11.11.2009

I Sing About My Loneliness And In Return They Thank Me

Mon article Strokien attendra, encore. En fait la tâche est beaucoup plus ardue que prévu, j'ai déjà 6 pages rédigées et je n'arrive toujours pas à en venir aux faits, donc je pense qu'il va falloir que je repense ma méthodologie. En plus je suis supposée écrire un essay de 3000 mots pour mon cours d'Anglais sur le lien entre les Strokes et New York pour vendredi (vive les sujets libres), et je ne sais pas trop où je vais trouver le temps de m'adonner à cette joyeuse activité sachant que là j'ai aussi les contestations du régime au Royaume Uni qui me font de l'oeil. C'est quand même terrible parce que l'Anglais est aujourd'hui la dernière matière dans laquelle je parviens à limiter les dégâts, (avec les maths, ironie du sort) et on est même pas notés en Anglais. Va savoir comment je vais avoir mon année tiens. Bon sûrement pas en préférant mon blog à mes e-cours de micro, mais nevermind. Fin de la parenthèse scolaire qui n'intéresse personne. Je pense que j'aurais vraiment du abandonner toutes velléités d'études sérieuses et rentables et plutôt  choisir partir à Liverpool faire cette licence Beatles dont on a tant parlé l'année dernière. Ca aurait probablement été plus constructif et moins douloureux pour ma santé mentale.


Les Friendly Fires au Trabendo c'était très sympathique mais je ne m'attarderai pas sur la question, ça serait dépourvu d'intérêt. Figurez-vous que je suis au coeur d'une désintox de 3 semaines. 3 semaines sans concerts, jusque là je tiens, plus que 9 jours avant Grizzly Bear et ça sera dans la poche. Le seul problème c'est que demain y'a Lotus Plaza à Paris, soit le projet solo de Lockett Pundt de Deerhunter, et que ça ne coûte que 10 euros, soit une misère vu le cours local du concert. Je vous recommande d'ailleurs chaudement The Floodlight Collective, jusqu'ici seul et unique album de Lotus Plaza: si vous aimez Deerhunter et l'acide, ça devrait normalement vous plaire. Même si vous aimez pas l'acide d'ailleurs. Pour continuer dans la catégorie recommandation, si ça n'est pas déjà fait, jetez une oreille à Teitur, dont j'avais posté un titre dans l'article précédent. Ce talentueux jeune homme vient des îles Féroé, localisation géographique quand même sacrément plus exotique dans le monde de la musique que Londres ou Brooklyn (au hasard). Il réalise une indie pop un peu folk très plaisante, qui peut parfois évoquer Beirut. Visiblement c'est loin d'être un inconnu puisqu'il affiche quand même plus d'un million et demi d'écoutes sur Lastfm, mais j'étais pour ma part totalement passée à côté de son existence. Bref c'est très joli, faites vous plaisir. Je me demande d'ailleurs si un exil aux îles Féroé ne serait pas la solution à mes problèmes: c'est sauvage, y'a personne, de la pluie et des moutons. En gros ça s'approche pas mal de ma vision personnelle du paradis quand on y réfléchis bien.


Ensuite nous avons aujourd'hui Surfer Blood. J'ai téléchargé l'album en trainant sur un mp3 blog franchement bizarre, car le nom m'a inspiré, puis y'a un requin en mosaïque sur la pochette, ce qui est objectivement doublement cool. Ca sonne joyeusement Californien des plages même s'ils sont de Floride, c'est certes loin d'être inoubliable mais on ne peut pas non plus passer toute sa vie à écouter Grizzly Bear (quoi que). J'avais aussi envie de rajouter un titre de Robbie à l'ensemble, juste pour prouver que je demeurerai fidèle à mes convictions jusqu'au bout, mais tout ce que je gagnerai c'est un article supprimé par Google pour avoir enfreint les lois les plus basiques du copyright. Comme il a d'important moyens financiers ses sbires peuvent se permettre de mener une chasse aux pirates efficace. Mais je tenais à dire que j'ai tout de même acheté l'édition collector de Reality Killed The Video Star le jour de sa sortie. Paye ton sentimentalisme à deux balles. Ce sera tout pour aujourd'hui, je m'en retourne à présent à mes projets d'exil dans les mers du Nord. 

Surfer Blood - Floating Vibes
Surfer Blood - Slow Jabroni
Lotus Palza - Red Oak Way

10.29.2009

Under Your Tweeds You Sweat Like A Teenager

Oui finalement je suis prévisible donc review. Non non ne fuyez pas tout de suite, cette fois ci ça n'est pas de l'ultra review chanson par chanson avec mention de chaque détail capital (exemple "chanson 5, +2 minutes 13 : Ezra attrape une bière et fait un sourire à Rostam avant d'attraper un nouveau médiator"). Non non. J'y ai bien réfléchis et je crois que je ne parviendrai plus à atteindre ma référence personnelle en matière d'ultra review, soit Damon, Graham & co cet été, donc je vais arrêter de m'obstiner pendant un certain temps, et on sera tous content. Je vais -un peu- abréger, parce que je ne peux pas non plus complètement m'empêcher de narrer mes derniers concerts en date. Il faut dire que les dernières semaines furent passablement remplies (traduire: "je n'ai pu consacrer que la moitié de mon temps à Friday Night Lights"). J'ai commencé par un petit enregistrement fort sympathique de l'album de la semaine avec ces très chers Wolfmother, pour me consoler de ne pas avoir pu assister à leur performance au Trabendo la semaine précédente, et ces messieurs nous ont au passage gratifié d'une fabuleuse reprise de Wuthering Heights de Kate Bush, le genre de choses qui vous poussent un peu à vouloir épouser Andrew Stockdale, son amour du vin rouge et sa merveilleuse afro sur le champ. 

Egalement  à signaler un passage par le concert événement de Vampire Weekend au nouveau Casino, annoncé deux semaines avant et qui s'était tranquillement rempli pendant que je végétais en micro-économie (cette matière est une plaie), car évidemment j'avais mal noté la date de mise en vente des places et ces dernières s'étaient vendues comme des petits pains sur la journée. Par chance j'ai obtenu un précieux ticket à la dernière minute et ai donc eu l'immense plaisir d'admirer les américains de très près en pleine nuit. J'ai déjà du le mentionner dans l'article sur Rock en Seine, mais toujours est il que leur nouveaux titres sont vraiment très bons et laissent entrevoir un excellent album pour Janvier prochain. Vous avez tous je l'espère écouté Horchata, leur fort plaisant single téléchargeable gratuitement sur leur site officiel, et qui n'est qu'une petite partie de l'iceberg Contra. Cousins, Holiday, Run et California English sont tous des titres de très bonne facture, et le premier sera d'ailleurs le prochain single du groupe. Les mocassins et les chemises bien repassées ont donc encore de beaux jours devant eux.

