8.17.2011

When you figure out what's real I'll be standing here, a little bit older but forgiving as night into day

Ayant la terrible sensation de tourner en rond depuis pas mal de temps, j'avais lâchement laissé tomber ce blog, lassée de conter mon quotidien pas toujours fascinant d'étudiante à Paris toujours perdue entre deux concerts et deux fails scolaires. 

 Mais comme la semaine dernière j'ai un peu unlocké un life achievement en me rendant à Göteborg pour le Way Out West festival, j'ai décidé de sortir The Queen Is Dead de son état végétatif, au moins le temps d'un article. Si vous avez suivi mes aventures bloguesques ces dernières années, il ne vous aura probablement pas échappé que la Suède est la terre de bon nombre de mes amours musicales, et que faire un tour là bas faisait donc partie de mes objectifs de vie les plus pressants. Le WOW, jeune festival à la programmation toujours exquise et situé en plein coeur de la ville, était donc l'occasion rêvée d'enfin mettre les pieds sur la fameuse terre promise.

 Il faut déjà savoir que concept du Way Out West diffère légèrement de celui de la plupart des festivals de son gabarit: c'est en quelque sorte deux festivals en un. D'un côté, le Way Out West, festival open-air tout ce qu'il y a de plus classique, avec 3 scènes dans un superbe parc et des artistes qui s'enchaînent de midi à minuit environ. De l'autre, le Stay Out West, son penchant late-night où les concerts, encore plus nombreux que ceux de la journée, sont disséminés dans les clubs (mais pas que) de la ville. Le tout est aussi agrémenté de projections de films et docus musicaux, cependant nous n'avons pas vraiment eu l'occasion de tester cet aspect là du festival, mais sans trop de regrets comme la plupart d'entre eux étaient diffusés dans la fort jolie mais également complexe langue locale.

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Nous avons donc commencé jeudi soir au Trädgår'n, sorte de club / casino / salle de concert (on a pas trop su déterminer ce que c'était, probablement un peu tout à la fois) où on a vu se produire un groupe complètement inconnu au bataillon dont nous recherchons toujours l'identité. Si j'ai bien compris c'était les vainqueurs d'un concours organisé par Telia, le Orange des Suédois, l'un des partenaires principaux du WOW. On est ensuite passés aux choses sérieuses avec The Radio Dept. Pour mon plus grand bonheur, le trio Suédois avait été annoncé la veille! Je les avais vu à La Flèche d'Or en mars dernier, où ils avaient livré une prestation de qualité, et n'espérais pas les revoir aussi tôt, et même si c'était beaucoup trop court, je n'ai pu faire autrement que de ressortir avec un sourire béat du délicieux enchaînement David / Never Follow Suit / Heaven's On Fire final. A la fin, ils ont collé un sample bizarre en quittant la scène et les gens sont devenus fous, du très grand white-people dancing à la sauce hipster locale qui nous a laissé stupéfaites. On a peu de temps après vu les demoiselles de Warpaint, un peu perdues derrière la fumée mais effectivement bien meilleures en live que sur disque, et j'ai un peu continué les sourires crétins avant qu'on reprennent difficilement le chemin de l'auberge de jeunesse où nous avions élu domicile pour la semaine. 

