20.12.09

So Hot It Feels Like The Devil's Breath

Il s'est passé beaucoup de choses ces trois dernières semaines. Après avoir mis quelques jours à me remettre du somptueux concert de Grizzly Bear, j'ai eu le plaisir de voir Peter Von Poehl en session acoustique au sein même de la cafétaria de Sciences Po et d'échanger quelques mots avec lui. Nous avons eu droit à Going To Where The Tea Trees Are, Story Of The Impossible ainsi qu'à une nouvelle chanson disponible sur l'édition Britannique de May Day, qui si je ne me trompe pas se nomme 28 Paradise. Après ça j'ai eu une poignée de jours de pseudo-répit avant d'aller voir les Horrors pour la troisième fois de l'année. Oui, je me suis sentie obligée, et de toute façon vu l'état de mes finances je ne suis plus à un concert près, j'ai préféré opter pour l'option grève de la faim forcée. Au rythme où vont les choses dans 3 mois j'aurai la silouhette de Coffin Joe, même si je dispose encore d'une sacrée marge. Ces messieurs furent égaux à eux-même et ont livré un excellent concert, avec encore une fois tout Primary Colours (sauf Do You Remember), plus en rappel Count In Fives, Gloves, Sheena Is A Parasite ainsi qu'une reprise de Suicide dont le nom m'échappe. Au passage je vous conseille vivement d'aller lire l'interview de Rhys Webb sur TEAzine, à cette adresse. C'est fort intéressant et plutôt complet. Puis tout le monde aime Rhys, c'est comme Peter Von Poehl un jeune homme charmant et agréable dont on peut difficilement se passer - et si vous avez l'impression que ces derniers temps tout le monde est "adorable" sur mon blog, (à part peut être Jay Reatard), vous avez raison. Je traverse une période de plénitude musicale absolue et il me faut le retranscrire à l'écrit, c'est pas auprès de mes camarades de classe que je vais pouvoir m'épandre en considérations niaiseuses sur le merveilleux monde de l'indie-rock, ils sont pas vraiment très rock'n'roll de leur personne. Bref Horrors très bien, mais la première partie, soit Factory Floor, est vraiment à éviter. Non seulement leur musique est plutôt dénuée d'originalité, mais en plus ils maltraitent des archets innocents et ont un sens du style tout à fait douteux. J'ai pu rencontrer tout le groupe après le concert, ils étaient tous sans exception très sympathiques. Un dernier mot sur les Horreurs: devenir chirurgien et/ou étudier les maths constitue selon Joshua Third le summum du cool. Vous êtes prévenu, si vous le rencontrez, parlez sciences, vous ferez un heureux.


Ensuite je me suis retrouvée en fin de semaine à assister au concert de Them Crooked Vultures aux studios 104 de Canal+. 90% des quelques dizaines de places étaient réservées à la presse mais grâce à Anthony j'ai pu assister gratuitement à 1h30 de Josh Homme, Dave Grohl et John Paul Jones. Impressionnant quand même. Histoire de continuer sur ma lancée, je suis allée voir lundi soir les forts doués Neon Indian à l'Espace B. Ils jouaient avec Slaraffenland, un groupe Danois qui aime les plantes et les fleurs et en dispose une quantité effrayante sur scène. Configuration plutôt intimiste, on devait même pas être une centaine dans la salle, ce qui est plutôt appréciable, et le son était vraiment bon. C'était leur premier concert en France et ils ont joué à peu près tout Psychic Chasms, leur excellent debut album. Si l'album ne vous a pas entièrement convaincu de leur potentiel, je vous conseille malgré tout de les voir en concert. En effet, la boîte à rythmes est remplacée par un authentique batteur, ce qui fait une réelle différence. Je ne vous cacherez pas que le leader Alan Palomo possède de plus un jeu de jambes assez intéressant, et que le guitariste arbore tout simplement un des looks les plus fascinants qu'il m'est été donné d'observer au cours de mon existence. Il existe hélas assez peu de photos pouvant en témoigner, mais celle là pourra vous donner une idée. Puis il prend de superbes poses un peu hair metal. Bref ils ont de l'avenir. Et Slaraffenland c'était aussi sympa, je ne connaissais pas du tout mais agréable découverte.