 

Ensuite j'étais hier soir supposée voir Jay Reatard à la Maroquinerie. Il faut rappeler qu'en ce mercredi 28 le Parisien amateur de rock avait le choix entre les Dead Weather à l'Olympia, White Lies et Darker My Love à l'Elysée Montmartre et Jay Reatard à la Maroquinerie. J'avais rapidement écarté la première possibilité, parce que hors de prix et public probablement navrant: pour faire simple en ce moment je n'aime vraiment pas Alison Mosshart, son imagerie et les fans assortis, surtout leur version parisienne. Bref. Après longue réflexion, mon choix se porte sur l'Américain à problèmes, parce qu'un concert de Jay Reatard ça promet d'être forcément crade, chaotique et parfumé à la vodka, donc parfait, alors que pour ce qui est des White Lies, même si j'ai pour eux une sympathie incontestable (mon côté Dark, encore et toujours), ça n'aurait peut être pas été extrêmement folichon. Sauf que Jay Reatard il est tellement rock'n'roll et cool que le gars ne s'est carrément pas pointé, enfin rectification, il était là dans l'aprem mais a finalement décidé de ne pas jouer. Donc vous imaginez aisément ma face déconfite devant la Maro quand j'ai aperçu l'affichette "annulation de dernière minute" et le flot de poétiques insultes qui s'est naturellement échappé de ma bouche. En compensation on pouvait se faire rembourser nos billets, et voir la première partie qui jouait quand même, et gratuitement. On ignorait totalement qui était ces messieurs répondant au doux patronyme de The Experimental Tropic Blues Band mais de toute façon nous n'avions rien de mieux à faire que de rester. Et c'était une expérience ... intéressante. En gros ces gars halètent et gueulent plus qu'ils ne chantent, aiment venir te hurler dans l'oreille sans ton consentement et surtout ont un réel penchant pour l'exhibitionnisme. Mais pas l'exhibitionnisme rock de base genre "je fais des choses obscènes à mon micro/guitare/bassiste/ampli" (rayer la mention inutile). Non non, du vrai exhibitionnisme pur et dur, auquel tu n'as pas nécessairement envie d'assister. En effet, le guitariste n'a rien trouvé de mieux que de se mettre à poil en plein milieu du set. Au début on le voyait tripoter allègrement sa braguette mais on refusait de croire à la réelle possibilité d'un strip tease mais en fait si, il s'est vite débarrassé de toute forme de pantalon et de slip. On a un peu hésité entre la perplexité et le traumatisme, l'homme disposant d'une impressionnante pilosité, et au final on a opté pour de la bière histoire de nous remettre un peu en l'état. Le chanteur nous a également déclaré que "sans capote c'est mieux parce que c'est plus dangereux", bref ces trois Belges étaient charmants et équilibrés, et nous auront vraisemblablement laissé un souvenir durable. On nous a demandé si on était avec le groupe. Genre j'ai une tête à fricoter avec des Belges lubriques peut être.


Donc Paris, ville pleine de surprises et de distractions. Samedi on ira fêter Halloween au concert des Friendly Fires et c'est évidemment déguisé, alors si vous comptez être de la partie faîtes donc un petit effort vestimentaire, ne lésinez pas sur le faux sang et autres maquillages douteux, mes comparses et moi même nous sentirons peut être ainsi un peu moins seules. 


Neon Indian - Terminally Chill

The Swell Season - In These Arms

Teitur - The Girl I Don't Know

10.19.2009

A Darker Day Has Hold At Last

Patrick, Patrick, Patrick. Je sais pertinemment qu'à l'heure qu'il est vous avez probablement déjà lu une demi douzaine de reviews étant donné que la moitié de la blogosphère avait fait le déplacement pour observer l'Homme au Nouveau Casino vendredi dernier (Hans, Automatic Druggie, etc... du beau monde), mais qu'importe. C'était trop bon pour que je n'en dise rien, je vais juste tenter de pas faire long. Ca n'avait pas grand chose à voir avec son concert à l'Underage Festival il y a deux mois: à Londres il avait tout juste pu jouer une demie heure, c'était en plein jour, et on était plusieurs milliers. Le concert était de qualité mais pas inoubliable. On aurait difficilement pu imaginer un cadre plus idéal que le nouveau Casino : c'est une petite salle à la décoration assez étrange et à l'atmosphère très intimiste. Le pré-concert fut difficile puisqu'on a connu une sorte d'ouragan Katrina bis pendant qu'on attendait dans la rue, et que tout nos vêtements étaient passablement trempés. The Deer Tracks, soit la première partie, sont vite arrivés sur scène et nous ont fait oublier notre humidité. J'avais de bons a priori sur ce trio car nationalité Suédoise, mais aussi quelques craintes car présence d'une scie sur scène, et on connait tous la passion des musiciens scandinaves pour les sacrifices rituels à obédience satanique. Pour résumer, sacrifice de nos pupilles et de nos oreilles et vilain fou rire. Déjà il m'a fallu cinq bonnes minutes avant de comprendre que la chanteuse brune était en fait un chanteur, d'où l'absence de poitrine d'ailleurs, ce qui est dans l'absolu assez logique. Je précise que j'étais sobre. De leur performance, on retiendra surtout les magnifiques faux cils qu'arboraient la paire de vocalistes. Musicalement, ça sentait la crise existentielle du post-ado emo en plein processus de remplacement de My Chemical Romance par Sigúr Rós (j'ai l'impression d'être le NME avec mes raccourcis très fins, mais c'était vraiment ça.)

Arrive ensuite l'Homme, qui arbore un air solennel et porte autour du cou une sorte de collier à pompons  assez remarquable, ainsi qu'un accessoire rappelant un peu cet ornement typique des vaches helvêtes. Je ne saurais être plus précise, je m'interroge encore sur la nature de la chose, mais l'ensemble était assez incongru quand même. On passe rapidement aux choses sérieuses avec Bluebells, qui est dans mon top 3 Patrick. Vient Damaris et les larmes commencent à couler très sérieusement. Grosses pulsions d'amour. Ambiance chorale rebelle sur Tristan, et un changement de costume sous le coude. Etat d'extase avancé. Battle, le moment militant incontournable de sa tournée Bachelor, avec appel à la révolte non violente against everything, et surtout lève la main si toi aussi tu es une fille qui aime les filles ou un garçon qui aime ses semblables. Etrangement les deux tiers du Nouveau Casino a alors le bras levé, je soupçonne donc une certaine tendance au mensonge dans l'auditoire, mais en même temps pour Patrick tu serais prêt à virer ta cuti pour n'importe quoi, même les licornes si ça peut lui faire plaisir (on connaît tous la passion de Patrick pour ces bestiaux).