Le lendemain pas trop le temps de traîner, on est arrivé au Slottsskogen park peu après midi pour voir Edward Sharpe and The Magnetic Zeros ouvrir la partie plein air des festivités. Première raison de l'étonnement: le très grand enthousiasme du Suédois face à ce dangereux hippie mal peigné aux chansons relativement quelconques (pas nécessairement désagréables non plus, mais comme j'aime pas les hippies j'ai passé une bonne partie de son set à me gratter le cou d'un air dubitatif, surtout que la nana qui chante parfois avec Edward n'est pas du tout capable d'émettre des sons corrects, et finalement le public avait plus d'intérêt que la petite dizaine de musiciens sur scène donc ça m'a tenue occupée.) Après ça on avait faim donc on a retraversé le parc pour se poser devant l'Azalea, deuxième grande scène, où était installé Christian Kjellvander, un blond avec une voix grave délicieuse qu'on ne connaissait pas du tout et qui joue une alt-country assez heavy d'excellente facture. J'ai dégusté des taccos assise dans l'herbe devant ça et j'étais assez heureuse. Après on voulait un peu écouter les Avett Brothers mais c'était vraiment trop fort donc on a opté pour l'option bière. Il faut savoir qu'en Suède tu ne peux pas acheter de la bière n'importe où sur les festivals. Il faut rentrer dans un espace spécial, avec contrôle d'identité à l'entrée, et tu ne peux pas ressortir avec ta bière dudit espace. Double effet: limitation des déchets et de l'alcoolisme. De manière assez astucieuse, on y trouve aussi des toilettes, dont une qui était tapissée de bonbons et de peluches. Ca a l'air gross dit comme ça mais il faut savoir que dans ce pays les gens sont super respectueux des toilettes, qui sont donc extrêmement propres par rapport à leurs homologues françaises ou britanniques (j'ai pas eu l'occasion de tester d'autres nationalités en festival), d'ailleurs globalement le site du festival est assez nickel, le suédois conserve et recycle ses déchets, il fume également peu donc pas de dizaines de mégots au m2 – ça vous change la vie, s'asseoir par terre est tout de suite moins dangereux. Bref thumbs up pour le civisme des Suédois et leur côté eco-responsable remarquable, c'est quand même sympa un festival qui évite un minimum le côté porcherie inhérent aux grands rassemblements d'homo sapiens.


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Après ça: nous sommes allés voir Janelle Monae, qui est armée sur scène d'un band de qualité, avec choristes, section cordes et percussionnistes doués. Elle a même une sorte de Monsieur Loyal pour ouvrir son show. Un bon moment live, dont nous avons cependant skippé la dernière chanson dans une optique de placement pour les Hives, qui enchainaient directement sur la Flamingo, la scène principale du WOW (quoi que de dimensions comparables à l'Azalea, petit mystère à ce niveau là). C'était mon 4° concert des Hives depuis 2007, et indubitablement le plus calme, plein jour et public très chill faisant. Animée par un profond amour pour les frères Almqvist et leurs trois acolytes, j'étais bien évidemment enchantée de pouvoir les admirer sur leur terre natale, et fut absolument ravie d'entendre pour la première fois ce grand moment de Barely Legal qu'est Hail Hail Spit N' Drool en live. On a aussi pris de la nostalgie dans le nez avec quelques jolis morceaux choisis du Black & White Album, et souffert de pas mal d'incompréhension pendant les longs discours inter-chansons de l'ami Pelle, évidemment pas en Anglais cette fois-ci, et nous avons donc du nous passer de ce qui est une part importante de leur live shows: le goût de l'enfant de Fagersta pour le non-sens. Je sais seulement grâce à une aimable festivalière ayant compris notre détresse que l'homme bitchait abondamment sur Prince, probablement amer de ne pas jouer plus tard dans la soirée. Comment lui en vouloir? Suite à cette agréable prise de nouvelles avec les Hives, nous sommes allés nous détendre face aux Fleet Foxes, autre groupe que j'affectionne beaucoup mais que je n'avais par contre jamais eu l'occasion de voir sur scène. Rien de bien spécial à raconter, c'était tout à fait charmant et la setlist était globalement solide bien que le nouvel album fonctionne quand même un peu moins bien que leur éponyme. Nous avons aussi su apprécier les petites blagues de Josh-le-batteur, qui lui proposait de reprendre Purple Rain (ce qui ne fut évidemment pas fait, Dieu merci).


