29.10.09

Under Your Tweeds You Sweat Like A Teenager

Oui finalement je suis prévisible donc review. Non non ne fuyez pas tout de suite, cette fois ci ça n'est pas de l'ultra review chanson par chanson avec mention de chaque détail capital (exemple "chanson 5, +2 minutes 13 : Ezra attrape une bière et fait un sourire à Rostam avant d'attraper un nouveau médiator"). Non non. J'y ai bien réfléchis et je crois que je ne parviendrai plus à atteindre ma référence personnelle en matière d'ultra review, soit Damon, Graham & co cet été, donc je vais arrêter de m'obstiner pendant un certain temps, et on sera tous content. Je vais -un peu- abréger, parce que je ne peux pas non plus complètement m'empêcher de narrer mes derniers concerts en date. Il faut dire que les dernières semaines furent passablement remplies (traduire: "je n'ai pu consacrer que la moitié de mon temps à Friday Night Lights"). J'ai commencé par un petit enregistrement fort sympathique de l'album de la semaine avec ces très chers Wolfmother, pour me consoler de ne pas avoir pu assister à leur performance au Trabendo la semaine précédente, et ces messieurs nous ont au passage gratifié d'une fabuleuse reprise de Wuthering Heights de Kate Bush, le genre de choses qui vous poussent un peu à vouloir épouser Andrew Stockdale, son amour du vin rouge et sa merveilleuse afro sur le champ. 

Egalement  à signaler un passage par le concert événement de Vampire Weekend au nouveau Casino, annoncé deux semaines avant et qui s'était tranquillement rempli pendant que je végétais en micro-économie (cette matière est une plaie), car évidemment j'avais mal noté la date de mise en vente des places et ces dernières s'étaient vendues comme des petits pains sur la journée. Par chance j'ai obtenu un précieux ticket à la dernière minute et ai donc eu l'immense plaisir d'admirer les américains de très près en pleine nuit. J'ai déjà du le mentionner dans l'article sur Rock en Seine, mais toujours est il que leur nouveaux titres sont vraiment très bons et laissent entrevoir un excellent album pour Janvier prochain. Vous avez tous je l'espère écouté Horchata, leur fort plaisant single téléchargeable gratuitement sur leur site officiel, et qui n'est qu'une petite partie de l'iceberg Contra. Cousins, Holiday, Run et California English sont tous des titres de très bonne facture, et le premier sera d'ailleurs le prochain single du groupe. Les mocassins et les chemises bien repassées ont donc encore de beaux jours devant eux.

 

Ensuite j'étais hier soir supposée voir Jay Reatard à la Maroquinerie. Il faut rappeler qu'en ce mercredi 28 le Parisien amateur de rock avait le choix entre les Dead Weather à l'Olympia, White Lies et Darker My Love à l'Elysée Montmartre et Jay Reatard à la Maroquinerie. J'avais rapidement écarté la première possibilité, parce que hors de prix et public probablement navrant: pour faire simple en ce moment je n'aime vraiment pas Alison Mosshart, son imagerie et les fans assortis, surtout leur version parisienne. Bref. Après longue réflexion, mon choix se porte sur l'Américain à problèmes, parce qu'un concert de Jay Reatard ça promet d'être forcément crade, chaotique et parfumé à la vodka, donc parfait, alors que pour ce qui est des White Lies, même si j'ai pour eux une sympathie incontestable (mon côté Dark, encore et toujours), ça n'aurait peut être pas été extrêmement folichon. Sauf que Jay Reatard il est tellement rock'n'roll et cool que le gars ne s'est carrément pas pointé, enfin rectification, il était là dans l'aprem mais a finalement décidé de ne pas jouer. Donc vous imaginez aisément ma face déconfite devant la Maro quand j'ai aperçu l'affichette "annulation de dernière minute" et le flot de poétiques insultes qui s'est naturellement échappé de ma bouche. En compensation on pouvait se faire rembourser nos billets, et voir la première partie qui jouait quand même, et gratuitement. On ignorait totalement qui était ces messieurs répondant au doux patronyme de The Experimental Tropic Blues Band mais de toute façon nous n'avions rien de mieux à faire que de rester. Et c'était une expérience ... intéressante. En gros ces gars halètent et gueulent plus qu'ils ne chantent, aiment venir te hurler dans l'oreille sans ton consentement et surtout ont un réel penchant pour l'exhibitionnisme. Mais pas l'exhibitionnisme rock de base genre "je fais des choses obscènes à mon micro/guitare/bassiste/ampli" (rayer la mention inutile). Non non, du vrai exhibitionnisme pur et dur, auquel tu n'as pas nécessairement envie d'assister. En effet, le guitariste n'a rien trouvé de mieux que de se mettre à poil en plein milieu du set. Au début on le voyait tripoter allègrement sa braguette mais on refusait de croire à la réelle possibilité d'un strip tease mais en fait si, il s'est vite débarrassé de toute forme de pantalon et de slip. On a un peu hésité entre la perplexité et le traumatisme, l'homme disposant d'une impressionnante pilosité, et au final on a opté pour de la bière histoire de nous remettre un peu en l'état. Le chanteur nous a également déclaré que "sans capote c'est mieux parce que c'est plus dangereux", bref ces trois Belges étaient charmants et équilibrés, et nous auront vraisemblablement laissé un souvenir durable. On nous a demandé si on était avec le groupe. Genre j'ai une tête à fricoter avec des Belges lubriques peut être.


