'élégants ponchos en plastique vert. Le soleil revient et ils laissent place à Phoenix, qui nous délivrent une espèce d'avalanche de tubes. Bon, mes souvenirs ne sont plus vraiment très clairs mais je crois que le trio d'entrée c'était 1901, Consolation Prizes et Lisztomania ou un truc dans ce goût là, tellement de qualité musicale à la seconde que ça en était presque insolent en gros. Je commence donc logiquement à saccager mes cordes vocales avec application sur Lasso, Long Distance Call ou encore If I Ever Feel Better, néanmoins il manquait quelque chose: ils sont surement passés trop tôt dans la soirée, et n'ont pas joué assez longtemps, ce qui a empêché la mayonnaise de vraiment prendre. J'ai repéré sur le côté de la scène un Nick McCarthy agitant le crâne avec concentration, vêtu d'un pull à la teinte marronâtre assez mprobable que n'aurait surement pas renié mon prof de maths de 4°. Il fut un peu plus tard rejoint par son collègue Alex Kapranos, et là ce fut le drame : l'homme fut repéré et déclencha une crise de hurlements hystériques chez ses groupies mâles (oui, principalement). Une bonne partie du public sembla oublier la présence sur scène de Phoenix l'espace de quelques instants, et si la majorité des gens présents se firent rapidement à l'idée d'une présence Kapranesque en bords de scène, quelques irréductibles crétins passerons de longues minutes à lui faire coucou. Pas impossible que ça ait un peu vexé nos Versaillais.

Concert suivant : Ghinzu. Alors là ce fut simplement énormissime, à condition de faire abstraction de la brochette de tartes qui ont passé une bonne partie du set à hurler des "YEAH BAAAABY COOOOME ON !!!" à l'intention des musiciens avec une conviction certaine. Bon apparemment la francophonie des Wallons leur avait échappé. John Stargasm vint se faire allègrement tripoter par les premiers rangs, pour le plus grand bonheur de tous (et surtout d'Alicia), tandis qu'un des guitaristes se livrait à des choses carrément obscènes avec son micro. Vous ajoutez à ça un son énorme, des vilains pogos et vous obtenez une réussite globale. Je ne connaissais pas spécialement bien le groupe mais leur concert m'a complètement retourné le cerveau, donc on peut dire que j'étais plutôt satisfaite, on ne pouvait rêver d'un meilleur échauffement avant Franz Ferdinand. John Stargasm a fini debout sur son clavier, et nous on était plus ou moins à genoux. Puis vint l'attente avant ce qui était condamné à être LE grand moment de ces deux jours de concerts. Ils sont arrivés avec No You Girls, ont enchainé avec Do You Want To et tout était dit. C'était fabuleux même si par moment respirer ne faisait plus partie des choses possibles. Ça a été dit des centaines de fois mais ces gars étant génétiquement programmés pour ne faire que des hits énormes, les moments de répit n'étaient pas exactement au programme. On a donc beaucoup souffert contre nos barrières, mais le sourire au lèvres, car il ne peut en être autrement quand Alex Kapranos se déhanche à quelques mètres de toi en déclamant des paroles vidées de sens véritable : "il s'appelle comment ? il s'appelle Rooooooobert Hardy ! Est-ce que vous kiffez ? Est-ce que vous vous éclateeeeeez ? Nous sommes Franz Ferdinande (sic) et nous sommes d'Ecooooooosse !". Oh, puis la set list était pas loin de la perfection, même si on peut toujours déplorer l'absence de The Fallen, Walk Away ou Eleanor, mais tout ce qui importait vraiment c'était qu'ils jouent Dark Of The Matinée, et ils l'ont fait de manière magistrale. J'ai eu une baguette à la fin d'Outsiders (ceux qui ont visionné les vidéos de Charente Libre doivent être au courant...) ce qui m'a permis d'atteindre le nirvana du live. Final basse/ batterie puis juste batterie. Grand dieu que c'était bon.