Je divague mais avec tout ça je n'ai toujours pas abordé le moment capital de ces derniers jours. Vous vous en doutez, je parle bien du concert de Dieu Julian Casablancas au Bataclan. Cela va sans dire, c'était merveilleux malgré un son vraiment limite sur certains titres, mais de toute façon on s'en fout, Julian était de manière assez peu étonnante irréprochable, plutôt bavard et heureux d'être là, ce qui s'est traduit concrètement par un "je viens me faire tripoter par les premiers rangs pendant River Of Brakelights". De plus Neon Indian a assuré la première partie, j'étais donc absolument comblée même si j'avais un peu l'impression d'être la seule secouer le crâne nerveusement sur Deadbeat Summer. Pour résumer, j'étais un peu en état de choc pendant 50 minutes, coincée avec l'expression faciale du gamin de 4 ans qui ouvre ses paquets le matin du 25 décembre. Au niveau de la set-list, tout Phrazes For The Young - Tourist + un nouveau titre + le titre bonus 30 Minutes Boyfriend + I'll Try Anything Once, la fameuse démo de You Only Live Once. Plutôt court mais très intense, Strokien dans le sens où rien ne dépasse et tout coulait naturellement. Bonheur global. Fin du concert. Nous avions dans la journée sympathisé avec un gars de la sécurité, grâce auquel j'avais pu voir 5 minutes des balances parce que je m'étais mise à lui raconter que les Strokes c'était un peu ma vie. Déjà quand tu te retrouve seul public dans le Bataclan face à Julian et ses gars qui répètent, tu te sens spécial. Le gars revient vers nous (nous = Salomé, Lauriane et moi), et nous dis de rester sur le côté à la fin du concert, pour voir si éventuellement il peut nous faire rentrer backstage. Je précise que nous n'avions rien demandé, j'adore Julian mais ça n'aurait pas été pour moi une raison suffisante pour tout tenter pour le rencontrer. On y croit pas trop mais on le remercie de sa sympathie, on attend sur la côté avec pas mal d'autres personnes mais en gros on s'est fait éconduire par la sécurité.


Du coup direction le stand des Tshirts, mais à mi-chemin notre ami vigile nous rappelle et nous fait signe que finalement c'est bon. Je ne vous cache pas que là j'ai vraiment été prise de court, parce que je n'avais vraiment pas prévu de me retrouver backstage avec Julian Casablancas. On s'est fait escorter sous des regards envieux (je comprends) avant de se retrouver quelques instants plus tard dans la loge principale où on trouvait sous une épaisse couche de fumée tous les musiciens du Sick Six, soit le groupe de tournée de Julian, ainsi que les 3/4 de Neon Indian et un groupe de VIP dont aucun ne semblait de nationalité française. En gros on ne savait pas trop où se mettre dans ce joyeux ensemble. Le groupe a alors décidé de se diriger vers le Pop In pour la suite et la soirée, mais nous avons refusé poliment l'invitation, après tout on était quand même là pour Julian et tout ce qu'on savait à ce moment là c'était qu'il prenait une douche en haut et que sa femme très enceinte (Juliet, ah.) était là. Ajoutez à ça sa sobriété, vous n'obtenez pas vraiment le profil type du chanteur qui va se précipiter sur l'after. On attend donc sagement dans la loge en picorant deux-trois chocolats, à peu près incapable de tenir en place. Le manager nous salue et nous donne des setlists. En haut on entend LA voix. La voix finie par descendre à un moment où on ne s'y attendait plus pour récupérer un Fanta dans le frigo. Julian Casablancas est là et nous observe avec un grand sourire. Nous étions 6 fans dans la loge et personne n'est parvenu à articuler quelque chose de plus construit que "Hi!". Il nous déclare "Okey dokey, see you later guys!". Grand silence. On se regarde. La pièce venait d'être engloutie par une vague de charisme brut. Un quart d'heure plus tard il redescend, et là je ne sais plus trop comment ça s'est passé mais en moins de deux, j'étais devant lui à lui parler. Parler à Julian Casablancas. C'est pas le genre de choses qui étaient supposées arriver dans ma vie, c'était pas du domaine du concevable. Toujours est il que comme personne d'autre n'osait dire un mot, j'ai fait de mon mieux.


"They say you should never meet your heroes", mais en fait non. Je ne m'étendrai pas sur ce qu'on s'est raconté, mais pour faire court Julian a été d'une gentillesse incommensurable. Je ne veux vraiment pas rentrer dans les détails ici, ça va juste faire pré-pubère, ce gars représente beaucoup trop de choses pour moi. Ca fait bientôt deux semaines que cette rencontre du troisième type a eu lieu et je n'ai toujours pas réalisé. Je ne sais pas comment je suis parvenue à tenir une conversation dans un anglais correct avec cet homme, je ne sais pas comment je suis parvenue à lui parler tout court. 5/10 minutes en sa compagnie, ça peut paraître court mais c'est indescriptible. Je lui ai dis merci.

Après ça ma vie s'est retrouvée plongée dans un espèce de tourbillon à base de sales notes, d'alcool, de lassitude et de manque de sommeil. Je me suis retrouvée à la Flèche d'Or entrain d'expliquer à Steven Blood Red Shoes qu'il avait des cheveux magnifiques, chose que je n'ai su que le lendemain grâce à un compte rendu de mes exploits éthyliques par mes amies, puis le weekend on a "interviewé" Wavves au Point Ephémère avec Marie-MDMAZING, et c'était la définition même de "n'importe quoi". Il a été question de viol, de Bikers Lyonnais sexuellement déviants, d'opossum obèse de San Diego et pour finir d'oeufs frits. Le tout s'est terminé dans une loge à observer ces messieurs fumer de la weed dans des bongs de fortune faits de canettes de Kro, en regardant des interviews des Bee Gees. Une sorte de gradation vers le chaos. Le lendemain j'ai vu Paul Banks/ Julian Plenti à l'Alhambra, assise au sol sur le balcon et des étoiles dans les yeux, ce qui m'a réconcilié avec l'existence le temps d'une soirée, puis le jour d'après j'ai enchaîné avec un Bataclan à l'affiche assez somptueuse: Wintersleep/ Maccabees/ Editors. C'était assez grandiose, les derniers ont joué pas loin de 2h, et le dernier album rend beaucoup mieux en live que ce à quoi je m'attendais. Puis j'ai été déconnectée de la vie quelques jours. Et là je suis rentrée chez moi pour les vacances.