Passage francophile du concert avec un The Stars traduit, il exprime son regret d'être un Englishman puis évidemment Paris, dont il profite pour nous évoquer son amour de Charles Trénet et Maurice Chevalier. Il est atrocement adorable et là on avait atteint ce qui doit être le stade terminal de la niaiserie, celui où tu ne peux rien formuler de plus cohérent que "awwww". Patrick Wolf exerce un contrôle total sur le public, manipule nos émotions et histoire de nous pousser au fond du trou il nous sort The Sun Is Often Out. N'en pouvant plus, larme de circonstance alors que j'étais restée digne jusque là. Très beau cadeau du jeune homme qui se désigne comme "Madonna avec un budget": un nouveau titre en exclusivité mondiale, parce qu'on a probablement été très sages. Ca s'appelle Wild Life et si ça ne devient pas un single je veux bien bouffer mes converses. Patrick, sa petite combinaison en lamé et son jock-strap apparent ont fait de la fosse un gros dancefloor en quelques secondes avec ce futur tube disco/violon. Fin du grand 8 émotionel avec Hard Times et The Magic Position (gros karaoké). Il repart en coulisse et revient nous achever avec un Vulture final énormissime, vêtu d'une veste de porc-épic et d'un short très short. On frôle l'arrêt cardiaque. Après un rapide sondage, avis unanimes sur ce qui vient de se passer: Holy Shit. J'ai envie de désigner ça d'office concert de l'année, sauf que Blur. N'empêche que c'était d'une rare intensité, et qu'après ça il sera dur de ne pas être déçue par les performances futures de ce très cher homme loup. 

(Bien entendu si une fois prochaine il daigne jouer plus d'un titre de Wind In The Wires je suis prête à revoir mon jugement futur).

Sinon je suis tout à fait consciente que ce blog a une fâcheuse tendance à muter lentement en empilement de reviews de concerts sous l'effet de ma flemme légendaire. Je compte y remédier un de ces jours, parce que si je conserve le même rythme de concerts / articles ça risque de devenir "un peu" répétitif par ici. Donc next time on fera peut être dans l'innovation, sauf si vraiment la perspective de comptes rendus fascinants ayant pour objet Wolfmother et Jay Reatard vous met en joie. Dans quel cas signalez vous. L'article Strokes que j'ai promis est toujours sur le feu, et verra le jour au lendemain de la parution de Phrazes For The Young, donc le 3 novembre. Je tiendrai jusqu'à la sortie, il le faut.

CANT - Ghosts
Wolfmother - New Moon Rising

10.05.2009

I Got A Mind Full Of Blanks


La vie parisienne c'est quand même sacrément distrayant. Enfin la faune locale me fascine. Après une semaine dans un groupe d'intégration composé de gens relativement normaux (si on fait abstraction de Philippe le garçon qui a limite eu un orgasme en croisant dans la rue le directeur de l'Express), je suis désormais dans une classe qui a pour mérite d'avoir le plus formidable emploi du temps de branleurs de l'histoire: aucun cours ne finissant après 16h45, sachant qu'à Sciences Po il est tout à fait normal d'avoir cours en amphi jusqu'à 21h15. Et moitié moins de cours qu'en prépa, en gros à moi les concerts. D'ailleurs avec Agathe, (chère camarade Sciences Piste ardèchoise) nous avons décidé de prendre de bonnes habitudes dès le premier weekend. En fait y'avait un concert gratuit des Brats à l'OPA, un espèce de bar/club pas loin de Bastille, où on avait été conviée par une camarade de deuxième année aux goûts musicaux sûrs. Pas grand chose à dire sur le concert en lui même, honnête performance des Brats pour un groupe utilisant le français, mais le réel intérêt de cette soirée était le public présent, soit une petite armée de caricatures de rockeurs parisiens. Par exemple devant moi se trouvait Boris Bergmann, ce pauvre garçon qui restera à jamais gravé dans ma mémoire pour avoir été incapable de poser une seule question intéressante aux Hives le jour où il les interviewa pour le compte de Rock&Folk. A un autre moment, j'ai fixé un garçon une bonne minute dans les toilettes avant de comprendre que c'était le batteur des Naast. J'ai du l'effrayer un peu car ensuite il me regardait bizarrement. Oh puis était également présent le célébrissime Gustave Naast. Ca a un peu illuminé ma soirée. Chloé nous a ensuite embarqué dans un pub rockabilly tout à fait charmant dans lequel il faudra que je remette les pieds de toute urgence. Faut que j'établisse de toute urgence un carnet des bonnes adresses parisiennes. Quelques jours plus tard pour continuer sur notre lancée nous sommes allées assister à l'enregistrement de l'album de la semaine où se produisaient les Big Pink. C'était fort bien, j'étais ravie de les revoir. Pour continuer sur la lignée concerts, je vois Patrick Wolf en fin de semaine, puis Jay Reatard dans une vingtaine de jours. Ensuite on fêtera Halloween au Trabendo avec les Friendly Fires: il faut venir déguisé, soirée épique en vue. Puis le mieux: JE VAIS VOIR GRIZZLY BEAR. Vivre à Paris vaut vraiment le coup, ne serait-ce que pour ça. Après l'ennui c'est que tu dois apprendre à vivre avec un coeur régulièrement brisé parce que justement il y a trop de concerts. Exemple des 13, 14 et 15 décembre : tu as successivement Wavves, Julian Plenti et Editors  + Maccabees. Moi et mon budget étudiant sommes d'accord pour nous nourrir essentiellement de pâtes mais là c'est quand même dur. En même temps je me vois mal bosser au KFC du coin pour financer mes pulsions musicales donc va falloir faire des choix. Par exemple mes chers Vampire Weekend qui ont annoncé ce soir qu'ils jouaient à Paris dans deux semaines, ça va pas fonctionner. Mais je m'en remettrai sûrement, je les ai vu y'a un mois et Contra sortant en janvier ils se feront un plaisir de repasser par la case France.
Sinon Sciences Po c'est quand même fortement bien. Déjà j'ai de formidables horaires de branleur, littéralement moitié moins qu'en prépa, en plus le wifi est maître là bas, je peux ainsi me laisser aller à mes penchants geek en toutes circonstances (rechercher la version complète de 11th Dimension en plein cours de Micro-économie, ce genre de choses). Tu as aussi des cours d'Humanités Scientifiques où le prof passe un documentaire animalier sur les babouins devant plusieurs centaines d'élèves émerveillés, et des cours d'histoire où la prof met de l'opéra. On t'enseigne l'art du blabla à un niveau très élevé et d'ici quelques mois nous devrions tous maîtriser parfaitement les outils de base du politicien, comme l'aptitude à contourner une question pour ne pas y répondre et quand même donner l'impression qu'on a dit quelque chose de profond. Un peu comme quand tu chroniques un album en fait. On t'oblige également à aller faire ta 3° année à l'étranger. Donc dans deux ans je me serai enfuie du territoire français. Franchement que demander de plus ?

