26.11.09

I'm Shooting Them Myself, I Should Have Made It Matter.

Si vous étiez sur place, vous savez déjà que ce concert a failli ne pas avoir lieu. En effet, après avoir été victime d'un accident de bus il y a un peu plus d'une semaine aux alentours de Munich, les GB ont cette fois ci été lâchés par leur boîte de vitesse entre Amsterdam et Paris. Arrivés sur place assez tôt avec des amis, nous avons pu suivre toutes les étapes du "viendra/viendra pas" et je peux vous assurer que c'était psychologiquement difficile, car dire que j'attendais ce concert avec impatience serait un sacré understatement. Un gars du staff visiblement peu renseigné sur le concert qui devait avoir lieu vient coller une affiche "Julian Casablancas: suite à un gros problème de transport, les portes ouvriront tard, très tard!!!". Forcément gros WTF dans nos rangs, parce que Julian n'était pas vraiment programmé ce soir là. Donc belle organisation. On a obtenu au compte-goûtes des informations souvent contradictoires, de type "avec le couvre feu s'ils arrivent trop tard pas de concert", ou "y'aura un concert mais pas de 1° partie" et finalement on apprend que "s'ils arrivent, ça sera entre 19h30 et 20h. Enfin s'ils arrivent". Bon. On prend notre mal en patience, on fait des interprétations a cappela de Knife et fait des cercles de prières - ok j'exagère peut être. Le pire pour nos nerfs c'est qu'à Pigalle y'a des bus de touristes qui passent toutes les 5 minutes, donc à chaque fois tu ne peux t'empêcher d'espérer que ça soit le bon. Et c'était dur.


78 autocars remplis de japonais plus tard, c'est le bon. On aperçoit d'abord Ed Droste, rapidement suivi par le reste du groupe. On notera que Daniel Rossen a véritablement une taille de hobbit. On sent le groupe nerveux et on les observe attentivement déballer leur matériel en 4° vitesse. Il est déjà plus de 20h, mais gros soulagement. On continue à patienter en collant nos oreilles aux portes vitrées de la Cigale, afin de tenter d'identifier quelles chansons ils sont entrain de répéter, ce qui nous a valu quelques regards interrogateurs. On a fini par rentrer dans la salle peu après 21h, et finalement nous avons eu la bonne surprise de constater que Saint Vincent allait quand même (un peu) jouer. Set très court (4 titres seulement) mais de qualité. Déjà de gros applaudissements, on sent le public gonflé à bloc. Elle laisse rapidement la place, j'en profite pour geeker deux minutes histoire de m'occuper et apprend que la date du lendemain, qui devait avoir lieu à Cracovie, a été annulée. On est vraiment pas passé loin du non-concert. Finalement les 4 garçons arrivent sur scène pour régler une dernière fois leurs instruments, et là tonnerre d'applaudissements avant même qu'ils aient joué une seule note. Résultat: festival de sourires reconnaissants sur scène, et salle complètement aux anges. J'étais pour ma part juste devant Chris Taylor, donc éviter la niaiserie ne faisait même pas partie du programme. Beaucoup trop de bonheur avant même la première chanson, le groupe semblait rassuré face l'accueil extrêmement chaleureux qu'ils ont reçu. Ils remercient chaudement et lancent Southern Point.


