







Ensuite j'étais hier soir supposée voir Jay Reatard à la Maroquinerie. Il faut rappeler qu'en ce mercredi 28 le Parisien amateur de rock avait le choix entre les Dead Weather à l'Olympia, White Lies et Darker My Love à l'Elysée Montmartre et Jay Reatard à la Maroquinerie. J'avais rapidement écarté la première possibilité, parce que hors de prix et public probablement navrant: pour faire simple en ce moment je n'aime vraiment pas Alison Mosshart, son imagerie et les fans assortis, surtout leur version parisienne. Bref. Après longue réflexion, mon choix se porte sur l'Américain à problèmes, parce qu'un concert de Jay Reatard ça promet d'être forcément crade, chaotique et parfumé à la vodka, donc parfait, alors que pour ce qui est des White Lies, même si j'ai pour eux une sympathie incontestable (mon côté Dark, encore et toujours), ça n'aurait peut être pas été extrêmement folichon. Sauf que Jay Reatard il est tellement rock'n'roll et cool que le gars ne s'est carrément pas pointé, enfin rectification, il était là dans l'aprem mais a finalement décidé de ne pas jouer. Donc vous imaginez aisément ma face déconfite devant la Maro quand j'ai aperçu l'affichette "annulation de dernière minute" et le flot de poétiques insultes qui s'est naturellement échappé de ma bouche. En compensation on pouvait se faire rembourser nos billets, et voir la première partie qui jouait quand même, et gratuitement. On ignorait totalement qui était ces messieurs répondant au doux patronyme de The Experimental Tropic Blues Band mais de toute façon nous n'avions rien de mieux à faire que de rester. Et c'était une expérience ... intéressante. En gros ces gars halètent et gueulent plus qu'ils ne chantent, aiment venir te hurler dans l'oreille sans ton consentement et surtout ont un réel penchant pour l'exhibitionnisme. Mais pas l'exhibitionnisme rock de base genre "je fais des choses obscènes à mon micro/guitare/bassiste/ampli" (rayer la mention inutile). Non non, du vrai exhibitionnisme pur et dur, auquel tu n'as pas nécessairement envie d'assister. En effet, le guitariste n'a rien trouvé de mieux que de se mettre à poil en plein milieu du set. Au début on le voyait tripoter allègrement sa braguette mais on refusait de croire à la réelle possibilité d'un strip tease mais en fait si, il s'est vite débarrassé de toute forme de pantalon et de slip. On a un peu hésité entre la perplexité et le traumatisme, l'homme disposant d'une impressionnante pilosité, et au final on a opté pour de la bière histoire de nous remettre un peu en l'état. Le chanteur nous a également déclaré que "sans capote c'est mieux parce que c'est plus dangereux", bref ces trois Belges étaient charmants et équilibrés, et nous auront vraisemblablement laissé un souvenir durable. On nous a demandé si on était avec le groupe. Genre j'ai une tête à fricoter avec des Belges lubriques peut être.
Donc Paris, ville pleine de surprises et de distractions. Samedi on ira fêter Halloween au concert des Friendly Fires et c'est évidemment déguisé, alors si vous comptez être de la partie faîtes donc un petit effort vestimentaire, ne lésinez pas sur le faux sang et autres maquillages douteux, mes comparses et moi même nous sentirons peut être ainsi un peu moins seules.
Neon Indian - Terminally Chill
The Swell Season - In These Arms
Teitur - The Girl I Don't Know







Concert suivant : Ghinzu. Alors là ce fut simplement énormissime, à condition de faire abstraction de la brochette de tartes qui ont passé une bonne partie du set à hurler des "YEAH BAAAABY COOOOME ON !!!" à l'intention des musiciens avec une conviction certaine. Bon apparemment la francophonie des Wallons leur avait échappé. John Stargasm vint se faire allègrement tripoter par les premiers rangs, pour le plus grand bonheur de tous (et surtout d'Alicia), tandis qu'un des guitaristes se livrait à des choses carrément obscènes avec son micro. Vous ajoutez à ça un son énorme, des vilains pogos et vous obtenez une réussite globale. Je ne connaissais pas spécialement bien le groupe mais leur concert m'a complètement retourné le cerveau, donc on peut dire que j'étais plutôt satisfaite, on ne pouvait rêver d'un meilleur échauffement avant Franz Ferdinand. John Stargasm a fini debout sur son clavier, et nous on était plus ou moins à genoux. Puis vint l'attente avant ce qui était condamné à être LE grand moment de ces deux jours de concerts. Ils sont arrivés avec No You Girls, ont enchainé avec Do You Want To et tout était dit. C'était fabuleux même si par moment respirer ne faisait plus partie des choses possibles. Ça a été dit des centaines de fois mais ces gars étant génétiquement programmés pour ne faire que des hits énormes, les moments de répit n'étaient pas exactement au programme. On a donc beaucoup souffert contre nos barrières, mais le sourire au lèvres, car il ne peut en être autrement quand Alex Kapranos se déhanche à quelques mètres de toi en déclamant des paroles vidées de sens véritable : "il s'appelle comment ? il s'appelle Rooooooobert Hardy ! Est-ce que vous kiffez ? Est-ce que vous vous éclateeeeeez ? Nous sommes Franz Ferdinande (sic) et nous sommes d'Ecooooooosse !". Oh, puis la set list était pas loin de la perfection, même si on peut toujours déplorer l'absence de The Fallen, Walk Away ou Eleanor, mais tout ce qui importait vraiment c'était qu'ils jouent Dark Of The Matinée, et ils l'ont fait de manière magistrale. J'ai eu une baguette à la fin d'Outsiders (ceux qui ont visionné les vidéos de Charente Libre doivent être au courant...) ce qui m'a permis d'atteindre le nirvana du live. Final basse/ batterie puis juste batterie. Grand dieu que c'était bon.