Pour revenir à des choses plus musicales, j'ai très envie de faire un article complet sur mes chers Strokes, donc disons que je vais y réfléchir et poster dans les semaines à venir un article de fond sur ces messieurs, et plus particulièrement sur Julian, qui a fait quelques interviews très intéressantes ces derniers jours. Je crois que j'en ai besoin. 11th Dimension tournant partout depuis peu et Phrazes For The Young devant sortir dans un futur extrêmement proche, vous allez enfin découvrir à quoi ça ressemble une Juliet en période de réelle actualité Strokienne. (Puis c'est une excuse pour poster des photos de Julian). Ce sera tout pour ce soir, je complète demain avec une petite playlist (la connexion que j'ai ici est trop lente pour que je poste quoi que ce soit) et vous dis à bientôt.

You're Blues John - White Light
Vampire Weekend - Horchata
Islands - Tender Torture

9.18.2009

Write Down your Name And Your Phone Number

Ok, je sais. Mon inactivité fait peur à voir. Néanmoins, une fois n'est pas coutume, j'ai des excuses tout à fait recevables: j'ai fait deux rentrées en deux semaines, la première à Lyon, et la seconde à Paris. Parce que oui, j'ai été prise à Sciences Po finalement, à ma plus grande surprise car si vous avez un peu suivi vous aurez constaté que mon été n'a pas franchement été très studieux. A Lyon, j'ai juste eu le temps de faire la semaine d'initiation (un très très grand moment, les rituels khâgneux du Parc valant véritablement le détour - je n'en parlerai pas ici mais c'était assez énorme quand même) et de récolter un 2 en histoire, puis il m'a fallu partir en catastrophe à Paris. Evidemment je suis absolument ravie, d'autant plus que la programmation musicale automne/hiver locale est merveilleuse et que mes cours ne finissent jamais après 16h45. Tout ça pour dire que ces derniers temps j'ai rarement eu plus d'une demie-heure d'inactivité exploitable devant moi, donc pas de réelles occasions de venir blablater ici. 


Mais je vais m'y remettre sérieusement, maintenant que Keanu Reeves a sauvé ma scolarité et donc mon futur. Oui car j'ai réussi ce putain de concours en consacrant une page de mon commentaire de philo à Matrix, une histoire étrange quand même. Sinon Rock en Seine. Je suis pas sure qu'une review en bonne et due forme s'impose vraiment au final, donc pour résumer rapidement (moins de 10 000 mots quoi): Keane c'était vachement bien dans le genre chiant, les Yeah Yeah Yeahs n'étaient pas excessivement fascinants (puis j'aime bien Nick Zinner mais j'ai un peu peur de Karen O), Passion Pit par contre c'était l'éclate globale. Ces messieurs sont des gens charmants: leur bassiste s'est déshabillé devant moi pour me montrer son tatouage Joy Division alors que je lui en demandais pas tant, et tout ça à cause (grâce à?) de mon Tshirt Unknow Pleasures, qui se révèle être un peu l'accessoire ultime pour socialiser avec ton  prochain, pour un peu que ce dernier soit musicalement éduqué. En tout cas leur live, c'était plein d'amour et ça fait vraiment du bien. Little Secret s'est imposé comme mon tube de fin d'été, succédant ainsi à Kiss Of Life des Friendly Fires. Michael Angelakos s'est fait verbalement violé sans s'en rendre compte ("ENLEVE TON TSHIRT !"- Oh, I wish I could understand what you said" - non je suis pas sûre que tu wish réellement), et on a aussi entendu un magnifique "espèce de gros geek, arrête de jouer à Warcraft", probablement destiné au claviériste à Tshirt iguane. 


Après on s'est fait joyeusement broyer dans les premiers rangs de Vampire Weekend par les fans alcooliques d'Oasis qui ont campé toute la journée devant la grande scène (pour rien, haha). C'est là qu'est intervenu mon magnifique bracelet en chaîne de vélo, qui m'a permis d'affaiblir quelques uns de ces boeufs en donnant quelques coups stratégiques. Faut savoir que je trouvais excessivement vexant qu'on me gâche ainsi ce moment de communion avec la divine figure d'Ezra Koenig, aka l'homme parfait, propre sur lui, talentueux, éduqué etc... et que dans ces moments là, l'Incroyable Hulk résidant au plus profond de mon être ne peut que se réveiller et laisser place à ses instincts les plus primaires (les coups de poings dans l'estomac du voisin). Ils ont joué quelques nouveaux titres, assez pour nous faire attendre de pied ferme Contra, prévu pour le 12 janvier et dont l'artwork a fait surface sur le net cette semaine. Il fallut ensuite courir à l'autre bout du festival pour ne pas louper une miette de Bloc Party, où foule faisant on se retrouve sur le côté, dans les arbres, avec une visibilité sur la scène inexistante. Frustration parce qu'en plus ils ont commencé à jouer. Heureusement je parviens à me retrouver perchée sur une barrière avec une vue parfaite sur Kele & co. Le chanteur est visiblement très remonté contre les Gallagher bros et nous explique qu'on a pas intérêt à déclarer qu'ils ont mieux joué que Bloc Party. Le set est parsemé de petites piques  anti-Mancuniens que je savoure  particulièrement, mais la vanne ultime vient plus tard, quand Kele fait monter sur scène leur tour manager, qui nous annonce dans un français un peu incertain la séparation d'Oasis. J'ai l'impression qu'une partie du public n'y croit pas, mais moi j'ai un peu laissé éclater ma joie, c'était la plus belle punition imaginable pour la frange "hooligans des bacs à sable" de leurs fans. Non seulement la nouvelle a plongé Kele dans une véritable phase d'extase, mais en plus on a gagné une prolongation mémorable du set des Londoniens, avec un splendide final Helicopter / Flux, un peu comme avec les Raconteurs l'année dernière. En fait je dois avoir un faible pour les annulations à Rock En Seine, à chaque fois ça me fait plus plaisir qu'autre chose. Et pardon pour ce copieux "résumé", rédigé n'importe comment, mais faut que je reprenne la main, je suis un peu rouillée pour le moment.