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Ensuite Julie et moi avons laissé Anthony s'approcher le plus possible de son idole Robyn, contemplant l'affaire d'un peu plus loin parce que j'en attendais pas grand chose mis à part The Girl and The Robot. Pas mauvais, mais plutôt pas mon truc. Nous nous sommes après caillés très fort dans l'herbe en contemplant Thåström, gloire nationale ayant attirée de nombreux pères de famille en tshirt assortis voulant probablement revivre leurs 20 ans. On a rien compris car l'homme chantait en Suédois mais apparemment les gens étaient contents, et ça sonnait plutôt bien, puis les pères de famille étaient très intéressants à observer. Puis vint l'heure de l'autre headliner, le principal: Prince. On voulait quand même voir ça de pas trop loin, l'homme étant qu'on le veuille ou non un monument de la musique, mais la déception fut intense et le public bien trop dur à affronter pour qu'on n'ait pas envie de fuir au bout d'un quart d'heure (on retiendra particulièrement ce cinquantenaire en veste léopard qui a tout bonnement décidé d'allumer un cigare à côté de nous. UN PUTAIN DE CIGARE. Et en plus il portait un monocle, incarnation terminale du WTF). Nous ne furent les seuls à adopter la stratégie de la fuite face à ce dégoulinement écoeurant de guitares kitsch et de prétention vu la vitesse de croissance des rangs d'Empire of The Sun, qui se produisaient simultanément sur la Linné, aka la scène couverte (les Australiens pratiquent eux aussi une certaine forme de kitsch, je vous l'accorde, mais que voulez vous je kiffe leurs costumes). Une fois ma dose de 2009 ingérée, on a sauté dans un tram direction la même salle que la veille pour voir WU LYF, le nombre de places étant extrêmement limité. Une fois sur place, nous avons pu récupérer un bon spot dans le public, hélas une petite armée de « fans » Suédois surexcités et surtout surdéfoncés ont eu raison de mon genou et par la même occasion de ma capacité à apprécier le spectacle, même si je reconnais que les Mancuniens n'étaient pas mauvais. Mais c'est pas non plus the Second Coming donc fallait pas se mettre dans des états pareils. Ca m'a au moins donné une bonne raison d'administrer quelques coups de poing pour évacuer ma haine, ce qui fait toujours du bien. Après on s'est un peu perdus dans la nuit et on a dormi jusqu'à des heures pas correctes à cause de la fatigue.


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Nous étions cependant à l'heure pour le set de (ré)ouverture de Twin Shadow, qui étaient gravement touchés par la fatigue et des balances bien trop vite expédiées, cependant il est toujours agréable d'entendre Forget et Castles in The Snow, même avec un mix très discutable. Ensuite même schéma que la veille, on retourne s'asseoir dans l'herbe pour contempler du Suédois à guitare, cette fois ci le petit Tallest Man on Earth, bien seul avec sa folk sous le bras sur la grande Azalea. Lui aussi ajout de presque dernière minute au line-up, il nous a livré un set absolument ravissant et adapté au moment, rien à redire. Observation lointaine des Jayhawks en dégustant du riz sauce cacahuète avec des brochettes de poulets -le côté capital de la bouffe dans le contexte festivalier-, puis Noah & The Whale ont investi la scène pour livrer l'un des plus charmants sets de la semaine, à l'image de leurs jolis costumes propres et bien taillés. Là aussi c'était pour moi une première fois live, ayant raté les anglais à bien des occasions. Petit regret sur le manque de titres de The First Days of Spring, mais par contre ils nous ont joué une cover de Robyn qui a ravi pas mal de monde (moi j'aurais préféré un Stranger, mais que voulez vous). On a ensuite vu un petit morceau de Jamie Woon (pas très convaincant, assez James Blakien dans l'âme, which means chiant), puis la seconde moitié du set de Säkert afin de se positionner le plus près possible de la scène pour Pulp, ce qui n'était pas aisé vu le nombre de fans de Kanye au mètre carré, et pourtant le festivalier du WOW n'est pas du genre à attendre des heures devant une scène. L'attente devant la Flamingo s'est effectuée sur fond de Wiz Khalifa qui se produisait alors sur l'Azalea. Puis entrée en scène de Jarvis & co, qui ont délivré ce qui aurait pu être une excellente performance, hélas gâchée par une basse beaucoup trop forte (mais vraiment trop, du type qui vous fait vibrer l'arrière du crâne et vous paralyse un peu, ce qui n'est pas normal si vous voyez ce que je veux dire). Un concert en forme de best of mené par un leader bavard et toujours prêt à dépanner le public d'une barre chocolatée ou d'une bière, impossible de passer un mauvais moment dans ces conditions. Petite cerise sur le gâteau, la troupe est rejointe pour son dernier titre (évidemment Common People) par Tom, l'adorable petit violoniste de Noah & The Whale, qu'on avait aperçu un peu plus tôt sur le côté de la scène avec son camarade chanteur Charlie Fink, tous deux très occupés à réciter les paroles du groupe. Cette agréable surprise fut hélas gâchée par un violon complètement noyé sous cette foutue basse, mais le sourire ravi de Tom a servi de compensation.