La première chose qui frappe, c'est à quel point tout est bien réglé et parfaitement maîtrisé, alors même qu'ils n'avaient eu que quelques dizaines de minutes pour s'installer. Sur la scène d'un concert de Grizzly Bear il y a une sacrée quantité de câbles, de pédales d'effets et de pots à confiture lumineux, et brancher tout ceci ne doit pas être une mince affaire. Soulagement à l'issue de cette entrée en matière magistrale, on a vraiment affaire à des professionnels. Comme il n'y a vraiment pas de temps à perdre avec ce fichu couvre feu, ils reprennent tout de suite sur Cheerleader, partie intégrante de mon top 3 Veckatimest et encore plus splendide en live. Grizzly Bear c'est déjà transcendant sur disque, mais en live c'est carrément une nouvelle dimension. La proximité avec le groupe y est pour beaucoup, en fait on les entendait même respirer de notre place, et les choeurs et autres harmonies vocales ne s'en trouvaient que magnifiés. Tout s'enchaîne avec fluidité ("No time for chit-chat!" - Ed Droste), Lullabye, Little Brother et puis grosse claque: Knife. La chanson ultime par excellence, j'ai failli défaillir de bonheur quand Chris Taylor a ouvert la bouche pour faire les who-oo-who-oo-oooo introductifs (ce qui n'a d'ailleurs pas manqué de le faire bien rire, je vous le répète, cet homme est la chose la plus adorable qui soit sur Terre). Puis problème technique quand Ed commence sa partie de guitare (seul et unique couac de la soirée d'ailleurs) et ils sont obligés de reprendre, mais ça se fait dans la joie et la bonne humeur. Et là il n'existe pas de mots pour décrire ce qui s'est passé, la sensation de plénitude qu'on a ressenti pendant qu'ils jouaient. Je ne crois pas avoir déjà vécu un tel moment de grâce en live, et pourtant j'ai récemment calculé, j'ai vu environ 68 groupes différents en concert sur ces 3/4 dernières années. Un Fine For Now et quelques louanges plus loin, arrivée d'une invitée surprise ...


Quelques uns avaient secrètement espéré une venue de Victoria Legrand pour un Slow Life (merci Twilight) ou un Two Weeks, mais c'est Feist, très grande amie du groupe, qui fait son entrée. Elle avait repris Service Bell avec Grizzly Bear pour la merveilleuse compilation Dark Was The Night, donnant au passage une nouvelle vie à cette perle extraite de Horn Of Plenty. Visiblement elle est actuellement entrain d'enregistrer un nouvel album à Paris. Encore une fois c'était magnifique, puis je ne me tarirai jamais d'éloges sur les vocalises de Chris T. Elles se contentent de te transpercer le coeur, et toi tu es condamné à observer ça avec émerveillement. Feist reste sur scène pour Two Weeks, où elle reprend les parties de Victoria. Plus que jamais, la Cigale est aux anges, mais nous étions loin d'être au bout de nos peines, puisque Chris se met à émettre des sons fort étranges de son côté de scène. Dans un premier temps impossible de reconnaître la chanson, et ce n'est que lorsque Ed se met à chanter que je comprends que nous avons affaire à une réorchestration de Colorado. C'était juste poignant. Vient Ready, Able qui n'améliore pas vraiment notre situation (j'en profite pour préciser que les yeux étaient humides dans les premiers rangs, et pas que les miens - Samia, Julie vous vous reconnaîtrez). I Live With You et retour des mouchoirs sur Foreground. Ce qui était vraiment particulier, c'est qu'on passait vraiment du rire aux larmes en un instant. Les deux partis, public et musiciens, avaient tout deux été passablement stressés par la quasi-annulation. Ajoutez à ça le fait que Grizzly Bear n'avait pas joué à Paris depuis près de 3 ans, et vous obtenez un des meilleurs publics auquel j'ai eu affaire. L'attente a rendu la "délivrance" encore plus parfaite. Résultat les acclamations étaient telles qu'ils arrivaient pas à en placer une entre deux chansons. Puis j'ai oublié de préciser que j'avais glissé un petit message à l'adresse de Ed pour l'inciter à reprendre son twitter (@EdwardDroste #missyou). Ce qui avait également beaucoup fait rire Chris T. Oui c'était ma soirée "connivence avec Chris". Je l'aime ce garçon, il est trop talentueux pour être honnête.


On arrive à la fin, et pendant While You Wait For The Others le sol de la Cigale a rebondi. C'était vraiment particulier. On a Neck, On a Spit, au revoir et surtout merci. Plus belle standing ovation de l'histoire et retour du groupe alors qu'on vient d'atteindre l'heure du couvre feu. Heureusement pour nous c'est une authentique bande de rebelles les Grizzly Bear, et ils ne peuvent s'empêcher de venir nous jouer He Hit Me. Conclusion parfaite à cette soirée, parce que pour résumer, "They hit us and it felt like a kiss."
And we knew we loved them.