8.31.2009

I Thought I Told You This World's Not You


(EDIT: en fait je suis actuellement soumise tous les soirs à des rituels bizarres d'intégration, donc il vous faudra attendre pour la review - la longue tradition du Parc doit passer avant. Je crois que les bizuts durent jusqu'à mercredi en hypokhâgne, donc on avisera ensuite. Et désolé pour ce contre-temps!)

Julian, son chien et moi-même avons le grand plaisir de vous annoncer que ce blog va reprendre du service dès demain, avec un rapide compte-rendu de ma journée à Rock En Seine, (parce qu'honnêtement on se fiche pas mal du reste de mes vacances) compte-rendu qui sera agrémenté de quelques conseils pratiques pour votre vie de tous les jours tels que "comment pousser un membre de Passion Pit au strip-tease sans préméditation" ou "de l'intérêt du bracelet-chaîne de vélo dans les premiers rangs hostiles d'un concert de Vampire Weekend car peuplés de fans d'Oasis". Je m'installe donc à Lyon pour une année d'Hypokhâgne au Parc, ce qui me donnera l'occasion de fréquenter avec assiduité les concerts locaux: en vrac j'ai du Maccabees, du Kasabian, du Editors ou encore du Mando Diao prévu pour les mois à venir, ce qui devrait me tenir en vie quelques temps. Ajouter à ça une connexion internet et ma vie pourrait presque sembler aussi belle que les yeux d'Ezra Koenig. Si seulement la prépa ne demeurait pas la grande inconnue de l'équation. Bref, à demain.
(c'est presque émouvant ce premier morceau d'article rédigé sur un mac, j'ai l'impression d'accéder à une nouvelle dimension du geekage tout d'un coup.)

8.06.2009

Can You Remember The First Time We Met ?

[nb: article complet!] L'enchainement Field Day / Underage Festival fut violemment bon, mais hélas toutes les bonnes choses ayant une fin je suis déjà de retour chez moi afin de narrer ce merveilleux weekend Londonien. Je ne vous cache pas que le retour en Ardèche fut quant à lui très douloureux, on ne s'habitue jamais vraiment à un tel néant culturel.
DAY ONE

Partie de Valence vendredi matin, j'ai retrouvé ma chère camarade rémoise Sarah l'après midi même à Trafalgar, et malgré le soleil écrasant nous partîmes vite faire l'acquisition d'une paire de bottes pour le lendemain. La botte de pluie, c'est quand même l'accessoire ultime du festivalier britannique, donc il m'en fallait absolument, d'autant plus que les prévisions météo pour le lendemain n'étaient guère excellentes. Vers 8h on a fini par mettre la main sur notre hôtel sur Cambridge Road, non sans quelques difficultés car on était plus ou moins dépourvues de plan de l'endroit, et l'on a pu se nourrir pour la modique somme de £2 d'un splendide menu frites au vinaigre/ coca/ hamburger. Gastronomie locale. Le lendemain matin, après avoir absorbé un remarquable petit déjeuner à base de beans (je parle toujours de bouffe) nous nous sommes dirigées vers le Victoria Park, nos wellies provoquant le scepticisme des passants car le temps était alors clément. Aux abords du parc on a pu observer la pelouse se recouvrir petit à petit d'anglais munis de packs de bière qu'ils avaient une heure pour finir avant l'ouverture des portes: il était à peine 10h30 mais l'heure matinale ne dérange pas l'anglais moyen, tant qu'il a sa bière il est heureux. L'Anglais a le plaisir simple et c'est communicatif.

Petite appréhension à l'entrée puisque nous n'avons pas l'âge légal (le Field Day est réservé aux plus de 18 ans), mais on a pas du sembler suspectes puisque personne n'a contrôlé notre identité. On part ensuite faire un tour du propriétaire et des 5 différentes scènes avant de finir par s'asseoir devant deux jeunes filles répondant au nom de First Aid Kit. Je ne connais pas du tout et fait remarquer à Sarah que l'une d'entre elles semble avoir 12 ans et demi (en réalité 15.) Ce sont deux jeunes sœurs Suédoises adeptes de folk dépressif et sont parvenues à livrer une reprise tout à fait honorable de Tiger Mountain Peasant Song des Fleet Foxes. Nous allons ensuite voir ce qui se passe du côté de la grande scène, où l'on restera perplexes face à une chorale d'une vingtaine de filles étrangement habillées et répondant au nom de Gaggle. On reste pour voir le groupe suivant, soit Fanfarlo : pas exceptionnel mais loin d'être désagréable, le genre de truc parfait à écouter quand on est à moitié avachies dans l'herbe à observer les beaux anglais aux alentours. On va ensuite se balader et on revient pour la seconde moitié du set des Errors, et après si ma mémoire est bonne nous sommes allées tester le manège situé à l'entrée du festival, car c'était quand même le truc à faire.

Puis vint le concert de Final Fantasy, soit le one man band du Canadien Owen Pallett. Premier grand moment musical de la journée, ce gars est tout simplement impressionnant de maitrise: il est seul sur scène, équipé d'un petit clavier et de son violon, et parvient à captiver une audience considérable en seulement quelques minutes (et pourtant il jouait sur le main stage) et ce sans jeu de scène. Pour ne rien arranger, il est doté d'un humour débordant. Bref, ce garçon est tout simplement adorable et je crois bien que tout le monde était sous le charme. Dès la fin de son set, on se précipite de l'autre côté du festival vers le"Adventures in the beetroot field" stage, où le tour de S.C.U.M a déjà commencé. En live, ils sont encore plus sombres que sur disque, et jouent tous leur titres sans effectuer la moindre pause tandis que le chanteur pousse un long brame tel un cerf agonisant. En gros c'est très psyché-goth (Claire, celle ci était pour toi) et somme toute assez fascinant même si le frontman a une certaine tendance un peu agaçante à surjouer les poses torturées genre "oui je vais m'étrangler avec le fil de mon micro sur scène". Ce fut aussi l'occasion d'observer Spider Webb junior, soit son jeune frère bassiste Huw Webb, 32 kilos tout mouillé. Leur performance nous a laissé un peu groggy donc on a ensuite jugé opportun d'aller se détendre un peu dans l'herbe près du manège après être passées par le stand Oxfam se faire peindre le visage en bleu (initiative intéressante). Je me suis aperçue que l'un des occupants du manège n'était autre que Hugh Harris, le guitariste roux des Kooks, et il avait visiblement l'air très content de lui. En France on croise pas de Kooks sur les manèges.