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Vint finalement Ariel Pink, parmi les derniers groupes de la journée au parc. Plutôt fidèle à sa réputation, l'américain nous a déroulé un spectacle joliment bordélique mais pas trop non plus parce qu'il avait tout de même l'air assez ravi d'être là et de pouvoir librement hurler dans son micro. Un peu de sing-along sur Round & Round et nous nous sommes interrogés sur l'état de santé du Haunted Graffiti, son backing band plutôt irréprochable mais assez décharné. Nous avons ensuite retraversé le parc, observé la fin de Tiësto et ce qui devait probablement être la seule partie intéressante de son set, à savoir les canons à confettis, fumées et grands rubans option feu d'artifice. Force est de reconnaître que cette portion était plutôt impressionnante, mais sinon c'est assez boumboum dans la structure. Puis vint enfin Kanye West, le fameux, le tant attendu. Mise en scène à la fois sobre et titanesque: bas relief gréco-romain, scène immaculée avec un simple podium, et l'entrée sur une plateforme s'élevant dans la fumée, le spectacle en 3 actes, et absolument tous les tubes pour 2 heures de show. Il est littéralement impossible de rester de marbre face à ça, même si comme moi on est pas du tout fan des terribles débordements d'ego permanent de l'homme et de sa tendance à se comporter comme un rouleau compresseur. C'est un putain de show et les chansons sont bien là, puis on a même eu droit à un feu d'artifice à la fin, alors que demande le peuple? 

Puis Kanye est parti et je suis allée rejoindre le concert que j'attendais probablement le plus de tout le festival, à savoir celui de Matthew Dear dans l'Annedalskyrkan, une très belle église juste à côté du parc. Je suis un peu (understatement) fascinée par son dernier opus Black City depuis que je l'ai vu ouvrir pour Interpol au Zénith en mars dernier, et la simple idée de le voir jouer un album aussi vénéneux et sombre dans une église suédoise en pleine nuit m'obsédait. D'abord, il y a eu Nicolai Dunger qui a fait des très belles choses avec des guitares et des vocalises. Mes deux comparses de festival ayant opté pour d'autres options musicales ce dernier soir, j'étais seule avec des inconnus, sagement assise sur mon banc en bois, et complètement absorbée par la musique. Puis Nicolai & co ont quitté l'autel pour laisser place à Matthew, ses machines et son live band peu avant 2h du matin. Difficile d'imaginer une meilleure conclusion à un festival, tout était là: d'abord, l'acoustique et l'esthétique parfaite, avec l'immense crucifix en fond de scène et les lumières irréelles, et surtout les chansons stupéfiantes, bizarrement parfaitement adaptées à ce contexte surréaliste. Il est arrivé par l'allée centrale et a ouvert avec More Surgery, et après s'être balancés maladroitement sur nos bancs, nous avons fini au milieu du deuxième titre par nous lever pour danser entre l'autel et l'allée. Disparition totale et soudaine de toute forme d'inhibition. Même sur Slowdance on a été incapables de rejoindre nos sièges. On a atteint l'extase suprême trois ou quatre fois, Matthew et son néon portable étant simplement magistraux, et on aurait aimé que le concert ne prenne jamais fin parce que c'était bêtement beaucoup trop bon. Gem, où Matthew était seul aux machines, était indubitablement le plus beau moment, puis le reste du groupe est revenu, ils ont fait deux derniers titres avant de s'éclipser. Nous avons donc quitté le lieu sacré les oreilles bourdonnantes vers 3 heures du matin, tirant nerveusement sur nos cigarettes tout en tentant de faire sens de ce concert si particulier. Et cette fois ci j'ai pas pris le tram, pour tenter de prolonger cette fin parfaite de Way Out West. 