A la fin du concert je retrouve la fameuse Marie qui m'annonce qu'elle a pu interviewer Alex K pour le MDMAZING dans l'après midi. J'hésite à faire preuve de violence à son égard par pure jalousie, mais en fait elle était très sympa alors ça n'aurait pas été très correct de ma part. Précisons qu'à ce moment là ma voix s'était plus ou moins faite la malle pour de bon, et ont a jugé intelligent d'aller s'écraser au camping plutôt que d'attendre Vitalic. Dans mon souvenir on s'est livré à un concours de blagues navrantes autour d'une pizza (on était pas très nets) puis Jens a laissé un message presque pornographique sur le répondeur de Jack-Foals (on était vraiment pas très nets mais l'idée venait de Marie je crois - moi j'ai pas ce genre de numéro dans mon portable déjà -, et le but était de réconforter ce pauvre Jack qui souffre actuellement de grippe A.). Ensuite on a fini par repartir tous les trois vers les concerts (Valentin et Alicia étaient repartis plus tôt). J'avais toujours ma baguette à la main quand j'ai entendu une voix britannique s'élever juste derrière moi. Je me retourne et il y a en fait à une cinquantaine de centimètres de ma personne un Alex Kapranos véritable qui salue Marie. Je tente d'aligner mes quatre neurones encore en activité, cligne des yeux mais non, c'était bien lui. Je l'ai donc gratifié du regard du mérou perdu avant qu'il ne reprenne son chemin vers les loges. Ce genre de situation c'est quand même difficile dans l'absolu, surtout quand vous n'avait plus un contrôle total sur votre personne. Marie s'envola vers d'autres cieux (Steven Blood Red Shoes pour ne pas le citer) tandis qu'on observait du coin de l'œil Vitalic, auquel je suis demeurée absolument insensible, ça faisait essentiellement boum-boum dans mon crâne. On finira ensuite par rejoindre le camping au doux son des "apéro!" qui résonnèrent tard dans la nuit.

Le matin nous fîmes preuve d'une inefficacité remarquable, la seule chose constructive que nous ayons faite étant d'acheter des fruits pour nous donner bonne conscience. Ce genre de chose permet de bien se rendre compte de la différence entre un festival et le monde réel: le primeur du festival lui, il te lance un "whaaa cool!" en apercevant ton Tshirt The Strokes et ta mine défaite quand tu viens lui acheter une moitié de pastèque à 10h du matin. Le primeur du monde réel en général il te demande si tu veux aussi des tomates avec ça. Pas de réel besoin de s'attarder sur le restant de la journée, on était au stade larvaire et on a eu des conversations fascinantes dont on ignorait le sens. A un moment il a même été question des liens entre Harry Potter et la littérature érotique, mais je ne sais plus pourquoi. Sinon les concerts de la journée ne furent guère passionnants, à l'exception notoire de The Jim Jones Revue, grosse surprise du jour. Je ne connaissais ces messieurs que de nom mais j'ai vraiment été subjuguée par leur set. Tous au minimum quarantenaires, ils ont fait preuve d'un talent indiscutable et d'un classe folle malgré leurs accoutrements très "je suis resté bloqué à Nashville en 1954 mais je le vis bien" et leur âge avancé par rapport aux autres groupes présents au festival. En plus on sortait d'un morceau de set des Ting Tings (mega lolz d'ailleurs ces deux là), donc ça nous a redonné espoir en l'existence de voir un groupe d'une telle qualité. Cerise sur le gâteau, le chanteur ressemblait fortement à Severus Rogue. Plus tard dans la journée j'ai trouvé que faire signer mon verre GNP par John et Jehn était une excellente idée même si j'avais vu en tout et pour tout un titre et demi de leur set. Quand aux Cold War Kids, ça n'était pas bien, pourtant je les aime beaucoup ces garçons. Le fait est qu'ils sont incapables de vraiment occuper un public de festival, ce qui est quand même regrettable vu leurs capacités indéniables. Détail intéressant, c'était le troisième groupe présent à la GNP que j'avais également vu aux Eurockéennes deux années auparavant, et aucun des trois (pas même Phœnix) n'est parvenu à livrer une performance du niveau de la précédente. Question de public ? Santigold ayant annulé, nous sommes allés voir Mix Master Mike, soit le DJ des Beastie Boys. Bon moi je ne suis pas très hip hop de ma personne (what a surprise je sais) mais ce fut hautement distrayant, même si Valentin a trouvé le moyen de passablement m'assommer et qu'on a alors perdu Perroline et sa sœur. Forcément l'entendre remixer Song 2 m'a mis en joie. Après ça j'ai un peu un trou, pour résumer y'a eu le camping, des pizzas, des bières, du TV On The Radio et un set des Gossip où mon corps et mon esprit se sont livrés une terrible bataille, résultat j'étais debout mais psychologiquement déconnectée. C'était pas mal mais ça cassait pas trois pattes à un canard. Quand aux sirènes d'Etienne de Crécy, nous n'y avons eu droit que sous la tente, car c'était plus du domaine de nos capacités. Mais globalement ce fut extrêmement distrayant, donc bilan très positif/ à refaire etc ...