Je ne sais pas trop ce que me réserve la suite, mais je m'en fous, j'ai rencontré Dieu.

Les photos viennent de là.

3.12.09

Shuffling Your Feet Into The Next Dimension.


J'ai un amour profond pour les tops de fin d'année et leur côté un peu rituel et forcé. Donc cette année, comme je me sentais d'humeur à compter des chiffres, je vais reprendre le même concept audacieux qu'il y a deux ans et vous faire voter: comme la dernière fois, vous sélectionnez 5 albums que vous classez par ordre de préférence, le premier remportant 5 points, le deuxième 4, etc ... et le cinquième 1. Bref vous avez compris le principe.

Encore une fois, la liste étant bien loin d'être exhaustive, n'hésitez pas à me signaler les oublis les plus dramatiques et à les mettre dans vos tops. Pour info je prends en compte les dates de sortie françaises, quand sortie française il y a eu. L'ensemble peut paraître semi-sectaire mais je ne vais pas me sentir contractuellement obligée de coller Beyoncé en première place pour prouver mon ouverture d'esprit. J'aime les guitares, point. Vous avez jusqu'au 31 décembre pour voter !

1990s - Kicks

A Place To Bury Strangers - Exploding Head

Air - Love 2

Amazing Baby - Rewild

Animal Collective - Merriweather Post Pavilion

Arctic Monkeys - Humbug

Atlas Sound - Logos

Au Revoir Simone - Still Night, Still Light

Bad Veins - S/T

Bat For Lashes - Two Suns

Bear In Heaven - Beast Rest Forth Mouth

Ben Kweller - Changing Horses

Benjamin Biolay - La Superbe

Bill Callahan - Sometimes I Wish I Were An Eagle

Black Lips - 200 Million Thousand

Bombay Bicyle Club - I Had The Blues But I Shook Them Loose

Bonaparte - Too Much

Brendan Benson - My Old, Familiar Friend

Calvin Harris - Ready For The Weekend

Camera Obscura - My Maudlin Career

Coconut Records - Davy

Coming Soon - Ghost Train Tragedy

Cryptacize - Mythomania

Dan Black - Un

Dananananaykroyd - Hey Everyone!