(sinon au niveau des photos nous avons: Nicholaus et Pelle des Hives, Robin et Skye des Fleet Foxes, le groupe de papas qui se soutenaient psychologiquement pendant Thåström et le bassiste de WU LYF qui n'a pas gardé longtemps ses vêtements. J'ai hélas été lâchée par ma batterie le samedi)

11.09.2010

It's A Lovely Night With The Moon In The Sky-e-oh



Je viens à l'instant de relire l'article précédent, qui fait un peu « Juliet au pays des bisounours » parce que je l'avais rédigé suite à mon mois entièrement consacré à Interpol et là nous sommes déjà en novembre, je tente présentement de faire corps avec mon lit et il pleut presque sans interruption depuis trois jours. Autant dire que l'état d'esprit n'est plus exactement le même. Ceci dit la dernière semaine ne fut pas si terrible que ça (si encore une fois on ferme les yeux sur la demi-tonne de DS indésirables et les gens chiants que je croise quotidiennement à ScPo et ailleurs). J'ai passé deux jolis soirs à la Cigale. Le lundi pour My Chemical Romance parce que oui, j'ai franchis le pas, sans regret. A ce stade là, deux possibilités s'offrent à vous: vous pouvez me juger directos, fermer l'onglet ou de sauter quelques lignes, ou alors aller lire les 15 paragraphes que j'ai rédigé à ce sujet sur Sizzling Youth si c'est pas déjà fait. Je n'en reparlerai pas ici, je vous épargne ça, voyez un peu ma grandeur d'âme. Vendredi c'était le deuxième soir du Festival des Inrocks, et un peu la journée de l'affiche pour moi: en fait j'étais suivie par une équipe de tournage pour l'enregistrement du pilote d'un nouveau concept de doc, l'idée c'est en gros « un artiste, un professionnel, un fan » et moi je jouais le dernier rôle, l'awkwardness en bandoulière et mes amis hilares. Ca a quand même donné lieu à un ou deux moments bien drôles, comme quand alors que j'attendais mes petits camarades à côté de la queue de la salle pas encore ouverte (et donc l'équipe de tournage à mes trousses – non, en vrai ils étaient gentils) Marcos et Thomas de Surfer Blood qui s'apprêtaient à tourner un Concert à Emporter pour la Blogothèque sont venus me faire des mega-hugs en mode « heeey how's it going/ ah ça fait plaisir de te revoir/ qu'est-ce que tu deviens depuis mai?! » pendant que le public en attente me lançait des regards bizarres voulant vraisemblablement dire « mais c'est qui celle là? ». Dans mon coeur ça faisait juste flop-flop avec des coeurs parce que c'est quand même génial quand ta vie rencontre ton iPod, et que les gars de Surfer Blood sont juste super adorables donc j'étais ravie de les revoir.




