22.12.08

A Feeling That You Have That Could Change Your Life


L'année dernière j'avais fait ici même un sondage pour créer un classement des meilleurs albums de l'année 2007, mais je m'étais retrouvée un peu dépassée par les évènements puisque j'avais eu à peu près 60 tops 5 à disséquer et à classer avec un système à points assez laborieux, donc du coup cette année puisque j'ai traversé le début du mois de décembre dans un nuage de flemme et de démotivation impressionnant, je n'ai pas récidivé. Si vous souhaitez vous rafraichir la mémoire, le top est là. C'est assez drôle à relire rétrospectivement et du coup je regrette presque de ne pas avoir réitérer l'expérience cette année. Peut être en décembre prochain si mon blog et moi-même survivons à ma première année post-bac ! Du coup cette année auto-top très subjectif donc. Claire/Velvet Jacket en a fait un très bien, je vous conseille d'aller le voir, surtout si le mien vous ennuie trop.

Puis si vous avez une passion très forte pour les tops de fin d'année, le NME a eu une idée intéressante (si si je vous jure), et a compilé sur un de ses multiples blogs plusieurs tops en provenance de divers journaux et autres sites influents américains et britanniques afin de tenter d'établir un top "définitif" de l'année 2008. Le résultat n'est pas franchement très convaincant mais pris un par un, les classements sont assez intéressants. Bon, le fait que TV On The Radio soit numéro 1 demeure pour moi un mystère puisque j'ai vu ces derniers en concert à l'été 2007 aux Eurocks et que j'avais trouvé ça vraiment très ennuyeux. D'ailleurs on avait fini par aller se coucher dans l'herbe parce que rester debout et complètement statiques devenait très douloureux pour nos pauvres jambes. Bref.

Donc voici mon classement plus ou moins définitif:

1/ MGMT - Oracular Spectacular
Si vous avez cette année suivi avec un minimum d'attention ce blog j'imagine que vous n'êtes vraiment pas étonnés de les retrouver là, mais la première place pour ces messieurs me semble être une simple évidence. Time To Pretend fut une claque visuelle et sonore, et l'album m'a accompagné pendant la majeure partie de l'année. Comme je ne parviens toujours pas à m'en lasser même après un concert en demi teinte le mois dernier, et ne serait-ce que pour Future Reflections, ils méritent vraiment le titre de champions 2008. Et tant pis si on est au degré zéro en matière d'originalité du choix.

2/ Late Of The Pier - Fantasy Black Channel
Leur cas a déjà été traité à maintes reprises en ces pages, ainsi je doute qu'il soit vraiment nécessaire de m'étaler à nouveau sur l'amour que je porte à l'intégralité de cet album et à tous ses petits sons de claviers complètement improbables qui ont le chic pour provoquer chez ma personne d'extrêmement inquiétantes danses d'inspiration tribale floue. Je m'attendais à beaucoup pour cet album et il était tout sauf décevant.


3/ Cage The Elephant - Cage The Elephant
Encore un groupe dont le premier single m'a beaucoup marqué. In One Ear, et tout le reste de leur premier album, c'est merveilleusement crade, primitif, adolescent, limité régressif par moment et juste génialement efficace tellement ça sent la sueur. J'adorerais pouvoir les voir en concert dans un minuscule club où la température frôlerait les 50°C. Je les soupçonne d'ailleurs d'être à l'origine d'un profond bouleversement dans mon existence : hier je me suis acheté une paire de Vans alors que depuis que je suis rentrée en 4° je ne porte quasiment que des Converses. Ça peut paraître crétin mais en fait je vous assure que ça a son importance.

4/ Cut Copy - In Ghost Colours
J'avais téléchargé cet album il y a peut être 6 mois de ça mais ne l'avait alors écouté qu'une seule fois, et d'une seule oreille. Il y a un peu moins de deux mois, ayant comme l'impression d'être passée à côté de quelque chose de grand, je l'ai réécouté, et bam. Depuis je suis simplement sous le charme et ai entamé une laborieuse thérapie de réécoute de tous ces albums téléchargés cette année et laissés de côté beaucoup trop rapidement. Ca m'a permis de corriger deux ou trois oublis déjà. Hearts On Fire est une merveille, facilement dans le top 5 de mes chansons de l'année et dernièrement elle a été plusieurs fois suffisante pour me redonner le sourire dans les moments de spleen. Bref un must have.