Deleted Scenes - Birdseet Shirt

Devendra Banhart - What Will We Be

Dinosaur Jr - Farm

Dirty Projectors - Bitte Orca

Discovery - LP

Editors - In This Light And On This Evening

Fever Ray - S/T

Florence + The Machine - Lungs

Franz Ferdinand - Tonight

Fuck Buttons - Tarot Sport

Ghinzu - Mirror Mirror

Girls - S/T

Golden Silvers - True Romance

Gossip - Music For Men

Grizzly Bear - Veckatimest

Harlem Shakes - Technicolor Health

Hatcham Social - You Dig The Tunnel

Health - Get Color

Hockey - Mind Chaos

Islands - Vapours

Jamie T - Kings & Queens

Jarvis Cocker - Further Complications

Jay-Jay Johanson - Self Portrait

Jay Reatard - Watch Me Fall

Jeremy Jay - Slow Dance

John Frusciante - The Empyrean

Julian Casablancas - Phrazes For The Young

Julian Plenti - ... Is Skyscraper

Kasabian - The West Rider Pauper Lunatic Asylum

Kid Cudi - Man On The Moon: The End Of Day

Kings Of Convenience - Declaration Of Dependance

La Roux - S/T

Loney, Dear - Dear John

Lotus Plaza - The Floodlight Collective

Mando Diao - Give Me Fire

Manic Street Preachers - Journal For Plague Lovers

Maxïmo Park - Quicken The Heart

Mew - No More Stories Are Told Today, I'm Sorry, They Washed Away

Micachu & The Shapes - Jewellery

Monsters of Folk - S/T

Mumford & Sons - Sigh No More

Naïve New Beaters - Wallace

Neon Indian - Psychic Chasms

Nickel Eye - The Time Of The Assassins

Noah & The Whale - The First Days Of Spring

Nurses - Apple's Acre

Passion Pit - Manners

Patrick Watson - Wooden Arms

Patrick Wolf - The Bachelor

Peaches - I Feel Cream

Peter Bjorn And John - Living Thing

Peter Doherty - Grace/ Wastelands

Peter Von Poehl - May Day

Phoenix - Wolfgang Amadeus Phoenix

Ramona Falls - Intuit

Real Estate - S/T

Regina Spektor - Far

Röyksopp - Junior

Say Hi - Oohs & Aahs

Smith Westerns - S/T

Soap & Skin - Lovetune For Vacuum

Sonic Youth - The Eternal

Surfer Blood - Astrocoast

The Big Pink - A Brief History Of Love

The Cribs - Ignore The Ignorant

The Dead Weather - Horehound

The Dodos - Time To Die

The Drums - S/T EP

The Flaming Lips - Embryonic

The Horrors - Primary Colours

The Joy Formidable - A Ballon Called Moaning

The Maccabees - Wall Of Arms

The Mars Volta - Octahedron

The Mountain Goats - The Life Of The World To Come

The Noisettes - Wild Young Heart

The Pains Of Being Pure At Heart - S/T

The Rakes - Klang

The Strange Boys - And Girls Club

The XX - XX

Them Crooked Vultures - S/T

Volcano Choir - Unmap

Wavves - Wavvves

Weezer - Raditude

White Lies - To Lose My Life

Why? - Eskimo Snow

Wild Beasts - Two Dancers

Wolfmother - Cosmic Egg

Yeah Yeah Yeahs - It's Blitz!



26.11.09

I'm Shooting Them Myself, I Should Have Made It Matter.

Si vous étiez sur place, vous savez déjà que ce concert a failli ne pas avoir lieu. En effet, après avoir été victime d'un accident de bus il y a un peu plus d'une semaine aux alentours de Munich, les GB ont cette fois ci été lâchés par leur boîte de vitesse entre Amsterdam et Paris. Arrivés sur place assez tôt avec des amis, nous avons pu suivre toutes les étapes du "viendra/viendra pas" et je peux vous assurer que c'était psychologiquement difficile, car dire que j'attendais ce concert avec impatience serait un sacré understatement. Un gars du staff visiblement peu renseigné sur le concert qui devait avoir lieu vient coller une affiche "Julian Casablancas: suite à un gros problème de transport, les portes ouvriront tard, très tard!!!". Forcément gros WTF dans nos rangs, parce que Julian n'était pas vraiment programmé ce soir là. Donc belle organisation. On a obtenu au compte-goûtes des informations souvent contradictoires, de type "avec le couvre feu s'ils arrivent trop tard pas de concert", ou "y'aura un concert mais pas de 1° partie" et finalement on apprend que "s'ils arrivent, ça sera entre 19h30 et 20h. Enfin s'ils arrivent". Bon. On prend notre mal en patience, on fait des interprétations a cappela de Knife et fait des cercles de prières - ok j'exagère peut être. Le pire pour nos nerfs c'est qu'à Pigalle y'a des bus de touristes qui passent toutes les 5 minutes, donc à chaque fois tu ne peux t'empêcher d'espérer que ça soit le bon. Et c'était dur.


78 autocars remplis de japonais plus tard, c'est le bon. On aperçoit d'abord Ed Droste, rapidement suivi par le reste du groupe. On notera que Daniel Rossen a véritablement une taille de hobbit. On sent le groupe nerveux et on les observe attentivement déballer leur matériel en 4° vitesse. Il est déjà plus de 20h, mais gros soulagement. On continue à patienter en collant nos oreilles aux portes vitrées de la Cigale, afin de tenter d'identifier quelles chansons ils sont entrain de répéter, ce qui nous a valu quelques regards interrogateurs. On a fini par rentrer dans la salle peu après 21h, et finalement nous avons eu la bonne surprise de constater que Saint Vincent allait quand même (un peu) jouer. Set très court (4 titres seulement) mais de qualité. Déjà de gros applaudissements, on sent le public gonflé à bloc. Elle laisse rapidement la place, j'en profite pour geeker deux minutes histoire de m'occuper et apprend que la date du lendemain, qui devait avoir lieu à Cracovie, a été annulée. On est vraiment pas passé loin du non-concert. Finalement les 4 garçons arrivent sur scène pour régler une dernière fois leurs instruments, et là tonnerre d'applaudissements avant même qu'ils aient joué une seule note. Résultat: festival de sourires reconnaissants sur scène, et salle complètement aux anges. J'étais pour ma part juste devant Chris Taylor, donc éviter la niaiserie ne faisait même pas partie du programme. Beaucoup trop de bonheur avant même la première chanson, le groupe semblait rassuré face l'accueil extrêmement chaleureux qu'ils ont reçu. Ils remercient chaudement et lancent Southern Point.