Et ce fut enfin l'heure des tant attendus Horrors, pièce maitresse de ces deux jours de festival. On avait une vue optimale depuis le premier rang, mais par contre la pluie a commencé à tomber de manière assez intense, ce qui a fini par transformer Sarah en authentique Schtroumpf: d'ailleurs Faris n'a pas pu réprimer un rire quand il a aperçu le bleuâtre résultat. Oui Faris Badwan rit, même que c'est assez surprenant/ flippant. Nous avons eu droit à la quasi intégralité de Primary Colours, mais pas à un seul titre de Strange House, et le résultat était tout simplement magistral car même sur scène ils parviennent à une quasi-parfaite reddition de l'album. Joshua était déchainé (on a pu apercevoir ses yeux, imaginez un peu) et Faris avait des allures de grand prêtre occulte. Certes, le public était un peu anesthésie par la pluie mais au final j'étais beaucoup trop absorbée par ce qui se passait sur scène pour vraiment prendre conscience de l'humidité ambiante. Sea Within A Sea était d'une perfection sans nom, comme le reste de leur set, et je ne pouvais m'empêcher de me réjouir en me rappelant qu'on allait remettre ça le lendemain. Après ça nous sommes allées nous rassasier parce qu'il fallait bien retrouver nos esprit avant d'enchainer sur Erol Alkan. Alors là palme du public le plus étrange du festival : déjà ça ne faisait pas 10 minutes qu'on était sous le chapiteau qu'un mec vient me murmurer à l'oreille un laconique "MDMA, pills ?" (l'homme avait franchement l'air douteux), aussi on a pu observer des gens brandissant d'étrange drapeaux, d'autres des requins gonflables, quelqu'un une plante en pot (oui, vraiment) tandis que nos voisins consommaient de la C à même le sachet. Je me suis un peu demandée où j'avais atterri.

On reste une grosse demi heure avant de se déporter vers la tente voisine: on avait passé un accord car les sets d'Erol et de The Big Pink se chevauchaient, et que je ne voulais vraiment pas rater les seconds qui sont tout de même mes chouchous depuis quelques mois. Par chance ils n'avaient pas encore joué leurs deux plus gros titres, DOMINOS et Velvet. Ce fut d'une redoutable efficacité, et j'espère que ces messieurs iront loin: on peut trouver depuis quelques jours leur debut album sur internet, et c'est à écouter de toute urgence. Après ça nous nous sommes écrasées sur un véritable lit de paille pendant une bonne heure, car la pluie s'était enfin calmée et on ne sentait plus trop nos jambes. On a donc observé pendant une bonne heure tout ce qui se passait devant nous avec en fond sonore Santigold puis Skream. Notre place étant très stratégique, nous nous sommes livrées à une étude en profondeur de la population britannique festivalière présente ce jour là, une activité vraiment passionnante tant il y avait à dire sur ce merveilleux peuple. Le Field Day se targue d'avoir une atmosphère de fête de village - on peut participer à de massives courses de sacs à patates, à de géantes tug o' war ou encore à des concours d'épluchage d'oignons tout en mangeant uniquement bio ou végétarien - et en effet l'ambiance est très relax et vraiment agréable: même dans les concerts, tout le monde s'aime et personne ne cherche à pousser, rien à voir avec les festivals rock Français. A cette heure là il y avait de nombreuses batailles de paille. On a créé des catégories de festivaliers:
- ceux qui sont tombés dans des failles spatio-temporelles et semblent soit revenir d'une chasse à cour, soit sortir de la Russie pré- octobre 17.
- ceux qui ont juste l'air perdu et semblent se dire que la 13° Red Line était peut être de trop.
- ceux qui souffrent de schizophrénie et sont persuadés d'appartenir à un clan Sioux ou Appalache, et porte fièrement des plumes dans les cheveux.
- ceux qui viennent de perpétrer une tradition ancestrale en se roulant dans la boue et qui finalement n'en mènent pas large.
- ceux qui ne sont pas seuls dans leur tête et vous offre une botte en échange d'une cigarette, ou passe 10 minutes à faire la conversation à votre écureuil en peluche et à le prendre en photo en tentant de lui faire boire de la bière.

Enfin je pourrais continuer très longtemps mais on a déjà atteint un stade très critique niveau longueur de la review. Pour conclure on a fini la soirée avec les Mystery Jets, concert qui s'est transformé en immense karaoké à grands coups de "Hideaway, Hideaway, Hideawaaaaaay ohé ohé ohé oooooooh" ou de "You aaaaaaawaaaaaaay-ay-ay-ay". Ces garçons sont équipés d'une fort honorable quantité de tubes ultimes que maitrisent parfaitement leurs compatriotes, et niveau public c'était haut la main le meilleur concert de la journée (la 11° Red Line par tête a fini par faire son effet) et tout le monde dansait, c'était beau. Et le lendemain, on devait remettre ça avec l'Underage.

DAY TWO

Je vais faire plus court pour ce jour là histoire d'éviter un truc trop rébarbatif car y'a quand même quelques similitudes entre les deux. L'Underage en gros c'est la version junior et épileptique du Field Day: c'est au même endroit et une bonne partie des groupes jouent les deux jours - dont les Horrors et les Mystery Jets, pour notre plus grand plaisir. Les seules différences: les noms des scènes (car sponsors différents), l'absence de bières et de stands à cigarettes. A l'Underage, il y a par contre une signing tent, où, à condition de s'armer de patience, on pouvait rencontrer Esser, les Mystery Jets, les Pigeon Detectives, les Horrors et Patrick Wolf. Niveau public, les teenagers britons ne se comportent vraiment pas de la même manière que leurs ainés, et c'est vraiment le jour et la nuit. Pour preuve le premier concert où nous nous sommes rendues, soit les Good Shoes (dont je connais bien le père, haha) à 12h30 : nous nous sommes retrouvées par terre dès les premiers accords. Oui, pendant Good Shoes. Sarah y a perdu son passeport et son genou, moi l'usage de la cuisse droite. La passeport fut miraculeusement retrouvé au bureau de la sécurité une heure plus tard mais ma cuisse m'a fait souffrir 4/5 jours durant. On a donc profité du reste du concert un peu à l'écart, observant les chaussures qui volaient régulièrement au dessus de la fosse.