Bref il est tard, j'ai déjà beaucoup trop écris donc pour ce qui est de peaufiner le fond et la forme, on verra ça demain soir. Si je trouve un toit d'ici là.

6.7.09

All That You Can Do Is Watch Them Play.

Blur à Fourvière c'était l'évènement de l'année, d'où cette review d'une longueur impardonnable. J'ai agrémenté de quelques vidéos glanées sur Youtube pour rendre l'ensemble plus vivant.


Tout commence hier à Lamastre, en début d'après-midi. Orage et pluie diluvienne. Ayant prévu d'arriver à Fourvière assez tôt, le torrent traversant désormais mon jardin me plonge dans un état de perplexité avancé. Passage par météo France, risque d'averses sur Lyon estimé à 75%, c'est bien ma veine. Tant pis, on y va, au pire j'aurais l'apparence et l'odeur d'un lévrier afghan humide pendant toute la soirée, mais ça devrait être surmontable. Miracle deux heures plus tard : le soleil est radieux à Lyon, les dieux ont entendu mes prières. Je retrouve Nadège au funiculaire, et pendant la montée nous tentons de réaliser qu'on va voir Blur, ce qui n'est pas nécessairement évident. Il est un peu plus de 17h quand nous rallions le lieu du concert et il y a déjà là pas mal de gens assis par terre, équipés de sandwichs et de bières. Apparemment certains sont déjà là depuis 12h, ce qui au final nous situe assez bas sur l'échelle de l'acharnement. On s'installe et l'attente commence. Une heure plus tard les files sont déjà presque pleines alors que le concert ne commence qu'à 21h30. Des touristes japonais de passage doivent trouver le phénomène intéressant et nous mitraillent, l'air visiblement ravis. On discute avec des filles derrière nous qui ont déjà vu Blur à quatre reprises et Graham Coxon en solo autant de fois. L'un de ces moment où tu regrettes de ne pas être né quelques années plus tôt.


Finalement vers 20h, mouvement de foule et on commence à pénétrer le vénérable théâtre antique. A l'intérieur on nous tend des espèces de coussins à poignée, potentiellement utiles si on s'installe dans les gradins, mais juste encombrants en fosse. Vous verrez plus tard l'utilité réelle qu'aura ce détail. Je grappille peut être une quinzaine de places et nous dégote la localisation parfaite : pile au milieu, 2° rang derrière une fille atteignant difficilement le mètre 50. J'ai donc une vue optimale sur les moindres recoins de la scène. Joie. Très bientôt, Damon sera là à quelques mètres. Re-joie. Après que les roadies - dont le tiers porte fièrement du Fred Perry, normal on est chez Blur- aient fini de recouvrir la scène de Red Bull, de thermos de café et de bouteilles de Cristalline (oui on est désormais sobre chez Blur, ce qui n'était pas vraiment gagné sachant qu'à une époque Alex James tournait à trois bouteilles de champagne / jour), le public commence à vraiment se réveiller et les hurlements fusent un peu partout. Peu après 21h30, Alex, Graham, Damon et Dave entrent dans l'arène. Une vague de joie globale traverse la scène et le public, Damon sourit jusqu'aux oreilles et sa fameuse dent en or brille de mille feux sous les projecteurs, c'est du meilleur effet. Ce garçon est incroyable, et je jurerais qu'il a rajeuni depuis les Eurockéennes 2007 alors qu'il a tout de mêmes 41 printemps au compteur. Fidèles à eux-mêmes, Graham porte un T shirt rayé, Dave et Damon du Fred Perry. Je constate autour de moi une épidémie de sourires débiles (je m'inclue dans le lot, ça va de soit).