Free Energy étaient chargés d'ouvrir les réjouissances, et comme ils sont nettement plus intéressants sur scène que sur disque, c'était bien sympa dès l'instant où je suis parvenue à faire abstraction de l'oeil de la caméra sur mon épaule. Surfer Blood nt pris la suite, on était principalement là pour eux et ils n'ont pas déçu un seul instant, ils jouent mieux que jamais puis ça fait toujours du bien de gueuler « I DON'T WANNA BE YOUR CATHOLIC PAAAGAN» dans les oreilles des filles chiantes qui squattent le devant de la fosse dans l'espoir de pouvoir pincer les fesses de Carl Barât. Free Energy sont venus faire mumuse avec eux pendant Swin, ambiance bonne enfant. Puis le Carl en question est arrivé, pas du tout désagréable mais un peu hors sujet dans cette soirée très nouvelle scène américaine. Il a remué en moi la nostalgie encore bien vivace de mes années Libertines en jouant The Man Who Would Be King ou encore Don't Look Back Into The Sun, c'était beau, puis le soupçon de Dirty Pretty Things était aussi appréciable: les premières renvoyaient au collège, les secondes au lycée, un vrai concert en forme de Madeleine de Proust. Mais bon, le Carl solo c'est quand même pas vraiment ça, et je dis ça entant que membre de longue date de la team CB. Après ça on a un peu cherché nos amis de Floride mais sans grand succès donc à la place on a discuté avec le chanteur de Free Energy, un mec bien coolos comme il faut qui m'a d'entrée de jeu complimenté sur mon tshirt No Age donc on ne pouvait que bien s'entendre. Il m'a sorti de nulle part « you're the girl being filmed, right? » et je me suis un peu sentie repérée mais après la conversation a dévié sur les Strokes, ce qui était un peu mieux pour ma dignité. Enfin il y a eu un bon petit concert des Drums avec un Jonathan au jeu de scène plus fascinant que jamais et un Jacob (plus connu sous le nom de « Le Tambourin », coucou les filles du Teazine) qui nous a livré ce qui doit être à ce jour sa performance chorégraphique la plus poignante sur Down By The Water. C'était indescriptible de grâce, au balcon on était juste subjuguées. Tout Surfer Blood observaient leurs potes depuis le côté de la scène, et pendant Let's Go Surfing Marcos le percussionniste a cru qu'il pouvait voler et a tout bonnement sauté vers le milieu de la fosse, tuant probablement deux ou trois personnes au passage. C'était bien. On les a retrouvé juste après la fin du concert, l'occasion de catch up, de s'assurer que Marcos n'avait rien de cassé et de se faire réinviter pour leur tournée avec Interpol (oui qu'est-ce que ma vie). Après ça y'a eu l'after au Bus Palladium, un endroit franchement pas fascinant où la bière est carrément hors de prix (8€ le soft/ la bière, LOL) mais comme on est vachement rebelles avec le guitariste de Free Energy, j'ai planqué une bouteille sous son sweater de hipster sauvage de Philadelphie et la vie était un peu meilleure. Ce fut vaguement le bordel, une longue recherche d'un Marcos qui a fait des siennes à plusieurs reprises, j'ai filé des clopes à Jonathan des Drums qui a une manière super sympathique de signifier sa reconnaissance (je pars du principe que c'est sa crève que je me suis traînée depuis vendredi, même s'il n'était pas nécessairement malade), on a fait connaissance avec Kevin, nouveau membre de Surfer Blood à peine plus âgé que moi et tout aussi gentil que ses congénères, et vers 3h du mat j'ai décidé qu'il pourrait être pertinent pour mon avenir et mon midterm d'Histoire qui avait lieu à 8h du mat de rentrer chez moi. J'ai donc eu droit à un comité de soutien de qualité et plutôt rock'n'roll, psychologiquement ça m'a vraiment aidé parce que j'étais sûrement la seule à Arcueil dans cette situation. Bref, la soirée fut bonne. Maintenant il nous faut juste trouver un moyen de retourner les voir très bientôt avec en bonus trois mecs qui s'appellent Daniel Kessler, Sam Fogarino et Paul Banks qui font une tournée avec eux, parce qu'on te propose pas ça tous les jours et qu'il me faut encore et toujours trouver un sens à mon quotidien.

9.28.2010

Coming Out of The Waste.