Donc Paris, ville pleine de surprises et de distractions. Samedi on ira fêter Halloween au concert des Friendly Fires et c'est évidemment déguisé, alors si vous comptez être de la partie faîtes donc un petit effort vestimentaire, ne lésinez pas sur le faux sang et autres maquillages douteux, mes comparses et moi même nous sentirons peut être ainsi un peu moins seules. 


Neon Indian - Terminally Chill

The Swell Season - In These Arms

Teitur - The Girl I Don't Know

19.10.09

A Darker Day Has Hold At Last

Patrick, Patrick, Patrick. Je sais pertinemment qu'à l'heure qu'il est vous avez probablement déjà lu une demi douzaine de reviews étant donné que la moitié de la blogosphère avait fait le déplacement pour observer l'Homme au Nouveau Casino vendredi dernier (Hans, Automatic Druggie, etc... du beau monde), mais qu'importe. C'était trop bon pour que je n'en dise rien, je vais juste tenter de pas faire long. Ca n'avait pas grand chose à voir avec son concert à l'Underage Festival il y a deux mois: à Londres il avait tout juste pu jouer une demie heure, c'était en plein jour, et on était plusieurs milliers. Le concert était de qualité mais pas inoubliable. On aurait difficilement pu imaginer un cadre plus idéal que le nouveau Casino : c'est une petite salle à la décoration assez étrange et à l'atmosphère très intimiste. Le pré-concert fut difficile puisqu'on a connu une sorte d'ouragan Katrina bis pendant qu'on attendait dans la rue, et que tout nos vêtements étaient passablement trempés. The Deer Tracks, soit la première partie, sont vite arrivés sur scène et nous ont fait oublier notre humidité. J'avais de bons a priori sur ce trio car nationalité Suédoise, mais aussi quelques craintes car présence d'une scie sur scène, et on connait tous la passion des musiciens scandinaves pour les sacrifices rituels à obédience satanique. Pour résumer, sacrifice de nos pupilles et de nos oreilles et vilain fou rire. Déjà il m'a fallu cinq bonnes minutes avant de comprendre que la chanteuse brune était en fait un chanteur, d'où l'absence de poitrine d'ailleurs, ce qui est dans l'absolu assez logique. Je précise que j'étais sobre. De leur performance, on retiendra surtout les magnifiques faux cils qu'arboraient la paire de vocalistes. Musicalement, ça sentait la crise existentielle du post-ado emo en plein processus de remplacement de My Chemical Romance par Sigúr Rós (j'ai l'impression d'être le NME avec mes raccourcis très fins, mais c'était vraiment ça.)