Le concert débute avec le single inaugural de ces messieurs, soit She's So High, et d'emblée la barre est placée très haut, mais le mieux c'est qu'ils se paient le luxe d'enchainer sur un Girls & Boys d'anthologie qui met tout le monde d'accord et voit les 4500 spectateurs présents sauter sur place comme des maniaques. Bon, les chœurs laissent un peu à désirer côté public, mais on manquait encore un peu d'échauffement. On continue sur du Parklife avec Tracy Jacks. Damon est une véritable pile électrique, mais Graham, pourtant derrière sa guitare, est presque pire, et dans ses rares moments de "calme", il nous lance son fameux regard de geek serial killer (ou peut être juste de myope à bien y réfléchir). Damon s'excuse de ne pas avoir beaucoup de voix parce qu'il a beaucoup crié à Hyde Park et pourtant on ne constate aucun problème vocal. Retour sur Leisure avec There's No Other Way, puis Jubilee et Badhead pendant lesquels on reprend un peu son souffle. Une petite guitare est ensuite apportée au chanteur, qui échange avec son guitariste des regards qui semblent vouloir dire "la tienne est plus grosse que la mienne !". Ces deux là doivent avoir 12 ans d'âge mental cumulé, et ça fait extrêmement plaisir à voir. Premiers accords de Beetlebum, et début d'un véritable moment de communion où presque tout le monde semble reprendre les paroles. C'est assez indescriptible, et c'était seulement e premier moment de la sorte d'une série assez considérable, car chez Blur, le tube éternel se débite au kilomètre. Enchainement sur Out Of Time, qui sera le seul morceau de Think Tank de la soirée. Moment un peu particulier car Graham n'avait participé qu'à un seul titre de cet album (le magnifique Battery In Your Leg) avant de quitter les rangs du groupe. Out Of Time s'était donc faite sans lui, et le fait qu'il la joue à présent est donc hautement symbolique.


Vient l'immense Trimm Trab, chanson en forme de long crescendo vers l'extase totale. Vers la fin, Graham est plus déchainé que jamais, se roule par terre, fait le poirier (véridique !) tout en continuant à jouer. Ce mec est un monument. Alex se livre à une petite danse étrange tandis que Damon saute partout en arrosant abondamment les premiers rangs, manifestement son sport favori, non pas qu'on s'en plaigne vu la température ambiante. Puis à un moment il retire rageusement la chaine qu'il portait autour du cou. Pressentiment : il va venir au contact et a peut être peur de se faire étrangler. Ce qui se produit est encore mieux : il prend son élan, saute au dessus de la sécurité et plonge carrément dans le public. J'avais déjà vu des chanteurs se livrer à du stage diving, mais jamais de manière aussi impressionnante. Ses camarades sont hilares, et dans le public c'est la liesse totale même si Damon ne tarde pas à se faire arracher des bras de ses admirateurs par la peau des fesses. On fini par se calmer un peu puis vient LA chanson de Graham : Coffee & TV. Nouveau grand moment, le public maitrise à présent parfaitement l'art de l'unisson. Pas loin derrière moi quelqu'un agite une parfaite petite réplique de Milky, la brique de lait emblématique du quatuor, qui finira sa course aux pieds d'un Damon qui en fera l'offrande à un Graham ravi de cette attention. Elle trônera fièrement sur son ampli jusqu'à la fin du show. Puis Tender, peut être le moment le plus poignant de toute la soirée. Absolument tout le monde reprend les "Oh My Baby" du refrain, c'est beau à en pleurer, on plane à 5000 en on aimerait que ça ne finisse jamais. La chanson s'étire en longueur, et ensuite on pourrait penser qu'il allait nous laisser quelques instants pour redescendre un peu, mais que nenni : Country House !