La première chose qui frappe, c'est à quel point tout est bien réglé et parfaitement maîtrisé, alors même qu'ils n'avaient eu que quelques dizaines de minutes pour s'installer. Sur la scène d'un concert de Grizzly Bear il y a une sacrée quantité de câbles, de pédales d'effets et de pots à confiture lumineux, et brancher tout ceci ne doit pas être une mince affaire. Soulagement à l'issue de cette entrée en matière magistrale, on a vraiment affaire à des professionnels. Comme il n'y a vraiment pas de temps à perdre avec ce fichu couvre feu, ils reprennent tout de suite sur Cheerleader, partie intégrante de mon top 3 Veckatimest et encore plus splendide en live. Grizzly Bear c'est déjà transcendant sur disque, mais en live c'est carrément une nouvelle dimension. La proximité avec le groupe y est pour beaucoup, en fait on les entendait même respirer de notre place, et les choeurs et autres harmonies vocales ne s'en trouvaient que magnifiés. Tout s'enchaîne avec fluidité ("No time for chit-chat!" - Ed Droste), Lullabye, Little Brother et puis grosse claque: Knife. La chanson ultime par excellence, j'ai failli défaillir de bonheur quand Chris Taylor a ouvert la bouche pour faire les who-oo-who-oo-oooo introductifs (ce qui n'a d'ailleurs pas manqué de le faire bien rire, je vous le répète, cet homme est la chose la plus adorable qui soit sur Terre). Puis problème technique quand Ed commence sa partie de guitare (seul et unique couac de la soirée d'ailleurs) et ils sont obligés de reprendre, mais ça se fait dans la joie et la bonne humeur. Et là il n'existe pas de mots pour décrire ce qui s'est passé, la sensation de plénitude qu'on a ressenti pendant qu'ils jouaient. Je ne crois pas avoir déjà vécu un tel moment de grâce en live, et pourtant j'ai récemment calculé, j'ai vu environ 68 groupes différents en concert sur ces 3/4 dernières années. Un Fine For Now et quelques louanges plus loin, arrivée d'une invitée surprise ...


Quelques uns avaient secrètement espéré une venue de Victoria Legrand pour un Slow Life (merci Twilight) ou un Two Weeks, mais c'est Feist, très grande amie du groupe, qui fait son entrée. Elle avait repris Service Bell avec Grizzly Bear pour la merveilleuse compilation Dark Was The Night, donnant au passage une nouvelle vie à cette perle extraite de Horn Of Plenty. Visiblement elle est actuellement entrain d'enregistrer un nouvel album à Paris. Encore une fois c'était magnifique, puis je ne me tarirai jamais d'éloges sur les vocalises de Chris T. Elles se contentent de te transpercer le coeur, et toi tu es condamné à observer ça avec émerveillement. Feist reste sur scène pour Two Weeks, où elle reprend les parties de Victoria. Plus que jamais, la Cigale est aux anges, mais nous étions loin d'être au bout de nos peines, puisque Chris se met à émettre des sons fort étranges de son côté de scène. Dans un premier temps impossible de reconnaître la chanson, et ce n'est que lorsque Ed se met à chanter que je comprends que nous avons affaire à une réorchestration de Colorado. C'était juste poignant. Vient Ready, Able qui n'améliore pas vraiment notre situation (j'en profite pour préciser que les yeux étaient humides dans les premiers rangs, et pas que les miens - Samia, Julie vous vous reconnaîtrez). I Live With You et retour des mouchoirs sur Foreground. Ce qui était vraiment particulier, c'est qu'on passait vraiment du rire aux larmes en un instant. Les deux partis, public et musiciens, avaient tout deux été passablement stressés par la quasi-annulation. Ajoutez à ça le fait que Grizzly Bear n'avait pas joué à Paris depuis près de 3 ans, et vous obtenez un des meilleurs publics auquel j'ai eu affaire. L'attente a rendu la "délivrance" encore plus parfaite. Résultat les acclamations étaient telles qu'ils arrivaient pas à en placer une entre deux chansons. Puis j'ai oublié de préciser que j'avais glissé un petit message à l'adresse de Ed pour l'inciter à reprendre son twitter (@EdwardDroste #missyou). Ce qui avait également beaucoup fait rire Chris T. Oui c'était ma soirée "connivence avec Chris". Je l'aime ce garçon, il est trop talentueux pour être honnête.


On arrive à la fin, et pendant While You Wait For The Others le sol de la Cigale a rebondi. C'était vraiment particulier. On a Neck, On a Spit, au revoir et surtout merci. Plus belle standing ovation de l'histoire et retour du groupe alors qu'on vient d'atteindre l'heure du couvre feu. Heureusement pour nous c'est une authentique bande de rebelles les Grizzly Bear, et ils ne peuvent s'empêcher de venir nous jouer He Hit Me. Conclusion parfaite à cette soirée, parce que pour résumer, "They hit us and it felt like a kiss."
And we knew we loved them.

11.11.09

I Sing About My Loneliness And In Return They Thank Me

Mon article Strokien attendra, encore. En fait la tâche est beaucoup plus ardue que prévu, j'ai déjà 6 pages rédigées et je n'arrive toujours pas à en venir aux faits, donc je pense qu'il va falloir que je repense ma méthodologie. En plus je suis supposée écrire un essay de 3000 mots pour mon cours d'Anglais sur le lien entre les Strokes et New York pour vendredi (vive les sujets libres), et je ne sais pas trop où je vais trouver le temps de m'adonner à cette joyeuse activité sachant que là j'ai aussi les contestations du régime au Royaume Uni qui me font de l'oeil. C'est quand même terrible parce que l'Anglais est aujourd'hui la dernière matière dans laquelle je parviens à limiter les dégâts, (avec les maths, ironie du sort) et on est même pas notés en Anglais. Va savoir comment je vais avoir mon année tiens. Bon sûrement pas en préférant mon blog à mes e-cours de micro, mais nevermind. Fin de la parenthèse scolaire qui n'intéresse personne. Je pense que j'aurais vraiment du abandonner toutes velléités d'études sérieuses et rentables et plutôt choisir partir à Liverpool faire cette licence Beatles dont on a tant parlé l'année dernière. Ca aurait probablement été plus constructif et moins douloureux pour ma santé mentale.