Plus tard nous sommes parvenues à assister à la séance de dédicace des Horrors, moment à la fois extrêmement étrange qui a donné lieu à une mini guerre des regards entre ceux qui étaient venus pour les Horrors et ceux qui étaient là pour les Pigeons Detectives (les deux se succédaient). Ces derniers se sont d'ailleurs retrouvés bien seuls face aux fans des Horrors, qui sont souvent des gens étranges et trop maquillés. J'ai pu dialoguer quelques instants avec Spider Webb et la version de moi même qui découvrait les Horrors avec émerveillement en 2006 en est ressortie avec une sensation très particulière, cette version là de moi-même ayant tendance à considérer que les Horrors étaient un peu trop parfaits pour exister en vrai. On parlait justement avec Sarah de l'impact que ces messieurs avaient eu sur bon nombre de jeunes à cette époque bénie où on écoutait religieusement les 5 démos qui tournaient sur le net et où on était en extase devant leurs photos et vidéos. On a un peu tendance à oublier leur importance et c'était drôle de se rappeler les good old days où la vidéo de Sheena Is A Parasite nous marquait pour la vie. Puis nous sommes allées trainer devant Santigold (chiant) en attendant les Mystery Jets qui jouèrent la même setlist (parfaite) que la veille. Nous dûmes hélas abandonner en cours de route leur concert pour retourner voir nos très chers Horrors, qui cette fois ci ne se cantonnèrent pas à Primary Colours puisqu'ils nous ont gratifié d'un Count In Fives d'anthologie ainsi que d'un Sheena Is A Parasite qui a du faire quelques morts dans les premiers rangs. Ce fut à nouveau grandiose.

Enfin pour clore la journée vint le très attendu Patrick Wolf. Là c'est comme pour les Horrors, le voir c'était du domaine de l'accomplissement. Le set fut hélas très court, la faute à des horaires qui ont été décalés, mais Patrick étant un garçon plein de bonne volonté il a même tenté de jouer un truc au Ukulélé alors que le son avait été coupé. On entendait rien, même du second rang, mais ça faisait plaisir. Sur Battle il a ramené sur scène un espèce de Patrick Wolf black (costume impossible à épaulettes, coiffure également improbable, penchant pour l'exhibition corporelle) et, visiblement ravi de jouer devant un public Underage, nous a répété plusieurs fois que nous étions l'avenir et que nous avions le pouvoir de rendre le monde meilleur notamment en nous "battlant" contre l'homophobie (Patrick est un idéaliste amateur de licornes). Ce fut le "concert chorale" du jour, car le jeune anglais maitrise sur le bout des doigts le répertoire Wolfien. Patrick quand à lui alternait Flying V et violon, créant un charmant contraste. N'empêche qu'il assure terriblement et que je paierais très cher pour le revoir dans un cadre non-festivalier. Après ça il a fallu partir, ce qui nous a vraiment déchiré le cœur car on avait fini par considérer ce parc comme notre seconde maison.

(Je pars demain jusqu'à la rentrée, si j'obtiens mon Mac d'ici là il se peut que je parvienne à poster avant le mois de septembre, autrement il faudra être patient. A bientôt!)

7.26.2009

It's With Your Sins That You Have Killed Me

Je suis rentrée d'Angoulême il y a à peine quatre heures mais il me faut absolument rédiger ce compte rendu maintenant puisque cette semaine je suis supposée prospecter afin de me trouver un toit pour l'année prochaine avant de rejoindre Londres vendredi. A mon retour on en sera donc à trois reviews d'affilée sur ce blog, voyez un peu l'originalité dont je fait preuve parfois.

La Garden Nef Party alors. Ma fidèle acolyte Alicia et moi même nous étions pour l'occasion équipées d'un Jens et d'un Valentin, deux jeunes hommes extrêmement sympathiques et pratiques puisqu'ils peuvent sans broncher aller vous chercher une bière à tout moment de la journée ou encore garder votre place au premier rang pendant que vous allez visiter les splendides toilettes écolo à sciure (bière, effet secondaire), en plus avantage non négligeable ils se repèrent de loin. Après installation au camping/terrain de foot, on se dirige non sans peine vers les concerts ("c'est quoi dans vos bouteilles ?" - "heu, du jus de pomme ?") où on repère les lieux. On y retrouve aussi Perroline et sa sœur Lauriane qui décident d'aller voir le concert d'ouverture, soit Izïa, pendant que nous nous installons pour attendre Stuck In The Sound, qui arrivent sur scène vers 17h45. Ils livrent un set honnête pendant lequel on se prend une courte mais intense averse sur le nez, de quoi ruiner mes cheveux pour deux jours. A croire que je suis condamnée à voir ces messieurs sous la pluie, puisqu'aux Eurocks 2007 Alicia et moi les avions observé réfugiées sous d'élégants ponchos en plastique vert. Le soleil revient et ils laissent place à Phoenix, qui nous délivrent une espèce d'avalanche de tubes. Bon, mes souvenirs ne sont plus vraiment très clairs mais je crois que le trio d'entrée c'était 1901, Consolation Prizes et Lisztomania ou un truc dans ce goût là, tellement de qualité musicale à la seconde que ça en était presque insolent en gros. Je commence donc logiquement à saccager mes cordes vocales avec application sur Lasso, Long Distance Call ou encore If I Ever Feel Better, néanmoins il manquait quelque chose: ils sont surement passés trop tôt dans la soirée, et n'ont pas joué assez longtemps, ce qui a empêché la mayonnaise de vraiment prendre. J'ai repéré sur le côté de la scène un Nick McCarthy agitant le crâne avec concentration, vêtu d'un pull à la teinte marronâtre assez mprobable que n'aurait surement pas renié mon prof de maths de 4°. Il fut un peu plus tard rejoint par son collègue Alex Kapranos, et là ce fut le drame : l'homme fut repéré et déclencha une crise de hurlements hystériques chez ses groupies mâles (oui, principalement). Une bonne partie du public sembla oublier la présence sur scène de Phoenix l'espace de quelques instants, et si la majorité des gens présents se firent rapidement à l'idée d'une présence Kapranesque en bords de scène, quelques irréductibles crétins passerons de longues minutes à lui faire coucou. Pas impossible que ça ait un peu vexé nos Versaillais.