LE titre qui leur avait permis de remporter en 95 la guerre des singles face à Oasis, à l'apogée de la guerre britpop. Leur capacité à empiler grands moments sur grands moments est tout simplement renversante, ce qui n'est pas franchement étonnant avec un tel répertoire à leur disposition. Damon replonge dans le public. Ils enchainent avec un triptyque Modern Life Is Rubbish du meilleur effet : Oily Water, Chemical World et Sunday Sunday, où l'on notera un beau moment d'autisme/mégaphone chez l'ami Albarn qui a fait la toupie. Y'a aussi un moment où Damon nous a demandé de dire bonjour à la lune, pas compris. Il s'est également excusé de ne pas maitriser notre langue et a tendu le micro à Alex, fromager le plus sexy de l'histoire du fromage, qui lui parle Français et s'est fendu d'un "J'ai rien à dire parce que je suis content!". Merci Alex pour cette intervention pertinente. Vient le méga-tube Parklife. Pas de Phil Daniels pour scander les paroles contrairement aux grosses dates anglaise, mais un Damon qui assure tout de bout en bout, et bien sûr nous pour gueuler "Aaaaaall The People, So Maaaanyyyy People" dans la joie et la bonne humeur. Et là, ô bonheur, Damon descend et vient grimper devant nous. Je lui ai serré la main, tout est dit, je pense ne plus jamais la laver. On se calme un peu sur End Of a Century et To The End qui suivent, puis ils jouent cette pépite qu'est This Is A Low, surement une de leur plus belles chansons. Nouveau sommet, tu te retrouves complètement bouffé par la musique. Puis ils quittent la scène, et les cris de détresse fusent de partout car bien évidemment on en veut plus, et tout de suite.


Premier rappel, Popscene, Advert et Song 2, grand moment de violence globale. C'est la chanson de Blur que tout le monde a déjà entendu, le tube définitif que tout le monde connait, mon meilleur score sur Singstar - ok, hors-sujet -, bref le moment que tout le monde attendait même s'il y aura toujours des snobs pour dire que "Blur, c'est pas ça". En même temps Blur c'est un groupe qui s'est renouvelé et a innové à chaque album, contrairement à certains fameux concurrents (suivez mon regard), donc décréter que Song 2 ça n'est pas Blur, c'est un peu du crétinisme. Revenons-en au concert : il vous faut à tout prix voir cette vidéo pour comprendre ce qui s'est passé. Vous vous rappelez des coussins distribué au début ? C'est là qu'ils ont trouvé leur utilité réelle. Quelques-uns avaient déjà fusé avant ce moment, mais c'était un phénomène très marginal. Et là soudainement des dizaines se sont mis à voler dans tous les sens, finissant forcément par atterrir sur la scène pendant que le groupe jouait. Apparemment ils ont adoré cette manifestation d'allégresse : Damon ( à nouveau 7 ans d'âge mental) est allé taper sur l'épaule de Graham pour qu'il admire le spectacle avec lui. Je me suis retournée et c'était vraiment impressionnant, l'anarchie totale : les gens se levaient un à un dans les tribunes et balançaient leur coussin, il en venait de partout. Le groupe, complètement hilare, a quitté la scène à la fin du titre, ce qui n'a fait qu'intensifier la pluie de coussins. Les roadies ont vaguement tenté de les rassembler pour dégager un peu la scène (le sol était entièrement recouvert!), mais c'était peine perdue, un coussin ramassé = trois autres qui venaient le remplacer.

Alex fut le premier à revenir, il s'est allongé sur le devant de la scène le temps de finir sa cigarette, avant de participer à ce qui avait dégénéré en une véritable bataille de polochon, avec les 4 membres du groupe nous balançant joyeusement les coussins. Puis ils ont recommencé à jouer et on a fini par reprendre notre sérieux, car c'était quand même Death Of a Party. Etant donné que ça doit être ma préférée, et que je commençais à douter qu'ils la fassent, il y avait de l'émotion... comme pendant tout le reste du concert, certes. Vint ensuite For Tomorrow et ses "La-la-lalala" fédérateurs, et enfin l'ultime titre de la soirée : The Universal. Je vois difficilement comment ils auraient pu mieux conclure. Celle là, c'est mes 14 ans, époque bénie où je découvrais le groupe en regardant en boucle leur clip sur Youtube, en admiration totale devant ces 4 mecs vêtus de blanc. Et là, quelques années plus tard ils jouaient cette même chanson à quelques mètres de moi, l'impression est étrange. Après plus de deux heures de concerts ils sont repartis comme ils étaient arrivés, le sourire aux lèvres, juste un peu plus humides. Mon dieu que c'était beau. La perfection version concert en fait.

(n'ayant pas encore trouvé de photos valables du concert d'hier, celles illustrant l'article pour l'instant viennent du second soir du groupe à Hyde Park)

PS : Encore merci à Juliette G. sans qui tout cela n'aurait pas été possible. Oui c'est un poil mélodramatique mais on s'en fout.