18.9.09

Write Down your Name And Your Phone Number

Ok, je sais. Mon inactivité fait peur à voir. Néanmoins, une fois n'est pas coutume, j'ai des excuses tout à fait recevables: j'ai fait deux rentrées en deux semaines, la première à Lyon, et la seconde à Paris. Parce que oui, j'ai été prise à Sciences Po finalement, à ma plus grande surprise car si vous avez un peu suivi vous aurez constaté que mon été n'a pas franchement été très studieux. A Lyon, j'ai juste eu le temps de faire la semaine d'initiation (un très très grand moment, les rituels khâgneux du Parc valant véritablement le détour - je n'en parlerai pas ici mais c'était assez énorme quand même) et de récolter un 2 en histoire, puis il m'a fallu partir en catastrophe à Paris. Evidemment je suis absolument ravie, d'autant plus que la programmation musicale automne/hiver locale est merveilleuse et que mes cours ne finissent jamais après 16h45. Tout ça pour dire que ces derniers temps j'ai rarement eu plus d'une demie-heure d'inactivité exploitable devant moi, donc pas de réelles occasions de venir blablater ici. 


Mais je vais m'y remettre sérieusement, maintenant que Keanu Reeves a sauvé ma scolarité et donc mon futur. Oui car j'ai réussi ce putain de concours en consacrant une page de mon commentaire de philo à Matrix, une histoire étrange quand même. Sinon Rock en Seine. Je suis pas sure qu'une review en bonne et due forme s'impose vraiment au final, donc pour résumer rapidement (moins de 10 000 mots quoi): Keane c'était vachement bien dans le genre chiant, les Yeah Yeah Yeahs n'étaient pas excessivement fascinants (puis j'aime bien Nick Zinner mais j'ai un peu peur de Karen O), Passion Pit par contre c'était l'éclate globale. Ces messieurs sont des gens charmants: leur bassiste s'est déshabillé devant moi pour me montrer son tatouage Joy Division alors que je lui en demandais pas tant, et tout ça à cause (grâce à?) de mon Tshirt Unknow Pleasures, qui se révèle être un peu l'accessoire ultime pour socialiser avec ton  prochain, pour un peu que ce dernier soit musicalement éduqué. En tout cas leur live, c'était plein d'amour et ça fait vraiment du bien. Little Secret s'est imposé comme mon tube de fin d'été, succédant ainsi à Kiss Of Life des Friendly Fires. Michael Angelakos s'est fait verbalement violé sans s'en rendre compte ("ENLEVE TON TSHIRT !"- Oh, I wish I could understand what you said" - non je suis pas sûre que tu wish réellement), et on a aussi entendu un magnifique "espèce de gros geek, arrête de jouer à Warcraft", probablement destiné au claviériste à Tshirt iguane. 


Après on s'est fait joyeusement broyer dans les premiers rangs de Vampire Weekend par les fans alcooliques d'Oasis qui ont campé toute la journée devant la grande scène (pour rien, haha). C'est là qu'est intervenu mon magnifique bracelet en chaîne de vélo, qui m'a permis d'affaiblir quelques uns de ces boeufs en donnant quelques coups stratégiques. Faut savoir que je trouvais excessivement vexant qu'on me gâche ainsi ce moment de communion avec la divine figure d'Ezra Koenig, aka l'homme parfait, propre sur lui, talentueux, éduqué etc... et que dans ces moments là, l'Incroyable Hulk résidant au plus profond de mon être ne peut que se réveiller et laisser place à ses instincts les plus primaires (les coups de poings dans l'estomac du voisin). Ils ont joué quelques nouveaux titres, assez pour nous faire attendre de pied ferme Contra, prévu pour le 12 janvier et dont l'artwork a fait surface sur le net cette semaine. Il fallut ensuite courir à l'autre bout du festival pour ne pas louper une miette de Bloc Party, où foule faisant on se retrouve sur le côté, dans les arbres, avec une visibilité sur la scène inexistante. Frustration parce qu'en plus ils ont commencé à jouer. Heureusement je parviens à me retrouver perchée sur une barrière avec une vue parfaite sur Kele & co. Le chanteur est visiblement très remonté contre les Gallagher bros et nous explique qu'on a pas intérêt à déclarer qu'ils ont mieux joué que Bloc Party. Le set est parsemé de petites piques  anti-Mancuniens que je savoure  particulièrement, mais la vanne ultime vient plus tard, quand Kele fait monter sur scène leur tour manager, qui nous annonce dans un français un peu incertain la séparation d'Oasis. J'ai l'impression qu'une partie du public n'y croit pas, mais moi j'ai un peu laissé éclater ma joie, c'était la plus belle punition imaginable pour la frange "hooligans des bacs à sable" de leurs fans. Non seulement la nouvelle a plongé Kele dans une véritable phase d'extase, mais en plus on a gagné une prolongation mémorable du set des Londoniens, avec un splendide final Helicopter / Flux, un peu comme avec les Raconteurs l'année dernière. En fait je dois avoir un faible pour les annulations à Rock En Seine, à chaque fois ça me fait plus plaisir qu'autre chose. Et pardon pour ce copieux "résumé", rédigé n'importe comment, mais faut que je reprenne la main, je suis un peu rouillée pour le moment.