5/ Foals - Antidotes
Mettre à la suite deux titres comme Red Socks Pugie et Olympic Airways sur un album après avoir sorti des singles de la trempe d'Hummer et Mathletics, ça vaut bien une place dans le top 5, puis leur concert au Trabendo en avril dernier demeure un excellent souvenir. Etrangement je n'ai pas grand chose à rajouter par rapport à cet album... On en a déjà beaucoup parlé et on les a vu un peu partout cette année, à peu près tout le monde a déjà écouté Antidotes. J'attends la suite de leurs aventures musicales avec pas mal d'impatience et surtout beaucoup de curiosité.

6/ Fleet Foxes - Fleet Foxes
Eux, ça a été l'album de la fin de l'été, et des titres comme White Winter Hymnal et He Doesn't Know Why ont constitué la BO parfaite pour me pérégrinations au milieu des montagnes sauvages des indiens Micmacs cet été au milieu des immenses parcs naturels Canadiens. Oui c'était terriblement et magnifiquement cliché tant leur musique sent bon les torrents glacés et la forêt de pins, mais c'était vraiment le cadre parfait pour apprécier ce genre de groupe. Ils ont été cités un peu partout dans les classements de fin d'année et le méritent amplement, car un album répondants aussi peu aux normes de la musique récente qui reçoit tant de louanges des critiques, ça fait assez chaud au cœur et ça vous donne très envie d'élire domicile à vie dans les chemises de bûcheron La Forestière de votre père.

7/Tokyo Police Club - Elephant Shell
Ok, tout le monde sera d'accord sur le fait que ce premier album ne vaut pas l'EP culte qui l'a précédé, A Lesson In Crime, où chaque titre était juste parfait, mais on tiens quand même là une très belle collection de chansons de qualité, entre Juno, The Harrowing Adventures Of..., Your English Is Good et Listen To The Math, puis j'ai beaucoup d'affection pour ce groupe. Je vous conseille chaudement la série de vidéos sur Youtube où Dave Monks interprète seul en acoustique des titres du groupes. C'est vraiment beau, on en a presque la larme à l'oeil. Je vous conseille au passage de vous procurer l'édition collector de l'album, le deuxième CD de remix vaut l'écoute.

8/ Vampire Weekend - Vampire Weekend
Ces quatre là s'en sont pris plein la gueule pendant une bonne partie de l'année après avoir soulevé un tsunami médiatique assez impressionnant dans le monde de la musique indie en assumant fièrement leur look preppy, leurs petits mocassins portés sans chaussettes et leurs bongos, créant une fossé assez impressionnant entre les pro-VW et les anti-VW, comme si une simple indifférence n'était pas concevable à l'égard d'une formation qui a tant fait parler d'elle. Au final les choses se sont tassées et reste un premier album extrêmement frais qui fait du bien, ainsi qu'une poignée de single de haute facture, spécialement l'excellent Oxford Coma. Ca se réécoute régulièrement avec plaisir sans jamais s'user, puis Ezra est aussi craquant qu'un petit chaton. (Oui fallait bien qu'à un moment je fasse un commentaire sur le physique avantageux du chanteur d'un groupe, sinon cet article ne serait pas digne de moi.)


9/ Jay Reatard - Matador Singles '08 + Singles 06-07
Une place aussi élevée dans le classement peut paraitre au premier abord un peu étrange étant donné que j'ai découvert vraiment ce jeune homme il y a à peine un mois et demi, mais là je suis encore sous le charme. Ce ne sont pas des albums à proprement parler, mais dans le fond c'est tout comme. Ce gars se bat régulièrement avec son public en live (aller jeter un coup d'œil sur Youtube, ça vaut le détour), ses singles sont globalement très jouissifs, il joue sur une Flying V, bref c'est un mec tout simplement très rock'n'roll, et quand on y réfléchis bien c'est assez rare ces derniers temps, donc il mérite d'être mentionné, entant que fier résistant à l'aseptisation de la musique rock en général

.10/ Get Well Soon - Rest Now, Weary Head You Will ...
Un album Allemand, histoire d'internationaliser un peu l'ensemble... Surtout un très bel album, un des plus beaux de l'automne, qui ne fut pour être honnête pas vraiment très fournis en matière de merveilles musicale. C'est doux, juste assez mélancolique pour ne pas être complètement déprimant non plus, et c'est une belle réussite à écouter de toute urgence.