Arrive ensuite l'Homme, qui arbore un air solennel et porte autour du cou une sorte de collier à pompons  assez remarquable, ainsi qu'un accessoire rappelant un peu cet ornement typique des vaches helvêtes. Je ne saurais être plus précise, je m'interroge encore sur la nature de la chose, mais l'ensemble était assez incongru quand même. On passe rapidement aux choses sérieuses avec Bluebells, qui est dans mon top 3 Patrick. Vient Damaris et les larmes commencent à couler très sérieusement. Grosses pulsions d'amour. Ambiance chorale rebelle sur Tristan, et un changement de costume sous le coude. Etat d'extase avancé. Battle, le moment militant incontournable de sa tournée Bachelor, avec appel à la révolte non violente against everything, et surtout lève la main si toi aussi tu es une fille qui aime les filles ou un garçon qui aime ses semblables. Etrangement les deux tiers du Nouveau Casino a alors le bras levé, je soupçonne donc une certaine tendance au mensonge dans l'auditoire, mais en même temps pour Patrick tu serais prêt à virer ta cuti pour n'importe quoi, même les licornes si ça peut lui faire plaisir (on connaît tous la passion de Patrick pour ces bestiaux).

Passage francophile du concert avec un The Stars traduit, il exprime son regret d'être un Englishman puis évidemment Paris, dont il profite pour nous évoquer son amour de Charles Trénet et Maurice Chevalier. Il est atrocement adorable et là on avait atteint ce qui doit être le stade terminal de la niaiserie, celui où tu ne peux rien formuler de plus cohérent que "awwww". Patrick Wolf exerce un contrôle total sur le public, manipule nos émotions et histoire de nous pousser au fond du trou il nous sort The Sun Is Often Out. N'en pouvant plus, larme de circonstance alors que j'étais restée digne jusque là. Très beau cadeau du jeune homme qui se désigne comme "Madonna avec un budget": un nouveau titre en exclusivité mondiale, parce qu'on a probablement été très sages. Ca s'appelle Wild Life et si ça ne devient pas un single je veux bien bouffer mes converses. Patrick, sa petite combinaison en lamé et son jock-strap apparent ont fait de la fosse un gros dancefloor en quelques secondes avec ce futur tube disco/violon. Fin du grand 8 émotionel avec Hard Times et The Magic Position (gros karaoké). Il repart en coulisse et revient nous achever avec un Vulture final énormissime, vêtu d'une veste de porc-épic et d'un short très short. On frôle l'arrêt cardiaque. Après un rapide sondage, avis unanimes sur ce qui vient de se passer: Holy Shit. J'ai envie de désigner ça d'office concert de l'année, sauf que Blur. N'empêche que c'était d'une rare intensité, et qu'après ça il sera dur de ne pas être déçue par les performances futures de ce très cher homme loup. 

(Bien entendu si une fois prochaine il daigne jouer plus d'un titre de Wind In The Wires je suis prête à revoir mon jugement futur).

Sinon je suis tout à fait consciente que ce blog a une fâcheuse tendance à muter lentement en empilement de reviews de concerts sous l'effet de ma flemme légendaire. Je compte y remédier un de ces jours, parce que si je conserve le même rythme de concerts / articles ça risque de devenir "un peu" répétitif par ici. Donc next time on fera peut être dans l'innovation, sauf si vraiment la perspective de comptes rendus fascinants ayant pour objet Wolfmother et Jay Reatard vous met en joie. Dans quel cas signalez vous. L'article Strokes que j'ai promis est toujours sur le feu, et verra le jour au lendemain de la parution de Phrazes For The Young, donc le 3 novembre. Je tiendrai jusqu'à la sortie, il le faut.