Les Friendly Fires au Trabendo c'était très sympathique mais je ne m'attarderai pas sur la question, ça serait dépourvu d'intérêt. Figurez-vous que je suis au coeur d'une désintox de 3 semaines. 3 semaines sans concerts, jusque là je tiens, plus que 9 jours avant Grizzly Bear et ça sera dans la poche. Le seul problème c'est que demain y'a Lotus Plaza à Paris, soit le projet solo de Lockett Pundt de Deerhunter, et que ça ne coûte que 10 euros, soit une misère vu le cours local du concert. Je vous recommande d'ailleurs chaudement The Floodlight Collective, jusqu'ici seul et unique album de Lotus Plaza: si vous aimez Deerhunter et l'acide, ça devrait normalement vous plaire. Même si vous aimez pas l'acide d'ailleurs. Pour continuer dans la catégorie recommandation, si ça n'est pas déjà fait, jetez une oreille à Teitur, dont j'avais posté un titre dans l'article précédent. Ce talentueux jeune homme vient des îles Féroé, localisation géographique quand même sacrément plus exotique dans le monde de la musique que Londres ou Brooklyn (au hasard). Il réalise une indie pop un peu folk très plaisante, qui peut parfois évoquer Beirut. Visiblement c'est loin d'être un inconnu puisqu'il affiche quand même plus d'un million et demi d'écoutes sur Lastfm, mais j'étais pour ma part totalement passée à côté de son existence. Bref c'est très joli, faites vous plaisir. Je me demande d'ailleurs si un exil aux îles Féroé ne serait pas la solution à mes problèmes: c'est sauvage, y'a personne, de la pluie et des moutons. En gros ça s'approche pas mal de ma vision personnelle du paradis quand on y réfléchis bien.


Ensuite nous avons aujourd'hui Surfer Blood. J'ai téléchargé l'album en trainant sur un mp3 blog franchement bizarre, car le nom m'a inspiré, puis y'a un requin en mosaïque sur la pochette, ce qui est objectivement doublement cool. Ca sonne joyeusement Californien des plages même s'ils sont de Floride, c'est certes loin d'être inoubliable mais on ne peut pas non plus passer toute sa vie à écouter Grizzly Bear (quoi que). J'avais aussi envie de rajouter un titre de Robbie à l'ensemble, juste pour prouver que je demeurerai fidèle à mes convictions jusqu'au bout, mais tout ce que je gagnerai c'est un article supprimé par Google pour avoir enfreint les lois les plus basiques du copyright. Comme il a d'important moyens financiers ses sbires peuvent se permettre de mener une chasse aux pirates efficace. Mais je tenais à dire que j'ai tout de même acheté l'édition collector de Reality Killed The Video Star le jour de sa sortie. Paye ton sentimentalisme à deux balles. Ce sera tout pour aujourd'hui, je m'en retourne à présent à mes projets d'exil dans les mers du Nord.

Surfer Blood - Floating Vibes
Surfer Blood - Slow Jabroni
Lotus Palza - Red Oak Way

29.10.09

Under Your Tweeds You Sweat Like A Teenager

Oui finalement je suis prévisible donc review. Non non ne fuyez pas tout de suite, cette fois ci ça n'est pas de l'ultra review chanson par chanson avec mention de chaque détail capital (exemple "chanson 5, +2 minutes 13 : Ezra attrape une bière et fait un sourire à Rostam avant d'attraper un nouveau médiator"). Non non. J'y ai bien réfléchis et je crois que je ne parviendrai plus à atteindre ma référence personnelle en matière d'ultra review, soit Damon, Graham & co cet été, donc je vais arrêter de m'obstiner pendant un certain temps, et on sera tous content. Je vais -un peu- abréger, parce que je ne peux pas non plus complètement m'empêcher de narrer mes derniers concerts en date. Il faut dire que les dernières semaines furent passablement remplies (traduire: "je n'ai pu consacrer que la moitié de mon temps à Friday Night Lights"). J'ai commencé par un petit enregistrement fort sympathique de l'album de la semaine avec ces très chers Wolfmother, pour me consoler de ne pas avoir pu assister à leur performance au Trabendo la semaine précédente, et ces messieurs nous ont au passage gratifié d'une fabuleuse reprise de Wuthering Heights de Kate Bush, le genre de choses qui vous poussent un peu à vouloir épouser Andrew Stockdale, son amour du vin rouge et sa merveilleuse afro sur le champ. 