Donc je suis revenue à Paris, des bonnes résolutions pleins les bras car l'espèce de demi année sabbatique que fut 2009/2010, c'était une fois et pas deux, et qu'à un moment faut bien découvrir le concept de travailler, prendre un e-cours, résister à la tentation de se connecter sur twitter même si le prof est soporifique et qu'au milieu de 600 personnes y'aura personne pour te dire quoi que ce soit, à part peut être Agathe qui tente de te sauver la mise même si elle a déjà bien compris que tu avais coulé à peu près en décembre dernier quand tu es restée bloquée un matin à la cafet avec une barre qui te traversait le crâne et le regard vide alors qu'Etienne Wasmer enseignait la microéconomie dans l'amphi juste au dessus. Bref j'ai merdé, j'en suis bien consciente et là je suis supposée (que dis-je, je vais!) me reprendre en passant plus de temps dans les salles de travail du 28 rue des Saints Pères que dans les salles de concert du 11°, 19° et 20° arrondissement. C'est pas facile mais force est de reconnaître qu'il va me falloir passer par là si je veux mettre à profit ma présence dans cet établissement en obtenant une place dans une université américaine pas dégueulasse où je pourrai me la couler douce pendant un an en complotant pour trouver un moyen de pas rentrer sur le territoire Européen courant 2013. Oui j'en avais déjà parlé y'a 6 ou 7 mois, à un moment où je pensais encore avoir vaguement le ressort psychologique nécessaire pour sauver mon année, mais là j'ai plus franchement le choix, faut que je fasse honneur à ma personne. Puis finalement je crois que ça va me faire du bien de retrouver ma génération de base, celle que j'avais abandonné en CP avec bonheur grâce à un prof plus malin que la moyenne, ça m'a fait du bien de pas en glander une, d'être enfin l'élève du fond de la classe qui ferme son cerveau et refuse de comprendre parce que Pac Man c'est quand même plus important que l'autonomisme espagnol. Je me suis dit que c'était probablement le seul moment où je pouvais encore me le permettre sans conséquences trop lourdes pour la suite, même si c'était pas forcément l'attitude la plus correcte qu'il soit. Mais scolaire aside, l'année fut bonne.


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Ceci dit loin de moi l'idée d'opter pour une existence monacale, cette nouvelle année s'annonce même plutôt excitante sous certains aspects. Déjà, j'ai réalisé quelque chose de Grand: j'ai eu Interpol face à moi, deux fois en l'espace d'une semaine, et voilà, je suis pas passée loin de la mort cérébrale quand ils ont fait des trucs comme Take You On A Cruise, Rest my Chemistry ou Leif Erikson. Le concert de Paris fut gâché par un son franchement médiocre, ce qui arrive beaucoup trop souvent au Trabendo, mais fort heureusement le rattrapage à Bordeaux fut tout bonnement magistral. Set list à se pâmer, j'ai un peu défailli quand Daniel Kessler a entamé The Lighthouse au premier rappel, groupe au top et extrêmement heureux et souriant (oui oui, chez Interpol on est aussi capable de sentiments et expressions positifs) puis c'était l'anniversaire de Daniel donc ils devaient être particulièrement enjoués et chose rare, nous ont fait un second rappel inespéré qu'ils ont fermé avec Stella. Là tu peux te dire "que demander de plus"? Et bien tout simplement une sorte d'adoubement de la part de Sam Fogarino, que j'avais croisé complètement par hasard à Paris en début de semaine alors que je me rendais en cours le moral au fond de mes converses. Sam est venu m'offrir ses drumsticks en accompagnant ce geste d'un baisemain et du coup je ne savais plus trop où j'habitais parce que Sam Fogarino c'est tout de même à peu près le batteur le plus classe de l'univers et que ces choses là ne sont pas trop supposées arriver dans la vraie vie. Après le concert je suis allée le remercier et là j'ai fondu à nouveau quand il m'a dit que c'était great de voir my face. Life achievement unlocked, justification de 5 ans d'amour pour ce groupe et surtout leur musique. Je pourrais continuer cet article pendant longtemps mais j'ai l'impression d'avoir déjà déversé un peu trop de trucs donc je vais m'arrêter là. Tout ça pour dire que je suis globalement très heureuse et que j'espère que le reste de mon existence va prendre le train en marche.

Sinon j'ai écris cet article d'une traite, ça faisait longtemps et ça fait du bien, même si j'en ai probablement profité pour inventer au passage une poignée d'expressions inexistantes.