11.11.09

I Sing About My Loneliness And In Return They Thank Me

Mon article Strokien attendra, encore. En fait la tâche est beaucoup plus ardue que prévu, j'ai déjà 6 pages rédigées et je n'arrive toujours pas à en venir aux faits, donc je pense qu'il va falloir que je repense ma méthodologie. En plus je suis supposée écrire un essay de 3000 mots pour mon cours d'Anglais sur le lien entre les Strokes et New York pour vendredi (vive les sujets libres), et je ne sais pas trop où je vais trouver le temps de m'adonner à cette joyeuse activité sachant que là j'ai aussi les contestations du régime au Royaume Uni qui me font de l'oeil. C'est quand même terrible parce que l'Anglais est aujourd'hui la dernière matière dans laquelle je parviens à limiter les dégâts, (avec les maths, ironie du sort) et on est même pas notés en Anglais. Va savoir comment je vais avoir mon année tiens. Bon sûrement pas en préférant mon blog à mes e-cours de micro, mais nevermind. Fin de la parenthèse scolaire qui n'intéresse personne. Je pense que j'aurais vraiment du abandonner toutes velléités d'études sérieuses et rentables et plutôt choisir partir à Liverpool faire cette licence Beatles dont on a tant parlé l'année dernière. Ca aurait probablement été plus constructif et moins douloureux pour ma santé mentale.


Les Friendly Fires au Trabendo c'était très sympathique mais je ne m'attarderai pas sur la question, ça serait dépourvu d'intérêt. Figurez-vous que je suis au coeur d'une désintox de 3 semaines. 3 semaines sans concerts, jusque là je tiens, plus que 9 jours avant Grizzly Bear et ça sera dans la poche. Le seul problème c'est que demain y'a Lotus Plaza à Paris, soit le projet solo de Lockett Pundt de Deerhunter, et que ça ne coûte que 10 euros, soit une misère vu le cours local du concert. Je vous recommande d'ailleurs chaudement The Floodlight Collective, jusqu'ici seul et unique album de Lotus Plaza: si vous aimez Deerhunter et l'acide, ça devrait normalement vous plaire. Même si vous aimez pas l'acide d'ailleurs. Pour continuer dans la catégorie recommandation, si ça n'est pas déjà fait, jetez une oreille à Teitur, dont j'avais posté un titre dans l'article précédent. Ce talentueux jeune homme vient des îles Féroé, localisation géographique quand même sacrément plus exotique dans le monde de la musique que Londres ou Brooklyn (au hasard). Il réalise une indie pop un peu folk très plaisante, qui peut parfois évoquer Beirut. Visiblement c'est loin d'être un inconnu puisqu'il affiche quand même plus d'un million et demi d'écoutes sur Lastfm, mais j'étais pour ma part totalement passée à côté de son existence. Bref c'est très joli, faites vous plaisir. Je me demande d'ailleurs si un exil aux îles Féroé ne serait pas la solution à mes problèmes: c'est sauvage, y'a personne, de la pluie et des moutons. En gros ça s'approche pas mal de ma vision personnelle du paradis quand on y réfléchis bien.


Ensuite nous avons aujourd'hui Surfer Blood. J'ai téléchargé l'album en trainant sur un mp3 blog franchement bizarre, car le nom m'a inspiré, puis y'a un requin en mosaïque sur la pochette, ce qui est objectivement doublement cool. Ca sonne joyeusement Californien des plages même s'ils sont de Floride, c'est certes loin d'être inoubliable mais on ne peut pas non plus passer toute sa vie à écouter Grizzly Bear (quoi que). J'avais aussi envie de rajouter un titre de Robbie à l'ensemble, juste pour prouver que je demeurerai fidèle à mes convictions jusqu'au bout, mais tout ce que je gagnerai c'est un article supprimé par Google pour avoir enfreint les lois les plus basiques du copyright. Comme il a d'important moyens financiers ses sbires peuvent se permettre de mener une chasse aux pirates efficace. Mais je tenais à dire que j'ai tout de même acheté l'édition collector de Reality Killed The Video Star le jour de sa sortie. Paye ton sentimentalisme à deux balles. Ce sera tout pour aujourd'hui, je m'en retourne à présent à mes projets d'exil dans les mers du Nord.

Surfer Blood - Floating Vibes
Surfer Blood - Slow Jabroni
Lotus Palza - Red Oak Way