Concert suivant : Ghinzu. Alors là ce fut simplement énormissime, à condition de faire abstraction de la brochette de tartes qui ont passé une bonne partie du set à hurler des "YEAH BAAAABY COOOOME ON !!!" à l'intention des musiciens avec une conviction certaine. Bon apparemment la francophonie des Wallons leur avait échappé. John Stargasm vint se faire allègrement tripoter par les premiers rangs, pour le plus grand bonheur de tous (et surtout d'Alicia), tandis qu'un des guitaristes se livrait à des choses carrément obscènes avec son micro. Vous ajoutez à ça un son énorme, des vilains pogos et vous obtenez une réussite globale. Je ne connaissais pas spécialement bien le groupe mais leur concert m'a complètement retourné le cerveau, donc on peut dire que j'étais plutôt satisfaite, on ne pouvait rêver d'un meilleur échauffement avant Franz Ferdinand. John Stargasm a fini debout sur son clavier, et nous on était plus ou moins à genoux. Puis vint l'attente avant ce qui était condamné à être LE grand moment de ces deux jours de concerts. Ils sont arrivés avec No You Girls, ont enchainé avec Do You Want To et tout était dit. C'était fabuleux même si par moment respirer ne faisait plus partie des choses possibles. Ça a été dit des centaines de fois mais ces gars étant génétiquement programmés pour ne faire que des hits énormes, les moments de répit n'étaient pas exactement au programme. On a donc beaucoup souffert contre nos barrières, mais le sourire au lèvres, car il ne peut en être autrement quand Alex Kapranos se déhanche à quelques mètres de toi en déclamant des paroles vidées de sens véritable : "il s'appelle comment ? il s'appelle Rooooooobert Hardy ! Est-ce que vous kiffez ? Est-ce que vous vous éclateeeeeez ? Nous sommes Franz Ferdinande (sic) et nous sommes d'Ecooooooosse !". Oh, puis la set list était pas loin de la perfection, même si on peut toujours déplorer l'absence de The Fallen, Walk Away ou Eleanor, mais tout ce qui importait vraiment c'était qu'ils jouent Dark Of The Matinée, et ils l'ont fait de manière magistrale. J'ai eu une baguette à la fin d'Outsiders (ceux qui ont visionné les vidéos de Charente Libre doivent être au courant...) ce qui m'a permis d'atteindre le nirvana du live. Final basse/ batterie puis juste batterie. Grand dieu que c'était bon.

A la fin du concert je retrouve la fameuse Marie qui m'annonce qu'elle a pu interviewer Alex K pour le MDMAZING dans l'après midi. J'hésite à faire preuve de violence à son égard par pure jalousie, mais en fait elle était très sympa alors ça n'aurait pas été très correct de ma part. Précisons qu'à ce moment là ma voix s'était plus ou moins faite la malle pour de bon, et ont a jugé intelligent d'aller s'écraser au camping plutôt que d'attendre Vitalic. Dans mon souvenir on s'est livré à un concours de blagues navrantes autour d'une pizza (on était pas très nets) puis Jens a laissé un message presque pornographique sur le répondeur de Jack-Foals (on était vraiment pas très nets mais l'idée venait de Marie je crois - moi j'ai pas ce genre de numéro dans mon portable déjà -, et le but était de réconforter ce pauvre Jack qui souffre actuellement de grippe A.). Ensuite on a fini par repartir tous les trois vers les concerts (Valentin et Alicia étaient repartis plus tôt). J'avais toujours ma baguette à la main quand j'ai entendu une voix britannique s'élever juste derrière moi. Je me retourne et il y a en fait à une cinquantaine de centimètres de ma personne un Alex Kapranos véritable qui salue Marie. Je tente d'aligner mes quatre neurones encore en activité, cligne des yeux mais non, c'était bien lui. Je l'ai donc gratifié du regard du mérou perdu avant qu'il ne reprenne son chemin vers les loges. Ce genre de situation c'est quand même difficile dans l'absolu, surtout quand vous n'avait plus un contrôle total sur votre personne. Marie s'envola vers d'autres cieux (Steven Blood Red Shoes pour ne pas le citer) tandis qu'on observait du coin de l'œil Vitalic, auquel je suis demeurée absolument insensible, ça faisait essentiellement boum-boum dans mon crâne. On finira ensuite par rejoindre le camping au doux son des "apéro!" qui résonnèrent tard dans la nuit.

Le matin nous fîmes preuve d'une inefficacité remarquable, la seule chose constructive que nous ayons faite étant d'acheter des fruits pour nous donner bonne conscience. Ce genre de chose permet de bien se rendre compte de la différence entre un festival et le monde réel: le primeur du festival lui, il te lance un "whaaa cool!" en apercevant ton Tshirt The Strokes et ta mine défaite quand tu viens lui acheter une moitié de pastèque à 10h du matin. Le primeur du monde réel en général il te demande si tu veux aussi des tomates avec ça. Pas de réel besoin de s'attarder sur le restant de la journée, on était au stade larvaire et on a eu des conversations fascinantes dont on ignorait le sens. A un moment il a même été question des liens entre Harry Potter et la littérature érotique, mais je ne sais plus pourquoi. Sinon les concerts de la journée ne furent guère passionnants, à l'exception notoire de The Jim Jones Revue, grosse surprise du jour. Je ne connaissais ces messieurs que de nom mais j'ai vraiment été subjuguée par leur set. Tous au minimum quarantenaires, ils ont fait preuve d'un talent indiscutable et d'un classe folle malgré leurs accoutrements très "je suis resté bloqué à Nashville en 1954 mais je le vis bien" et leur âge avancé par rapport aux autres groupes présents au festival. En plus on sortait d'un morceau de set des Ting Tings (mega lolz d'ailleurs ces deux là), donc ça nous a redonné espoir en l'existence de voir un groupe d'une telle qualité. Cerise sur le gâteau, le chanteur ressemblait fortement à Severus Rogue. Plus tard dans la journée j'ai trouvé que faire signer mon verre GNP par John et Jehn était une excellente idée même si j'avais vu en tout et pour tout un titre et demi de leur set. Quand aux Cold War Kids, ça n'était pas bien, pourtant je les aime beaucoup ces garçons. Le fait est qu'ils sont incapables de vraiment occuper un public de festival, ce qui est quand même regrettable vu leurs capacités indéniables. Détail intéressant, c'était le troisième groupe présent à la GNP que j'avais également vu aux Eurockéennes deux années auparavant, et aucun des trois (pas même Phœnix) n'est parvenu à livrer une performance du niveau de la précédente. Question de public ? Santigold ayant annulé, nous sommes allés voir Mix Master Mike, soit le DJ des Beastie Boys. Bon moi je ne suis pas très hip hop de ma personne (what a surprise je sais) mais ce fut hautement distrayant, même si Valentin a trouvé le moyen de passablement m'assommer et qu'on a alors perdu Perroline et sa sœur. Forcément l'entendre remixer Song 2 m'a mis en joie. Après ça j'ai un peu un trou, pour résumer y'a eu le camping, des pizzas, des bières, du TV On The Radio et un set des Gossip où mon corps et mon esprit se sont livrés une terrible bataille, résultat j'étais debout mais psychologiquement déconnectée. C'était pas mal mais ça cassait pas trois pattes à un canard. Quand aux sirènes d'Etienne de Crécy, nous n'y avons eu droit que sous la tente, car c'était plus du domaine de nos capacités. Mais globalement ce fut extrêmement distrayant, donc bilan très positif/ à refaire etc ...

Bref il est tard, j'ai déjà beaucoup trop écris donc pour ce qui est de peaufiner le fond et la forme, on verra ça demain soir. Si je trouve un toit d'ici là.