A la fin du concert je retrouve la fameuse Marie qui m'annonce qu'elle a pu interviewer Alex K pour le MDMAZING dans l'après midi. J'hésite à faire preuve de violence à son égard par pure jalousie, mais en fait elle était très sympa alors ça n'aurait pas été très correct de ma part. Précisons qu'à ce moment là ma voix s'était plus ou moins faite la malle pour de bon, et ont a jugé intelligent d'aller s'écraser au camping plutôt que d'attendre Vitalic. Dans mon souvenir on s'est livré à un concours de blagues navrantes autour d'une pizza (on était pas très nets) puis Jens a laissé un message presque pornographique sur le répondeur de Jack-Foals (on était vraiment pas très nets mais l'idée venait de Marie je crois - moi j'ai pas ce genre de numéro dans mon portable déjà -, et le but était de réconforter ce pauvre Jack qui souffre actuellement de grippe A.). Ensuite on a fini par repartir tous les trois vers les concerts (Valentin et Alicia étaient repartis plus tôt). J'avais toujours ma baguette à la main quand j'ai entendu une voix britannique s'élever juste derrière moi. Je me retourne et il y a en fait à une cinquantaine de centimètres de ma personne un Alex Kapranos véritable qui salue Marie. Je tente d'aligner mes quatre neurones encore en activité, cligne des yeux mais non, c'était bien lui. Je l'ai donc gratifié du regard du mérou perdu avant qu'il ne reprenne son chemin vers les loges. Ce genre de situation c'est quand même difficile dans l'absolu, surtout quand vous n'avait plus un contrôle total sur votre personne. Marie s'envola vers d'autres cieux (Steven Blood Red Shoes pour ne pas le citer) tandis qu'on observait du coin de l'œil Vitalic, auquel je suis demeurée absolument insensible, ça faisait essentiellement boum-boum dans mon crâne. On finira ensuite par rejoindre le camping au doux son des "apéro!" qui résonnèrent tard dans la nuit.
Le matin nous fîmes preuve d'une inefficacité remarquable, la seule chose constructive que nous ayons faite étant d'acheter des fruits pour nous donner bonne conscience. Ce genre de chose permet de bien se rendre compte de la différence entre un festival et le monde réel: le primeur du festival lui, il te lance un "whaaa cool!" en apercevant ton Tshirt The Strokes et ta mine défaite quand tu viens lui acheter une moitié de pastèque à 10h du matin. Le primeur du monde réel en général il te demande si tu veux aussi des tomates avec ça. Pas de réel besoin de s'attarder sur le restant de la journée, on était au stade larvaire et on a eu des conversations fascinantes dont on ignorait le sens. A un moment il a même été question des liens entre Harry Potter et la littérature érotique, mais je ne sais plus pourquoi. Sinon les concerts de la journée ne furent guère passionnants, à l'exception notoire de The Jim Jones Revue, grosse surprise du jour. Je ne connaissais ces messieurs que de nom mais j'ai vraiment été subjuguée par leur set. Tous au minimum quarantenaires, ils ont fait preuve d'un talent indiscutable et d'un classe folle malgré leurs accoutrements très "je suis resté bloqué à Nashville en 1954 mais je le vis bien" et leur âge avancé par rapport aux autres groupes présents au festival. En plus on sortait d'un morceau de set des Ting Tings (mega lolz d'ailleurs ces deux là), donc ça nous a redonné espoir en l'existence de voir un groupe d'une telle qualité. Cerise sur le gâteau, le chanteur ressemblait fortement à Severus Rogue. Plus tard dans la journée j'ai trouvé que faire signer mon verre GNP par John et Jehn était une excellente idée même si j'avais vu en tout et pour tout un titre et demi de leur set. Quand aux Cold War Kids, ça n'était pas bien, pourtant je les aime beaucoup ces garçons. Le fait est qu'ils sont incapables de vraiment occuper un public de festival, ce qui est quand même regrettable vu leurs capacités indéniables. Détail intéressant, c'était le troisième groupe présent à la GNP que j'avais également vu aux Eurockéennes deux années auparavant, et aucun des trois (pas même Phœnix) n'est parvenu à livrer une performance du niveau de la précédente. Question de public ? Santigold ayant annulé, nous sommes allés voir Mix Master Mike, soit le DJ des Beastie Boys. Bon moi je ne suis pas très hip hop de ma personne (what a surprise je sais) mais ce fut hautement distrayant, même si Valentin a trouvé le moyen de passablement m'assommer et qu'on a alors perdu Perroline et sa sœur. Forcément l'entendre remixer Song 2 m'a mis en joie. Après ça j'ai un peu un trou, pour résumer y'a eu le camping, des pizzas, des bières, du TV On The Radio et un set des Gossip où mon corps et mon esprit se sont livrés une terrible bataille, résultat j'étais debout mais psychologiquement déconnectée. C'était pas mal mais ça cassait pas trois pattes à un canard. Quand aux sirènes d'Etienne de Crécy, nous n'y avons eu droit que sous la tente, car c'était plus du domaine de nos capacités. Mais globalement ce fut extrêmement distrayant, donc bilan très positif/ à refaire etc ...