Egalement  à signaler un passage par le concert événement de Vampire Weekend au nouveau Casino, annoncé deux semaines avant et qui s'était tranquillement rempli pendant que je végétais en micro-économie (cette matière est une plaie), car évidemment j'avais mal noté la date de mise en vente des places et ces dernières s'étaient vendues comme des petits pains sur la journée. Par chance j'ai obtenu un précieux ticket à la dernière minute et ai donc eu l'immense plaisir d'admirer les américains de très près en pleine nuit. J'ai déjà du le mentionner dans l'article sur Rock en Seine, mais toujours est il que leur nouveaux titres sont vraiment très bons et laissent entrevoir un excellent album pour Janvier prochain. Vous avez tous je l'espère écouté Horchata, leur fort plaisant single téléchargeable gratuitement sur leur site officiel, et qui n'est qu'une petite partie de l'iceberg Contra. Cousins, Holiday, Run et California English sont tous des titres de très bonne facture, et le premier sera d'ailleurs le prochain single du groupe. Les mocassins et les chemises bien repassées ont donc encore de beaux jours devant eux.

 

Ensuite j'étais hier soir supposée voir Jay Reatard à la Maroquinerie. Il faut rappeler qu'en ce mercredi 28 le Parisien amateur de rock avait le choix entre les Dead Weather à l'Olympia, White Lies et Darker My Love à l'Elysée Montmartre et Jay Reatard à la Maroquinerie. J'avais rapidement écarté la première possibilité, parce que hors de prix et public probablement navrant: pour faire simple en ce moment je n'aime vraiment pas Alison Mosshart, son imagerie et les fans assortis, surtout leur version parisienne. Bref. Après longue réflexion, mon choix se porte sur l'Américain à problèmes, parce qu'un concert de Jay Reatard ça promet d'être forcément crade, chaotique et parfumé à la vodka, donc parfait, alors que pour ce qui est des White Lies, même si j'ai pour eux une sympathie incontestable (mon côté Dark, encore et toujours), ça n'aurait peut être pas été extrêmement folichon. Sauf que Jay Reatard il est tellement rock'n'roll et cool que le gars ne s'est carrément pas pointé, enfin rectification, il était là dans l'aprem mais a finalement décidé de ne pas jouer. Donc vous imaginez aisément ma face déconfite devant la Maro quand j'ai aperçu l'affichette "annulation de dernière minute" et le flot de poétiques insultes qui s'est naturellement échappé de ma bouche. En compensation on pouvait se faire rembourser nos billets, et voir la première partie qui jouait quand même, et gratuitement. On ignorait totalement qui était ces messieurs répondant au doux patronyme de The Experimental Tropic Blues Band mais de toute façon nous n'avions rien de mieux à faire que de rester. Et c'était une expérience ... intéressante. En gros ces gars halètent et gueulent plus qu'ils ne chantent, aiment venir te hurler dans l'oreille sans ton consentement et surtout ont un réel penchant pour l'exhibitionnisme. Mais pas l'exhibitionnisme rock de base genre "je fais des choses obscènes à mon micro/guitare/bassiste/ampli" (rayer la mention inutile). Non non, du vrai exhibitionnisme pur et dur, auquel tu n'as pas nécessairement envie d'assister. En effet, le guitariste n'a rien trouvé de mieux que de se mettre à poil en plein milieu du set. Au début on le voyait tripoter allègrement sa braguette mais on refusait de croire à la réelle possibilité d'un strip tease mais en fait si, il s'est vite débarrassé de toute forme de pantalon et de slip. On a un peu hésité entre la perplexité et le traumatisme, l'homme disposant d'une impressionnante pilosité, et au final on a opté pour de la bière histoire de nous remettre un peu en l'état. Le chanteur nous a également déclaré que "sans capote c'est mieux parce que c'est plus dangereux", bref ces trois Belges étaient charmants et équilibrés, et nous auront vraisemblablement laissé un souvenir durable. On nous a demandé si on était avec le groupe. Genre j'ai une tête à fricoter avec des Belges lubriques peut être.


Donc Paris, ville pleine de surprises et de distractions. Samedi on ira fêter Halloween au concert des Friendly Fires et c'est évidemment déguisé, alors si vous comptez être de la partie faîtes donc un petit effort vestimentaire, ne lésinez pas sur le faux sang et autres maquillages douteux, mes comparses et moi même nous sentirons peut être ainsi un peu moins seules. 


