19.10.09

A Darker Day Has Hold At Last

Patrick, Patrick, Patrick. Je sais pertinemment qu'à l'heure qu'il est vous avez probablement déjà lu une demi douzaine de reviews étant donné que la moitié de la blogosphère avait fait le déplacement pour observer l'Homme au Nouveau Casino vendredi dernier (Hans, Automatic Druggie, etc... du beau monde), mais qu'importe. C'était trop bon pour que je n'en dise rien, je vais juste tenter de pas faire long. Ca n'avait pas grand chose à voir avec son concert à l'Underage Festival il y a deux mois: à Londres il avait tout juste pu jouer une demie heure, c'était en plein jour, et on était plusieurs milliers. Le concert était de qualité mais pas inoubliable. On aurait difficilement pu imaginer un cadre plus idéal que le nouveau Casino : c'est une petite salle à la décoration assez étrange et à l'atmosphère très intimiste. Le pré-concert fut difficile puisqu'on a connu une sorte d'ouragan Katrina bis pendant qu'on attendait dans la rue, et que tout nos vêtements étaient passablement trempés. The Deer Tracks, soit la première partie, sont vite arrivés sur scène et nous ont fait oublier notre humidité. J'avais de bons a priori sur ce trio car nationalité Suédoise, mais aussi quelques craintes car présence d'une scie sur scène, et on connait tous la passion des musiciens scandinaves pour les sacrifices rituels à obédience satanique. Pour résumer, sacrifice de nos pupilles et de nos oreilles et vilain fou rire. Déjà il m'a fallu cinq bonnes minutes avant de comprendre que la chanteuse brune était en fait un chanteur, d'où l'absence de poitrine d'ailleurs, ce qui est dans l'absolu assez logique. Je précise que j'étais sobre. De leur performance, on retiendra surtout les magnifiques faux cils qu'arboraient la paire de vocalistes. Musicalement, ça sentait la crise existentielle du post-ado emo en plein processus de remplacement de My Chemical Romance par Sigúr Rós (j'ai l'impression d'être le NME avec mes raccourcis très fins, mais c'était vraiment ça.)

Arrive ensuite l'Homme, qui arbore un air solennel et porte autour du cou une sorte de collier à pompons  assez remarquable, ainsi qu'un accessoire rappelant un peu cet ornement typique des vaches helvêtes. Je ne saurais être plus précise, je m'interroge encore sur la nature de la chose, mais l'ensemble était assez incongru quand même. On passe rapidement aux choses sérieuses avec Bluebells, qui est dans mon top 3 Patrick. Vient Damaris et les larmes commencent à couler très sérieusement. Grosses pulsions d'amour. Ambiance chorale rebelle sur Tristan, et un changement de costume sous le coude. Etat d'extase avancé. Battle, le moment militant incontournable de sa tournée Bachelor, avec appel à la révolte non violente against everything, et surtout lève la main si toi aussi tu es une fille qui aime les filles ou un garçon qui aime ses semblables. Etrangement les deux tiers du Nouveau Casino a alors le bras levé, je soupçonne donc une certaine tendance au mensonge dans l'auditoire, mais en même temps pour Patrick tu serais prêt à virer ta cuti pour n'importe quoi, même les licornes si ça peut lui faire plaisir (on connaît tous la passion de Patrick pour ces bestiaux).

Passage francophile du concert avec un The Stars traduit, il exprime son regret d'être un Englishman puis évidemment Paris, dont il profite pour nous évoquer son amour de Charles Trénet et Maurice Chevalier. Il est atrocement adorable et là on avait atteint ce qui doit être le stade terminal de la niaiserie, celui où tu ne peux rien formuler de plus cohérent que "awwww". Patrick Wolf exerce un contrôle total sur le public, manipule nos émotions et histoire de nous pousser au fond du trou il nous sort The Sun Is Often Out. N'en pouvant plus, larme de circonstance alors que j'étais restée digne jusque là. Très beau cadeau du jeune homme qui se désigne comme "Madonna avec un budget": un nouveau titre en exclusivité mondiale, parce qu'on a probablement été très sages. Ca s'appelle Wild Life et si ça ne devient pas un single je veux bien bouffer mes converses. Patrick, sa petite combinaison en lamé et son jock-strap apparent ont fait de la fosse un gros dancefloor en quelques secondes avec ce futur tube disco/violon. Fin du grand 8 émotionel avec Hard Times et The Magic Position (gros karaoké). Il repart en coulisse et revient nous achever avec un Vulture final énormissime, vêtu d'une veste de porc-épic et d'un short très short. On frôle l'arrêt cardiaque. Après un rapide sondage, avis unanimes sur ce qui vient de se passer: Holy Shit. J'ai envie de désigner ça d'office concert de l'année, sauf que Blur. N'empêche que c'était d'une rare intensité, et qu'après ça il sera dur de ne pas être déçue par les performances futures de ce très cher homme loup. 

(Bien entendu si une fois prochaine il daigne jouer plus d'un titre de Wind In The Wires je suis prête à revoir mon jugement futur).

Sinon je suis tout à fait consciente que ce blog a une fâcheuse tendance à muter lentement en empilement de reviews de concerts sous l'effet de ma flemme légendaire. Je compte y remédier un de ces jours, parce que si je conserve le même rythme de concerts / articles ça risque de devenir "un peu" répétitif par ici. Donc next time on fera peut être dans l'innovation, sauf si vraiment la perspective de comptes rendus fascinants ayant pour objet Wolfmother et Jay Reatard vous met en joie. Dans quel cas signalez vous. L'article Strokes que j'ai promis est toujours sur le feu, et verra le jour au lendemain de la parution de Phrazes For The Young, donc le 3 novembre. Je tiendrai jusqu'à la sortie, il le faut.

CANT - Ghosts
Wolfmother - New Moon Rising

2 commentaires:

Automatic Druggie a dit…

moi je dis juste que je like et puis c'est tout. c'était holy shit oui. c'était carrément dingue, c'était foufou. enfin voilà quoi.

ravie de t'avoir revu ET encore merci pour le R.S JoBro;

une fille BLASEE a dit…

Tss, je suis trop jalouse en fait là.