11/ Lightspeed Champion - Falling Off The Lavender Bridge + Bad covers EPs
Celui là, j'ai failli l'oublier de ce récapitulatif de fin d'année, car dans mon esprit c'était un album de 2007 mais après vérification, il a bel et bien été publié en janvier dernier et pas plus tôt comme j'en étais persuadée. Cet album était un virage étonnant pour un gars qui a fait partie de feu les Test Icicles, et en gros en passant au folk soit il se cassait complètement la gueule soit c'était une vraie réussite. Coup de bol, il a choisi la deuxième option, et cet album est une petite pépite. S'il figure dans le top 10, c'est aussi en bonne partié grâce à ses merveilleux EP de reprises dont je suis simplement très fan. Mention spéciale à ses relectures des Strokes, de Patrick Wolf, des Killers et d'Amy Winehouse.

12/ Deerhunter - Microcastle
Egalement membre du club "découvert sur le tard" (j'avais vraiment pris du retard sur les sorties musicales de qualité depuis septembre, mais là tout d'un coup ça va beaucoup mieux. Mon futur s'en illuminerait presque), cet album est une petite pépite qui a reçu une note de malade chez Pitchfork, car dépasser la barre des 9 points chez eux ça relève quand même un peu de l'exploit réservé aux albums de la trempe de Turn On The Bright Lights ou Funeral. J'en suis encore à un stade de découverte par rapport à cet album, et il est fort probable que si je recommençais ce classement dans quelques semaines il ait gagné quelques places.

13/ These New Puritans - Beat Pyramid
Leur concert en plein air au beau milieu de l'après midi à Rock En Seine quand j'ai enfin eu l'occasion de les voir en live m'avait vraiment laissé sur ma faim, mais cet album m'a marqué cette année et méritait d'être mentionné dans ce classement. Coup de coeur spécial pour Infinity Ytinifni, Swords Of Thruth et Elvis, qui fut l'un des meilleurs titres de 2007.

14/ Of Montreal - Skeletal Lamping
Kevin Barnes c'est un peu un genre de musicien ultime que tout le monde est contraint d'idolâtrer dans un coin de son coeur, pour une raison ou une autre: ses mini shorts en lamé or en sont une, sa capacité à poser les paroles les plus déprimantes qui puissent exister sur des mélodies sous ecstasy en est une autre. Certes, Skeletal Lamping est loin d'atteindre les hauteurs stratosphériques de son glorieux prédécesseur, l'immense Hissing Fauna, Are You The Destroyer ? (ne craignons pas l'abus de superlatif, il est ici question d'Of Montreal, un des groupes les plus extrêmes de ces dernières années, surtout scèniquement.), mais quand même, il est d'une redoutable efficacité qui aurait rendu obscène son absence dans ce classement

15/ Sigur Rós - Með suð í eyrum við spilum endalaust
(Je reconnais au passage avoir eu recours au copier/coller pour ce titre, trop de caractères étranges pour moi) . Donc Sigur Ros quinzième parce c'est juste beau, et que j'aime le fait de ne strictement rien pouvoir saisir des paroles. C'est vraiment reposant. Juste un très bel album.

On termine avec quelques statistiques parce que c'est parfois parlant:
-7 groupes/ artistes américains.
-4 britanniques
-2 canadiens
-1 australien
-1 allemand
-1 islandais (ouh l'oubli)
Donc niveau nationalité complet renversement de situation par rapport à l'année dernière où le top 15 était trusté par des anglais. Pas de Suédois, aaah. J'ai presque honte.
On constate aussi qu'il y a quand même ici 9 debut albums. Ce matin je lisais justement l'article récapitulatif 2008 des inrocks (je commence à être obsédée par ces histoires de récapitulation à force) et en ressortait la même conclusion : beaucoup d'excellents 1° albums. C'est un peu bizarre quand même, et leur tentative d'explication du phénomène ne m'a pas franchement convaincu. faudrait quand même chercher à en conclure quelque chose. Mais je pense que l'année prochaine la tendance risque de se calmer, puisqu'on devrait avoir droit à pas mal de retours de poids lourds de la musique "indie", ce qui risque d'être très excitant sauf si les groupes concernés décident de se la jouer KOL et de nous faire des bouses. Enfin mes dons de voyante ne sont pas vraiment la chose la plus fiable qu'il soit. J'espère juste un règne des White Lies.