Neon Indian - Terminally Chill

The Swell Season - In These Arms

Teitur - The Girl I Don't Know

19.10.09

A Darker Day Has Hold At Last

Patrick, Patrick, Patrick. Je sais pertinemment qu'à l'heure qu'il est vous avez probablement déjà lu une demi douzaine de reviews étant donné que la moitié de la blogosphère avait fait le déplacement pour observer l'Homme au Nouveau Casino vendredi dernier (Hans, Automatic Druggie, etc... du beau monde), mais qu'importe. C'était trop bon pour que je n'en dise rien, je vais juste tenter de pas faire long. Ca n'avait pas grand chose à voir avec son concert à l'Underage Festival il y a deux mois: à Londres il avait tout juste pu jouer une demie heure, c'était en plein jour, et on était plusieurs milliers. Le concert était de qualité mais pas inoubliable. On aurait difficilement pu imaginer un cadre plus idéal que le nouveau Casino : c'est une petite salle à la décoration assez étrange et à l'atmosphère très intimiste. Le pré-concert fut difficile puisqu'on a connu une sorte d'ouragan Katrina bis pendant qu'on attendait dans la rue, et que tout nos vêtements étaient passablement trempés. The Deer Tracks, soit la première partie, sont vite arrivés sur scène et nous ont fait oublier notre humidité. J'avais de bons a priori sur ce trio car nationalité Suédoise, mais aussi quelques craintes car présence d'une scie sur scène, et on connait tous la passion des musiciens scandinaves pour les sacrifices rituels à obédience satanique. Pour résumer, sacrifice de nos pupilles et de nos oreilles et vilain fou rire. Déjà il m'a fallu cinq bonnes minutes avant de comprendre que la chanteuse brune était en fait un chanteur, d'où l'absence de poitrine d'ailleurs, ce qui est dans l'absolu assez logique. Je précise que j'étais sobre. De leur performance, on retiendra surtout les magnifiques faux cils qu'arboraient la paire de vocalistes. Musicalement, ça sentait la crise existentielle du post-ado emo en plein processus de remplacement de My Chemical Romance par Sigúr Rós (j'ai l'impression d'être le NME avec mes raccourcis très fins, mais c'était vraiment ça.)

Arrive ensuite l'Homme, qui arbore un air solennel et porte autour du cou une sorte de collier à pompons  assez remarquable, ainsi qu'un accessoire rappelant un peu cet ornement typique des vaches helvêtes. Je ne saurais être plus précise, je m'interroge encore sur la nature de la chose, mais l'ensemble était assez incongru quand même. On passe rapidement aux choses sérieuses avec Bluebells, qui est dans mon top 3 Patrick. Vient Damaris et les larmes commencent à couler très sérieusement. Grosses pulsions d'amour. Ambiance chorale rebelle sur Tristan, et un changement de costume sous le coude. Etat d'extase avancé. Battle, le moment militant incontournable de sa tournée Bachelor, avec appel à la révolte non violente against everything, et surtout lève la main si toi aussi tu es une fille qui aime les filles ou un garçon qui aime ses semblables. Etrangement les deux tiers du Nouveau Casino a alors le bras levé, je soupçonne donc une certaine tendance au mensonge dans l'auditoire, mais en même temps pour Patrick tu serais prêt à virer ta cuti pour n'importe quoi, même les licornes si ça peut lui faire plaisir (on connaît tous la passion de Patrick pour ces bestiaux).

Passage francophile du concert avec un The Stars traduit, il exprime son regret d'être un Englishman puis évidemment Paris, dont il profite pour nous évoquer son amour de Charles Trénet et Maurice Chevalier. Il est atrocement adorable et là on avait atteint ce qui doit être le stade terminal de la niaiserie, celui où tu ne peux rien formuler de plus cohérent que "awwww". Patrick Wolf exerce un contrôle total sur le public, manipule nos émotions et histoire de nous pousser au fond du trou il nous sort The Sun Is Often Out. N'en pouvant plus, larme de circonstance alors que j'étais restée digne jusque là. Très beau cadeau du jeune homme qui se désigne comme "Madonna avec un budget": un nouveau titre en exclusivité mondiale, parce qu'on a probablement été très sages. Ca s'appelle Wild Life et si ça ne devient pas un single je veux bien bouffer mes converses. Patrick, sa petite combinaison en lamé et son jock-strap apparent ont fait de la fosse un gros dancefloor en quelques secondes avec ce futur tube disco/violon. Fin du grand 8 émotionel avec Hard Times et The Magic Position (gros karaoké). Il repart en coulisse et revient nous achever avec un Vulture final énormissime, vêtu d'une veste de porc-épic et d'un short très short. On frôle l'arrêt cardiaque. Après un rapide sondage, avis unanimes sur ce qui vient de se passer: Holy Shit. J'ai envie de désigner ça d'office concert de l'année, sauf que Blur. N'empêche que c'était d'une rare intensité, et qu'après ça il sera dur de ne pas être déçue par les performances futures de ce très cher homme loup. 

(Bien entendu si une fois prochaine il daigne jouer plus d'un titre de Wind In The Wires je suis prête à revoir mon jugement futur).

Sinon je suis tout à fait consciente que ce blog a une fâcheuse tendance à muter lentement en empilement de reviews de concerts sous l'effet de ma flemme légendaire. Je compte y remédier un de ces jours, parce que si je conserve le même rythme de concerts / articles ça risque de devenir "un peu" répétitif par ici. Donc next time on fera peut être dans l'innovation, sauf si vraiment la perspective de comptes rendus fascinants ayant pour objet Wolfmother et Jay Reatard vous met en joie. Dans quel cas signalez vous. L'article Strokes que j'ai promis est toujours sur le feu, et verra le jour au lendemain de la parution de Phrazes For The Young, donc le 3 novembre. Je tiendrai jusqu'à la sortie, il le faut.

CANT - Ghosts
Wolfmother - New Moon Rising