CANT - Ghosts
Wolfmother - New Moon Rising

5.10.09

I Got A Mind Full Of Blanks


La vie parisienne c'est quand même sacrément distrayant. Enfin la faune locale me fascine. Après une semaine dans un groupe d'intégration composé de gens relativement normaux (si on fait abstraction de Philippe le garçon qui a limite eu un orgasme en croisant dans la rue le directeur de l'Express), je suis désormais dans une classe qui a pour mérite d'avoir le plus formidable emploi du temps de branleurs de l'histoire: aucun cours ne finissant après 16h45, sachant qu'à Sciences Po il est tout à fait normal d'avoir cours en amphi jusqu'à 21h15. Et moitié moins de cours qu'en prépa, en gros à moi les concerts. D'ailleurs avec Agathe, (chère camarade Sciences Piste ardèchoise) nous avons décidé de prendre de bonnes habitudes dès le premier weekend. En fait y'avait un concert gratuit des Brats à l'OPA, un espèce de bar/club pas loin de Bastille, où on avait été conviée par une camarade de deuxième année aux goûts musicaux sûrs. Pas grand chose à dire sur le concert en lui même, honnête performance des Brats pour un groupe utilisant le français, mais le réel intérêt de cette soirée était le public présent, soit une petite armée de caricatures de rockeurs parisiens. Par exemple devant moi se trouvait Boris Bergmann, ce pauvre garçon qui restera à jamais gravé dans ma mémoire pour avoir été incapable de poser une seule question intéressante aux Hives le jour où il les interviewa pour le compte de Rock&Folk. A un autre moment, j'ai fixé un garçon une bonne minute dans les toilettes avant de comprendre que c'était le batteur des Naast. J'ai du l'effrayer un peu car ensuite il me regardait bizarrement. Oh puis était également présent le célébrissime Gustave Naast. Ca a un peu illuminé ma soirée. Chloé nous a ensuite embarqué dans un pub rockabilly tout à fait charmant dans lequel il faudra que je remette les pieds de toute urgence. Faut que j'établisse de toute urgence un carnet des bonnes adresses parisiennes. Quelques jours plus tard pour continuer sur notre lancée nous sommes allées assister à l'enregistrement de l'album de la semaine où se produisaient les Big Pink. C'était fort bien, j'étais ravie de les revoir. Pour continuer sur la lignée concerts, je vois Patrick Wolf en fin de semaine, puis Jay Reatard dans une vingtaine de jours. Ensuite on fêtera Halloween au Trabendo avec les Friendly Fires: il faut venir déguisé, soirée épique en vue. Puis le mieux: JE VAIS VOIR GRIZZLY BEAR. Vivre à Paris vaut vraiment le coup, ne serait-ce que pour ça. Après l'ennui c'est que tu dois apprendre à vivre avec un coeur régulièrement brisé parce que justement il y a trop de concerts. Exemple des 13, 14 et 15 décembre : tu as successivement Wavves, Julian Plenti et Editors  + Maccabees. Moi et mon budget étudiant sommes d'accord pour nous nourrir essentiellement de pâtes mais là c'est quand même dur. En même temps je me vois mal bosser au KFC du coin pour financer mes pulsions musicales donc va falloir faire des choix. Par exemple mes chers Vampire Weekend qui ont annoncé ce soir qu'ils jouaient à Paris dans deux semaines, ça va pas fonctionner. Mais je m'en remettrai sûrement, je les ai vu y'a un mois et Contra sortant en janvier ils se feront un plaisir de repasser par la case France.
Sinon Sciences Po c'est quand même fortement bien. Déjà j'ai de formidables horaires de branleur, littéralement moitié moins qu'en prépa, en plus le wifi est maître là bas, je peux ainsi me laisser aller à mes penchants geek en toutes circonstances (rechercher la version complète de 11th Dimension en plein cours de Micro-économie, ce genre de choses). Tu as aussi des cours d'Humanités Scientifiques où le prof passe un documentaire animalier sur les babouins devant plusieurs centaines d'élèves émerveillés, et des cours d'histoire où la prof met de l'opéra. On t'enseigne l'art du blabla à un niveau très élevé et d'ici quelques mois nous devrions tous maîtriser parfaitement les outils de base du politicien, comme l'aptitude à contourner une question pour ne pas y répondre et quand même donner l'impression qu'on a dit quelque chose de profond. Un peu comme quand tu chroniques un album en fait. On t'oblige également à aller faire ta 3° année à l'étranger. Donc dans deux ans je me serai enfuie du territoire français. Franchement que demander de plus ?

Pour revenir à des choses plus musicales, j'ai très envie de faire un article complet sur mes chers Strokes, donc disons que je vais y réfléchir et poster dans les semaines à venir un article de fond sur ces messieurs, et plus particulièrement sur Julian, qui a fait quelques interviews très intéressantes ces derniers jours. Je crois que j'en ai besoin. 11th Dimension tournant partout depuis peu et Phrazes For The Young devant sortir dans un futur extrêmement proche, vous allez enfin découvrir à quoi ça ressemble une Juliet en période de réelle actualité Strokienne. (Puis c'est une excuse pour poster des photos de Julian). Ce sera tout pour ce soir, je complète demain avec une petite playlist (la connexion que j'ai ici est trop lente pour que je poste quoi que ce soit) et vous dis à bientôt.

You're Blues John - White Light
Vampire Weekend - Horchata
Islands - Tender Torture