Sur ce, puisqu'il n'est pas du tout certain que je rédige un autre article d'ici 2009, je vous laisse avec les traditionnels et indémodables vœux des Strokes et de Wiz Kid mgmt et vous souhaites à tous d'excellentes fêtes. (Ouais c'est un peu mon principal souhait pour l'année à venir les gars sur la photo.)

13.12.08

John Was A Scientist, He Was Hooked On LSD.

J'ai pas écrit depuis deux semaines et j'en suis assez désolée, un blog ça devrait être plus vivant et réactif. Le fait est que ces derniers temps j'ai eu affaire à pas mal de problèmes moyennement drôles et même carrément pesants, et du coup j'ai développé une fâcheuse tendance à faire l'ermite le weekend et les mercredis quand je rentre chez moi, en coupant mon téléphone et en passant des heures entières sur les mêmes choses peu constructives : des vieilles photos, de vieux polars comme j'en lisais 3 par semaine en 4°, mes acryliques avec lesquelles je ne parviendrai probablement jamais à un résultat concluant, des vieux magazines que je trie consciencieusement. J'explore un à un tous les stades de la lose typique post-fin du 1° trimestre / pré-vacances de Noël, c'est charming. C'est un moment de l'année où on fait plein de bilans histoire de se dire qu'on a quand même réalisé deux ou trois trucs concluants en 2008, souvent on en tire des conclusions pas très réjouissantes, et au final on fini par espérer à chaque fois que l'année suivante sera plus trépidante. D'ailleurs j'ai bon espoir quand à 2009, puisqu'enfin je m'extirperai de la torpeur ardéchoise pour un endroit qui m'est encore inconnu mais qui dans tous les cas représentera une amélioration. Je vois difficilement comment il pourrait en être autrement en partant de là.


A part ça d'ici une dizaine de jours "I'm heading up north to a place that I know", comme diraient Peter, Björn et John (ma swedishophilie est en recrudescence dernièrement, ce matin j'en suis même venue à citer Start To Melt de ces messieurs dans un DS d'anglais sur Malcolm X. Je demeure à la recherche du rapport entre les deux. Et y'a Mando Diao qui revient un peu au centre de mes préoccupations pour cause d'arrivée imminente d'un nouvel album, ce qui arrive à intervalles très réguliers). Je vais donc à Lille puis à Dunkerque, et ce séjour pouvait difficilement mieux tomber. Ça fait un an et demi que je n'y suis pas allée et j'en suis au stade "manque physique et psychologique des briques rouges humides de Denain", donc là, pouvoir renouer avec les vieilles traditions vacancières familiales et changer d'air ne pourra que me faire du bien, je n'aurai temporairement plus cette impression de tourner en rond. Puis j'ai très envie de passer un après midi entier chez le Furet du Nord, d'arpenter la digue forcément déserte de Leffrinckoucke sous la pluie, de flâner dans Valenciennes avant de finir la journée au Gaumont donc la taille m'impressionnait tant quand j'étais petite, bref j'ai très envie de retrouver tous ces vieux clichés que j'affectionne tant, ces endroits qui font au final plus partie de moi que n'importe quel coin de l'Ardèche. J'ai envie d'appeler ça le bon vieux temps, mais à 16 ans ça serait un peu pathétique. Oui je revendique mon droit à l'article pseudo-emo.


Et avec tout ça la musique s'est un peu mise de côté d'elle même et je suis limite larguée, mais ça n'est que temporaire, et donc je recommencerai les playlists début janvier, promis. Je finirai en disant que le nouveau single de Mando Diao pue, j'ai donc très peur pour la suite. Enfin en même temps ils font des albums chargés, donc je dois surement m'inquiéter pour rien.